Il y a 25 ans, le rap français…

J’ai beaucoup écouté de rap français des années 90 pendant mes séances de jogging de confinement, allez savoir pourquoi. Un peu par hasard, un peu par nostalgie, un peu par commodité (le rythme du rap se prête très bien à l’exercice physique, on n’en parle pas assez).

J’ai pas mal écouté ce mix en particulier.

Sims Sample animait un podcast sur Nova pendant le confinement, je me suis plongé dans son Souncloud. 

Alors que le rap est devenu le genre musical préféré des Français, son impulsion initiale a évolué en de multiples ramifications. Il est désormais difficile d’identifier une idéologie unique dans la foultitude de genres de rap.

Pourtant, il y a 25 ans, une certaine homogénéité intellectuelle y régnait, a fortiori au sein de ce mix qui en offre un échantillon bien garni : inquiétude vis à vis de leur avenir professionnel, trajectoire scolaire difficile malgré une croyance établie dans l’école comme tremplin, importance de la maîtrise de la langue française, rejet des politiques discriminatoires (directes ou indirectes) esprit de solidarité et liens familiaux, rapport encombrant de la double culture, héritage non assumé de la France vis à vis de ses anciennes colonies. 

En écoutant ce mix, j’ai été touché. Les textes de l’époque étaient simples, beaux, gentils. Plein d’espoirs, amers mais constructifs.

Vous en rigolerez probablement mais j’ai notamment été stupéfait par la reconsidération du nom du groupe IAM. Tout IAM ou presque raconte un rapport complexé à l’identité : pseudonymes inspirés de l’Egypte antique, thématiques migratoires, la nuit comme utopie de la réinvention, difficultés d’insertion professionnelle, petite délinquance imposée par la faim. IAM parle de la difficulté d’être un jeune racisé qui voudrait rentrer dans le rang sans qu’on lui facilite la vie.

Pris dans cette perspective, IAM est un nom cartésien. Il revendique le droit d’exister, d’être considéré, de respirer, d’être au monde.

Je repensais à tout ça en courant et je me disais que décidément, nous gagnerions à traiter le sujet des banlieues (et des jeunes) une bonne fois pour toute. En 25 ans rien n’a changé, ça devient gênant. Qu’on ne pleurniche pas que qquns se réfugient dans la religion, il faut bien survivre psychologiquement à ce rejet permanent.

Qu'en penses-tu?

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