Etre dans l’opposition par principe

Cet épisode du goût de M dédié à Emmanuelle Devos a fait apparaître une pépite qui m’a marqué.

Alors qu’elle relate ses relations avec sa bande de jeunes acteurs, elle fait état de l’attitude d’Arnaud Desplechin, qui *s’oppose par principe*.

Qu’il justifie cet état d’esprit par ses idées de gauche ne change rien : je me mets souvent dans cette position car j’aime les informations qui jaillissent de la joute.

De mon point de vue, la vie prend du relief quand elle offre ses connaissances. Or il est difficile d’avoir accès à la connaissance : manque de temps, manque d’interlocuteurs, manque de savoir-faire, manque de tout. Voire encore pire : dogmatisme, idéologie, sentimentalisme interdisant la discussion.

1000 de nos intuitions ne seront jamais éclairées par absence d’accès à l’information. Nous mourrons idiots de ne pas oser creuser.

La vie est une nuit dont la connaissance assure des rayons de soleil.

Aussi, les joutes sont des occasions de générer des rayons de soleil.

Qu’on soit d’accord ou pas avec les gens à la fin n’a aucune importance. Tout le plaisir d’une argutie c’est d’avoir accès à des informations, des points de vue, des émotions qui ne sortent pas ordinairement. Tout le monde en ressort riche. Parfois fâchés mais enrichis.

Cette position peut donner l’impression d’être *opposé par principe* voire de mauvaise foi. Or je considère que tous les coups sont permis pour avoir accès aux informations. Les occasions sont trop rares et fugaces pour passer à côté d’une connaissance.

Comptez sur moi pour ne pas être d’accord avec vous, c’est mon plus grand trésor.

2 thoughts on “Etre dans l’opposition par principe”

  1. J’en pense qu’il faut d’abord s’opposer à soi-même, par principe. Pour citer Alain : « Penser, c’est dire non. Remarquez que le signe du oui est d’un homme qui s’endort ; au contraire le réveil secoue la tête et dit non. Non à quoi ? Au monde, au tyran, au prêcheur ? Ce n’est que l’apparence. En tous ces cas-là, c’est à elle-même que la pensée dit non. Elle rompt l’heureux acquiescement. Elle se sépare d’elle-même. Elle combat contre elle-même. Il n’y a pas au monde d’autre combat. Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c’est que je consens, c’est que je ne cherche pas autre chose. Et ce qui fait que le tyran est maître de moi, c’est que je respecte au lieu d’examiner. Même une doctrine vraie, elle tombe au faux par cette somnolence. C’est par croire que les hommes sont esclaves. Réfléchir, c’est nier ce que l’on croit. Qui croit ne sait même plus ce qu’il croit. Qui se contente de sa pensée ne pense plus rien. »

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