La transition écologique est un défi premium

Un article intéressant publié dans Usbek et Rica.

Hélène Le Teno est ingénieure et consultante en transition écologique. Le journal lui a demandé son avis sur la sortie de crise, notamment en matière d’adoption de bonnes habitudes écologiques (circuits court, moins de gaspillage…).

Son point de vue : si nous décidons de redevenir maitres de notre production, nous devons engager un processus de ré-industrialisation coûteux, tant du point de vue des infrastructures que des ressources humaines (coût horaire supérieure, coût de la formation).

Ce phénomène, conjugué aux inquiétudes consécutives au Covid-19, va diminuer le pouvoir d’achat des Français, tant d’un point de vue réel (coûts de productions élevés qui se répercuteront sur les prix de vente) que ressenti (moral des ménage en berne).

Si ce constat embraye sur les difficultés de la transition écologique, je trouve que du point de vue du marketing, il pose un défi fondamentale et passionnant : le premium.

Si nous souhaitons revenir maitre de notre destin, le marketing doit transformer le sentiment de perte de pouvoir d’achat en opportunité : celle de valoriser le moins. C’est tout. Plutôt que de casser les prix pour offrir plus à moins cher, il faut jeter tous nos efforts dans une bataille visant à donner de la valeur au moins. C’est tout une époque qui s’effondre. Mais c’est notre seul horizon viable.

Cette démarche n’est pas aussi inédite qu’il n’y parait puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de premiumiser le marché : payer plus cher le même produit contre une valeur symbolique, en l’occurence, le circuit court. Acheter moins ne signifie pas nécessairement une baisse du PIB.

Comment réussir ce défi en embarquant tous les Français ? En changeant la manière de penser notre métier. Il faut cesser d’associer le plus au mieux. Il faut associer le mieux au moins.

Mieux vaut acheter un t-shirt par an à 20 euros fabriqué en France plutôt que 3 t-shirts à 5 euros fabriqué par des enfants à l’autre bout du monde. Mieux vaut partir en TGV à Guingamp qu’à Djerba en Easyjet.

Le marketing doit impérativement embrasser cette cause pour faciliter la transition écologique. Oui le défi est énorme, oui les échecs seront nombreux, oui nous serons moqués. Mais c’est l’occasion ou jamais de se racheter.

Qu'en penses-tu?

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