Pour des vendeurs de changement, les agences pleurnichent beaucoup

Je fais mon possible pour être positif au quotidien.

Je dois pourtant confesser une mauvaise pensée : je suis agacé par les consoeurs/confrères cassandres qui communiquent dans la presse pour dire que “tout doit changer” et que, a fortiori dans notre profession, “le modèle des agences doit être profondément revu”.

D’abord ce qu’on ose à peine qualifier de point de vue manque cruellement de substance. Des déclarations à l’emporte-pièce comme on dirait en pâtisserie. De surcroit, ces opinions sont trop souvent défendues par des gens qui essaient juste de vendre leur soupe en tentant de ringardiser le marché.  

Ensuite, je dois bien avouer que je n’ai jamais lu un article de ce genre qui rentrait dans les détails. Qui expliquait concrètement ce qu’il fallait “revoir de fond en comble” :

  • La gestion des talents ? La base des métiers du tertiaire. Pourtant aucune agence ou trop peu prennent la parole sur le sujet des RH (mis à part pour se plaindre des niveaux de salaires dont ils sont pourtant responsables), quasiment rien sur la gestion des carrières, sans mentionner les milles affaires de sexisme qui secouent l’industrie. Exception notable de la récente prise de parole pour défendre l’apprentissage.
  • Le modèle économique ? Les agences créa gagnent leur vie de 2 manières : honoraires et commission sur production. Les agences médias gagnent leur vie de 2 manières : honoraires et commission sur production. Qu’est-ce qu’il faut changer ? Plus de transparence ? Oui ok. Mais est-ce un vrai changement de modèle économique ? Vendre des missions plutôt que des contrats cadres ? Peut-être mais pas la peine de gigoter les bras.
  • La nature de l’offre ? Le sujet le plus visible puisqu’il touche à l’offre des agences. Bizarrement, les articles qui racontent les nouvelles offres mobilisent assez peu l’argument du “grand changement” mais plutôt celui de “l’adéquation aux nouveaux besoins des clients”. Encore raté.
  • La productivité ? Un sujet tabou en agences. Alors qu’elles pourraient aisément en faire une preuve structurante de positionnement. Tout existe sur le marché : de 5 à 50% de marge opérationnelle. Ceux qui veulent du changement n’ont qu’à chercher chaussure à leur pied. 

Pour terminer et bien que personnellement loquace, je ne peux pas m’empêcher de re-penser souvent à cet excellent slogan McCain : c’est ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus (cela résonne bizarrement à l’ère des réseaux sociaux).

Plutôt que de brailler, retroussons nous les manches.

Qu'en penses-tu?

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