La vanité humaine reflétée par les algorithmes est un plaidoyer pour un maintien de l’état

Cette vidéo des tendances Google 2017 résume l’année à travers les grandes questions que l’humanité se pose. A ce titre, Sundar Pichai se félicite du désir des Hommes de comprendre les phénomènes.

Des phénomènes qui pour la plupart sont le fruit de la bêtise humaine : réchauffement climatique, populisme, guerre, racisme, homophobie.

Cette vidéo qui tire les larmes à coup de grosse musique pop dégueulasse (et qui cherche à se rattraper à la fin en posant la question how to move forward qui n’a rien de très consumer based) donne surtout envie de pleurer sur le sort de l’humanité. Je ne suis de nature optimiste, rien ne peut m’atteindre.

Toutefois 2017 marque sans doute le début de la prise de conscience de la non-neutralité des outils technologiques.

En sa qualité d’algorithme, Google, dans cette vidéo, concède son rôle de triste témoin de la bêtise des hommes. Il n’en est pas responsable non (« la technologie est neutre », argument #1 de la NRA), il se contente de l’annoter, quotidiennement, dans le grand registre des erreurs de l’Humanité.

Est-ce que la technologie doit tordre la réalité pour conduire les gens à mieux se conduire (doit-elle devenir un gatekeeper?) ou doit-elle continuer à fermer les yeux sur sa responsabilité au risque d’être détournée par des esprits malins comme on l’a vu durant les élections américaine ?

Ces grands enjeux mettent dans la balance la suprématie des GAFA vis-à-vis des politiques, qui contrairement à ce que pensent les pontes de la Silicon Valley, ont leur mot à dire.

La nouvelle domination technico-culturelle des USA n’est pas une fatalité, le mandat de Trump offre une excellente occasion de laisser parler les autres pôles de puissance dans le monde : Asie, Europe.

Oui les GAFA sont une source fabuleuse de progrès, mais il n’est pas question de les laisser agir à leur aise. Comme ils ne prendront jamais leurs responsabilités en tant qu’entreprises, alors il est du devoir du législateur de protéger les citoyens.

Le monde sans état dont rêve les technocrates est un monde sans espoir, sans limite, sans solidarité.

Oui au libéralisme, mais social et garanti par une instance étatique (nationale ou supranationale).

Renault internalise la production de contenu

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(crédit screenshot Le Figaro via SFR Presse)

Annonce intéressante toute fraîche : Renault va soutenir le groupe de médias Sophia, propriété de Claude Perdriel, composée de Sciences & Vie, Challenges, La Recherche, L’histoire et Historia.

Les arguments avancés par Renault sont marketing, dans la mesure où la marque produit de plus en plus de contenus : sur ses sites, ses réseaux sociaux, demain les écrans et les interfaces de ses voitures (aujourd’hui les ordinateurs de bord d’assistance à la conduite, demain des écrans dans les véhicules autonomes et connectés). Renault souhaite dès lors internaliser la production de contenu, quand d’autres préfèrent la confier à des spécialistes (cf. Usbek & Rica essentiellement soutenu financièrement par EDF et BNP).

On peut même imaginer qu’à la manière des fournisseurs d’accès à Internet – où les contenus offerts dans les box font la différence – que les fabricants automobiles de demain attireront et/ou fidéliseront leurs clients grâce aux contenus et services disponibles dans l’automobile.

Bref, affaire à suivre car mouvement intéressant, comme c’est souvent le cas chez Renault-Nissan.

Benedict Evans nous aide à imaginer les 10 prochaines années d’innovation technologique

Quelques excellents chiffres et réflexions relatives à la nouvelle économie et aux impacts des nouvelles technologies par Benedict Evans, analyste star chez AH :

  • Remettre en perspective la taille du web mobile
  • Imaginer l’après-GAFA
  • L’AI comme le liant des bases de données
  • Le machine learning comme levier d’identification de nouveaux patterns

Bref, plein de bonne matière à recycler à la soirée de Noël.

La manière dont les marques achètent la third-party data

Un chiffre intéressant par l’IAB USA : les montants ventilés des dépenses relatives aux données 3rd party aux Etats-Unis.

Premier enseignement : l’activation de la donnée coûte aussi cher que la donnée elle-même. Important de garder cette donnée en tête pour ne relativiser le ROI du data marketing.

Deuxième enseignement : le gros des dépenses d’audiences 3rd party concerne les données cross device et transactionnelles. Ce qui en dit long sur l’agenda des annonceurs.

Troisième enseignement : les coûts les plus importants de l’activation de la donnée sont liés à son nettoyage et son hébergement, soit des applicatifs « indirects ».

Quatrième enseignement : les données d’identité ne représentent qu’un coût très faible et pour cause. Elles n’intéressent pas grand monde alors que la GDPR va faire passer le web du mythe de la personnalisation à celui de la catégorisation.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #327

1.Le séminaire estival de qualité qui a inventé le summer of love 50 ans plus tôt : Monte Verità.

2. Entre 1608 et 1945, Tokyo a été détruit et reconstruit en moyenne tous les 5 ans.

3. L’étonnante relation entre Oberkampf, l’Inde et la fast fashion. Merci Emmanuel

4. L’étonnance poétique des Thomasson ou hyperart. Merci Alexandre

5. Air France est le plus gros e-commerçant français à l’international.

6. La première machine automatique à distribuer de l’eau bénite date d’Alexandrie.

7. Le kiwi s’appelait originellement groseille chinoise et a été rebrandé pour être plus export friendly pendant la guerre froide. Merci Teymour

8. Les tanks tiennent leur nom d’une ruse alliée pour faire croire aux Allemands qu’il s’agissait de réservoirs mobiles d’eau.

9. Le décibel est une échelle logarithmique. 90 décibels x 2 = 93 décibels. D’ailleurs le décibel tient son nom de déci (10) et bel de Alexandre Graham Bell.

10. L’origine de compagnon c’est com panis, celui avec qui on partage le pain. Merci Paul