Mais pourquoi les partis politiques ne s’intéressent-ils pas aux désimpliqués ?

Je ne suis pas un immense lecteur de Libération. Je n’ai rien contre Laurent Joffrin. Je connais ses talents éditoriaux, sa présence médiatique, sa capacité à confronter ses points de vues à d’autres idées. 

Je n’ai pas été spécialement étonné par son ambition politique. Encore moins par son contenu – expliqué dans cet article – emblématique de l’époque :

  • volonté de réinvestir un courant jugé oublié – la social démocratie 
  • positionnement à côté des partis classiques
  • mélange de politiciens et de membres de la société civile 

Jusqu’ici cela ressemble à ce qui est sorti depuis quelques années. 

Là où j’ai tiqué, sans méchanceté aucune, c’est vis à vis du nom et donc de l’ambition de ce parti : engageons-nous.

Au-delà de se jouer des appareils classiques (dont l’influence est loin d’être terminée si l’on en croit les scrutins municipaux passés et régionaux à venir), cette appellation s’est dotée d’un but quasiment utopique.

Quand vous êtes sur un marché où votre pénétration baisse (même le vote présidentiel finira par passer sous la barre des 50% cumulés au premier tour) et où les citoyens considèrent les membres de la classe politique comme les professionnels les moins dignes de confiance, imaginer une marque dont l’ambition est d’inverser la tendance deux fois c’est ce que l’on appelle une face nord.     

Bizarrement, je me suis dit que le futur de la politique consisterait peut-être plutôt à imaginer un parti pour les désimpliqués. Pour ceux qui n’y croient plus. Pour ceux qui veulent participer sans s’engager. Pour ceux qui veulent participer en 3 clics. 

Cela me paraît plus facile de dramatiser l’implication politique plutôt que de la redramatiser. Si l’on s’étonne que la France se coupe en premiers de cordée/corvée c’est normal : les premiers de cordées sont ceux qui votent et les premiers de corvées sont ceux qui ne votent pas. Et il est naturel – en tout cas constitutionnellement – que le pays évoluent à mesure des votants. 

Aussi, je me demande qui fera le pari un jour d’un parti politique attaquant le marché par la simplicité plutôt que par la complication. 

4 thoughts on “Mais pourquoi les partis politiques ne s’intéressent-ils pas aux désimpliqués ?”

    1. A moitié seulement : Macron a recruté sur tous les bords mais sans promesse claire et réintéresser les désinvestis à la politique.

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  1. “Cela me paraît plus facile de dédramatiser l’implication politique plutôt que de la redramatiser.”
    Magnifique. L’engagement est une idee assez utopique a laquelle les partis de tendance de gauche continuent de s’attacher dans un monde qui n’est plus ce qu’il etait il y a 20, 30, 100 ans. Repenser l’engagement(ou l’implication) c’est repenser l’interaction. L’engagement implique un devoument alors que l’interaction implique un simple contact. Par ailleurs c’est aussi en adequation avec la pensee marketing d’un Byron Sharp: arreter de toujours chercher la “loyaute”.

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