Le design spéculatif me réconcilie avec l’utilité de la science fiction

J’ai bien aimé cet article. On ne parle pas assez de cette discipline de design fiction.

Elle me rappelle nos deux campagnes Orizon et Aero Clean Nation.

D’abord je trouve qu’elle définit assez précisément ma définition de l’art : questionner la vie.

Ensuite je trouve qu’elle incarne assez parfaitement ce que doit être une idée à l’heure des réseaux sociaux : la matérialisation d’une conversation qui donne furieusement envie d’être commentée.

Finalement parce que la SF aide à corriger le présent par des extrapolations d’avenir, ce qui lui donne un joli rôle, à défaut d’être un genre agréable à lire.

En ces temps surnaturels, j’ai décidé de me réconcilier avec mes démons rationnels.

Hello Artefact 3000

Nous sommes arrivés chez Artefact il y a 4 ans pour lancer un pôle créatif au sein d’un cabinet de conseil, convaincu que la data devait devenir le carburant de la création.

4 ans plus tard, nous sommes fiers de vous présenter notre nouvelle identité Artefact 3000, assortie d’une signature dont je suis fou amoureux : l’agence créative future friendly.

Nous souhaitons aider les marques à aborder l’avenir sereinement, avec les outils du moment, avec les usages du moment, avec les enjeux du moment, avec les publics du moment.

La créativité doit aider à envisager l’avenir avec optimisme.

La data offre l’opportunité de regarder le futur de face, pas de dos.

Vive Internet, vive la donnée, vive Artefact 3000, vive les journalistes qui parlent de nous (article en dessous), et SURTOUT : vive les équipes d’Artefact 3000 et d’Artefact, qui font un travail extraordinaire. Pas un instant ne passe sans que nous en soyions fiers.

A très vite. 

 

Faut-il encore appeler mobile un appareil qui sédentarise les jeunes ? Le cas Tik Tok

Il y a quelques jours, nous avons eu la chance de recevoir au bureau une équipe de TikTok pour nous raconter cette plateforme, ses usages, ses pratiques commerciales.

Je ne suis pas un immense connaisseur des réseaux sociaux aussi j’ai écouté avec attention, puis j’ai (re)téléchargé l’application en espérant y découvrir des choses qui m’avait échappé il y a quelques années quand je m’étais initialement essayé à cet environnement.

Après quelques jours de navigation sur l’application, je suis frappé par un phénomène, qui n’est pas uniquement du à la nature exceptionnelle de 2020 : les jeunes (puisque la majorité des producteurs de contenu qu’on me propose en page d’accueil semblent avoir moins de 25 ans) ne sortent plus. En tout cas pas pour produire leurs vidéos.

Nous connaissons depuis plusieurs années les ravages de la sédentarité sur les générations Y et Z. TikTok semble incarner ce phénomène.

Peut-être que les pratiques diffèrent entre les régions du monde et que mon algorithme français est biaisé. Mais j’ai vite été frappé par la nature des échanges, la nature des blagues, la nature des sketchs. 

C’est une jeunesse enfermée dans sa chambre, au mieux dans son jardin, qui réalise les plus gros scores d’engagement et que l’algo TikTok recommande aux voyeurs comme moi.

Les jeunes jouent au jeux vidéo, les jeunes se préparent dans leur salle de bain, les jeunes minaudent devant leur miroir, les jeunes partagent leurs états d’âme à leur bureau…

Quelque fois une vidéo se passe dans un supermarché ou à la terrasse d’un café mais globalement c’est une génération enfermée qui s’exprime sur son mobile, qui n’a jamais aussi mal porté son nom. 

Je ne sais pas quoi en déduire. Mais je trouve cela frappant. 

La fin du bureau fait tomber un bastion supplémentaire du vivre ensemble

La fin d’année s’annonce difficile.

Avec ou sans (re)confinement, une large partie des salariés du tertiaire favorisent d’ores et déjà le télétravail, croisant les doigts pour que les établissements scolaires restent ouverts.

Les passages au bureau de plus en plus rares laissent une drôle d’impression, à cheval entre le plaisir de retrouver un aperçu du vivre ensemble et l’étrangeté d’espaces clairsemés.

S’il était prématuré d’imaginer un *monde d’après* au bout de quelques semaines de confinement au printemps, il apparait désormais que certains comportements ne reviendront pas en arrière.

La poésie des visioconférences bercées des chants d’oiseau du manager qui travaille sur sa terrasse va devenir un lieu commun. La précarité des jeunes dont le bureau fait également office salon salle à manger va se cristalliser.

Ce que l’entreprise participait à gommer va désormais sauter aux yeux.

Les riches disposent de conditions de travail de bien meilleure qualité que les pauvres.

Et l’entreprise n’est plus là pour atténuer ces inégalités qui piquent les yeux.

Je ne m’étais jamais rendu compte à ce point du rôle d’égalisateur social que pouvait jouer une entreprise pour des équipes aux histoires, trajectoires et modes de vie différents. En entreprise, chacun dispose – ou presque – du même espace de travail, de la même machine à café, du même comité d’entreprise, du même parking à vélo, de la même cantine, de la même moquette, du même collègue qui fait des bruits de bouche, de la même chaise ergonomique, de la même qualité de connexion internet, de la même assistance informatique.

En démocratisant le télétravail, c’est toute la valeur de ce tiers lieu égalisateur et égalitaire qui pourrait disparaitre.

Le bureau est un autre bastion du vivre ensemble qui tombe.

D’un point de vue managérial, à court terme, on se félicite d’imaginer les modes de production du futur. Mais manager des premiers de cordée ce n’est pas du management, c’est de la collaboration. 

Le management est une discipline du vivre ensemble, pas uniquement de l’empowerment individuel. Sous peine de souffler sur les braises d’un phénomène dont personne ne veut : l’impossible vivre ensemble. L’intolérance pour les voisins qui n’écoutent pas la même musique, pour les comportements de plages qui ne sont pas les nôtres, pour les véhicules dont on méprise les bénéfices, pour les écoles qui n’adaptent par leurs méthodes aux enfants, pour les restaurants qui ne pensent pas aux vegans.

L’entreprise doit rester un lieu de partage et de mélange.

L’industrie créative dépend du mélange. 

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #438

1. Aux Philippines, il faudra désormais planter 10 arbres pour recevoir son diplôme. Merci Julie

2. L’effet Matilda : les femmes scientifiques profitent moins des retombées de leurs recherches. Merci Alice.

3. L’arabe est la deuxième langue la plus parlée en France, avec 3 millions ou 4 millions de locuteurs ; pourtant seuls 14 000 élèves l’apprennent dans les collèges et les lycées.

4. “Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume” est un pangramme = une phrase qui utilise toutes les lettres de l’alphabet. Merci Victor

5. On ne distrait pas au passé simple. Encore merci Victor

6.Les covid parties au 14e siècle durant la grande peste.

7. Enjeu d’éducation à l’information.

8. L’histoire triste – mais déjà entendue – des salles de bowling aux USA, passée de sport populaire à sport premium en 50 ans

9. La prise jack a été inventée en 1877.

10. La fondue est une invention grecque.