Nous n’avons rien compris aux Millennials. La lutte est sociale pas générationnelle.

J’ai aimé cette étude Prisma sur les jeunes relayée par La Réclame.

D’abord parce qu’elle tue l’idée de conscience générationnelle :

55 % des 18-34 ans interrogés se sentent différents des autres membres de leur génération. Contre seulement 41 % des 35-65.

S’il existe bien des comportements générationnels (la place du travail, les nouvelles formes du couple et de la sexualité, les parentalités l’éducation positive des enfants…), la conscience de faire partie d’une génération différente est minoritaire chez les 18-35 ans.

59 % des 18-34 sondés pensent qu’il y a peu de différences générationnelles fondamentales avec leurs parents. 83 % sont même optimistes quant à leurs relations avec leurs aînés.

Ensuite : d’un point de vue attitudinale, les 18-35 ne se sentent pas plus, voire moins engagés que leurs ainés.

A noter : cette donnée est une donnée d’attitude, pas de comportement. Je trouve assez normal qu’un jeune puisse avoir des comportements citoyens sans se sentir spécialement écolo tant cette génération a grandi dans cet état d’esprit. De la même manière l’implication des 40+ ne les empêche pas d’acheter des SUV.   

Par ailleurs, la donnée la plus inquiétante de cette étude émane du désir de repli de cette géné : 

En réaction aux tumultes du monde, les 18-34 recherchent des « safe spaces » (comme un campus universitaire par exemple, relativement homogène en termes d’opinions) mais aussi du « safe time » représentant du temps libre « dédié à réduire la pression, à se réconforter, à se sentir sécurisé » . Au sein de ce « safe time », le divertissement tient un rôle prépondérant car ce refuge « aide à supporter la réalité ». C’est le cas pour 38 % des 18-34 ans contre seulement 22 % des 35-65 ans.

Les marxistes auraient adoré attaquer ce sentiment. Nous n’avons pas de conscience générationnelle et nous aspirons à la tranquillité petite bourgeoise. Preuve en est ce verbatim :

le modèle de la startup semble à fuir, alors que la PME semble être un cadre de travail plus recherché. La startup ? « Cela cumule tous les trucs à fuir : risqué, travailler du matin au soir et même le week-end, mal payé, obéir à une pure logique ultra-capitaliste de levée de fond, adhérer au discours fake du management cool et de la super team. Au secours l’arnaque ! La startup nation, c’est une idée de vieux pour les jeunes. Nous, on veut juste assez d’argent pour avoir une vie pépère, et pas se sacrifier pour des projets fumeux qui vont remplir les poches des autres. » nous raconte un des répondants de l’enquête.

NB : je ne cherche pas à défendre la startup nation mais faire état des préoccupations petites bourgeoises de notre génération.

Pour terminer, bonne nouvelle : les jeunes ont confiance dans l’avenir de leur métier et place la réussite de leur couple en 2e position des souhaits. 

Le vrai fossé n’est pas générationnel mais social : 

Serge Guérin identifie que le gap se situe plutôt au niveau des inégalités sociales « qui se creusent alors qu’on valorise la mixité sociale et le vivre ensemble. Il y aura toujours plus de proximité entre un millennial aisé et un boomer CSP+, qu’entre un étudiant en école de commerce et un jeune livreur Uber Eats. »

Bref, le vrai enjeu du vivre ensemble se situe du côté de la réduction des inégalités sociales plutôt que des classes d’âges. Premier de cordée vs premier de corvée. Voici le vrai enjeu des marques. Redonner de la fierté à la classe moyenne sans mépris aucun, contrairement à ce film :

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