Dominique Wolton au sujet du besoin de lenteur dans les médias

J’ai pris plaisir à lire cette interview de Dominique Wolton publiée il y a quelques jours dans Les Echos. Elle parle de l’impératif d’information, du trop plein de transparence, d’injonction technique. Voici quelques extraits étayés de réflexions.

La victoire de l’information comme concept du progrès technique et de la démocratisation.

Une mise en perspective intéressante de l’impératif d’information que chacun ressent. On confond l’information traitée par des journalistes et l’information traitée par des transistors, d’où le mélange des genres, les fausses informations, les théories du complot…

…alliées à l’argument discutable que les gens ont le droit de savoir et veulent savoir.

Je suis assez d’accord avec ce point. Toute vérité n’est pas bonne à dire. Surtout si elle met en péril la confiance, le vivre ensemble, la tolérance.

Toutes ces chaînes d’information et ces réseaux sociaux qui parlent au nom de la démocratie, du droit de savoir, en réalité, ce n’est pas vrai ! C’est leur modèle économique, cette logique haletante ! … L’objectif démocratique de l’information a été dépassé par la puissance technique et par les enjeux financiers. Les Gafa ne peuvent pas être à la fois la première industrie mondiale dans tout et soi-disant le principal outil de la liberté, il y a quelque chose qui ne va pas.

Oui, oui, oui. Le droit de savoir comme narratif d’un modèle économique, c’est probablement le coup de génie des GAFA.

il n’y a plus de rapport entre vitesse et vérité. Plus le monde est immédiat, plus il est incompréhensible.

Je ne sais même pas s’il y a déjà eu un rapport entre vitesse et vérité, si ce n’est celui du ressenti, premier ennemi du journalisme et de la démocratie. L’émotion n’est pas un bon filtre à information.

Nous sommes devenus des géants en matière d’information et des nains en matière d’action !

Cette phrase me rappelle cette superbe sortie de Mélenchon dans Thinkerview où il condamne l’éthique au bénéfice du matérialisme, prônant une philosophie des actes plutôt que des idées. Dans une société de l’information, l’action est une bulle d’oxygène. Je développerai ce point cette semaine vis à vis des écolos dont les leçons de morale inapplicables m’apparaissent comme profondément contre productive.

Les réseaux sociaux, ce n’est pas de l’information, c’est de l’expression.

Oui, même quand un média classique publie sur Facebook. La tonalité du post, la recherche du commentaire et de l’engagement, donne un biais dangereux. Résultat : des journaux comme le gorafi apparaissent, participant encore plus de brouiller les pistes entre la fiction et la réalité.

La question du lien social n’a jamais été aussi importante. 37 millions de personnes ont regardé Emmanuel Macron à la télévision la dernière fois qu’il a pris la parole. Ce lien social de la radio ou de la télévision, que l’on avait déjà condamnées comme archaïques , vous n’aurez jamais cela avec Internet.

Eh oui. Au nom du lien, l’internet détruit le lien.

Qu'en penses-tu?

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