De quoi le *on adore* est-il le symptôme ?

Depuis quelques années s’impose un emploi inédit du on dans les conversations.

Usuellement préféré comme pronom personnel (on était à la piscine ce matin c’était super), on est de plus en plus employé comme pronom impersonnel par des personnes : on adore, on est allé voir, on recommande.

Cette forme a fait son apparition dans les médias : émissions de télévision, magazines, radio. On parlait au nom des rédactions.

Et puis probablement sous l’effet conjugué du web, des influenceurs, des réseaux sociaux, de la grande horizontalisation des institutions leaders d’opinion, le on au format impersonnel se popularise sous la plume ou dans la bouche de quidams.

-Ahah on adore les nouvelles Nike

-Oh oui on recommande le nouveau The Avalanche

-On donne de l’amour au nouveau maillot du PSG

Au-delà de la dimension pittoresque de cette évolution du on, je suis un peu inquiet de la réalité qu’elle raconte.

Je ne pense pas que tout le monde ait un avis qui a de la valeur – je vous dis ça sur un blog personnel, sans manquer d’ironie – pour les simples et bonnes raisons que :

  1. je ne crois pas à la démocratie non représentative : un délégué de classe empêche la cacophonie
  2. il y a des règles de publication scientifiques qui assurent des gardes-fou 
  3. cela raconte la défiance vis à vis des institutions traditionnelles
  4. cela encourage l’atomisation intellectuelle, donc la fragilisation du vivre ensemble
  5. cela justifie le développement de l’infox partout dans le monde

Bref, on a peur de cette libération de la parole.

Qu'en penses-tu?

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