Défendre la liberté c’est défendre la pauvreté

J’aime assez vous parler de design car je n’y connais strictement rien.

J’aime vous raconter mes découvertes car avec vous je ne me sens jamais jugé.

J’ai appris plein de choses en lisant cette nécro de Enzo Mari.

Son propos philosophique est puissant. 

S’il n’invente pas les meubles en kit, il en propose un récit innovant, marqué par les idées révolutionnaires du moment.

Il en va de même pour sa collection de meubles livrée avec plans, invitant les gens à fabriquer eux-même leur mobilier. “Se réapproprier l’acte de fabrication”.  

Ces deux exemples sont assez frappants. 

Symptomatiques du 20e siècle, fruit du marxisme et du baby boom, ces deux illustrations de la carrière du designer ne sont pas sans rappeler un certain nombre de projets technologiques plus récents.

Arduino (encore des Italiens!) et les ordinateurs en kit, l’open source ou creative commons et les lignes de codes ouverts à tous qui remplacent les plans de meubles. 

Dans le cas du design révolutionnaire comme dans celui des ordinateurs en licence libre, des idées révolutionnaires ont fécondé ces projets.

Dans ces deux cas, la liberté motive les idées révolutionnaires.

La libération de la classe ouvrière par le marxisme, jugulée par le capital.

La libération de l’information par la Silicon Valley, également jugulée par le capital. 

Et pourtant. 

Que se passe-t-il dans ces deux cas ?

Des succès d’estime.

Parce que les motivations guidées par la liberté produisent de l’inégalité.

La liberté autorise la loi du plus fort.

C’est ce qu’on redécouvre sur le compost nauséabond des idées de mai 68. C’est ce qu’on redécouvre dans la Silicon Valley. C’est ce qu’on redécouvre dans les inepties des anti-masques subventionnés par le chômage partiel. 

Défendre la liberté, c’est défendre la pauvreté. 

2 thoughts on “Défendre la liberté c’est défendre la pauvreté”

  1. Je ne vois pas en quoi l’open source crée des inégalités, ou érige la pauvreté comme modèle. En quoi Windows est symbole d’égalité alors? Parce que les motivations guidées par la liberté produisent de l’inégalité.

    “C’est ce qu’on redécouvre dans les inepties des anti-masques subventionnés par le chômage partiel.” Oh si vous connaissiez la démographie de ces “anti-masques”, vous seriez surpris d’y trouver de nombreux cadres “progressistes” :’)

    Like

    1. Merci pour votre commentaire.

      Premier point : l’open ne défend jamais la pauvreté en tant que telle mais la liberté. Ce qui met l’homme face à ses défauts et son individualisme, produisant de l’inégalité. Pour suivre votre raisonnement, je suis prêt à défendre que Windows est synonyme d’égalité : petit prix pour tous, sans distinction de talent (contrairement à l’open source). De la même manière que je considèrerais plus juste de réserver l’accès à la fac aux plus méritants par des concours.

      Second point : oui je vous suis, mon analyse est caricaturale je concède. Mais dans les grandes masses on sent toutefois un sentiment anti-élite qui vient pour la plupart des non-élites. C’était mon point.

      Encore merci pour votre commentaire

      Like

Qu'en penses-tu?

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s