Le projet HairCode de Procter & Gamble est tout sauf anecdotique

Quand on tombe sur le portail du programme relationnel de Procter et Gamble EnvieDePlus, on peut être tenté de se demander à quoi sert ce truc. Cet outil est pourtant rentable. Parce qu’il est multimarque, parce qu’il repose sur une logique transactionnelle (impression de coupons), parce qu’il est géré par des marketeurs qui ont la culture du ROI. Parce qu’il est stratégique, dans un contexte d’impératif de constitution de bases de données propriétaires au détriment des GAFAM qui aspirent nos vies en ligne.

Dès lors, il n’est pas étonnant que P&G – ainsi que les autres lessiviers – multiplient les initiatives telles que HairCode, un petit outil visant à profiler les typologies de cheveux des gens dans le monde contre des astuces, de la mise en relation communautaire, des conseils et des bons de réduction dans les gammes Procter. Un projet monté en 8 semaines en interne, façon startup.

Est-ce que ça va changer le monde ? Non.

Est-ce que cela incarne l’agilité dans les grands groupes au service de la data souveraineté ? Oui.

IKEA Life at home report 2018

Des informations intéressantes dans ce rapport 2018 de « la vie à la maison » par IKEA, naturellement tiré par les modes de vie asiatiques puisque cet extrait présente des moyennes internationales.

De manière générale, l’impression qui en ressort est concomitante de l’urbanisation de l’humanité, produisant des espaces de vie plus petits, des modes de vie plus nomades :

  • 1/3 des interrogés dans le monde ne se sentent pas « à la maison » chez eux
  • 23% des interrogés déclarent réussir à trouver des « endroits à eux » dans leur logement
  • 1/4 des gens travaillent « de plus en plus à la maison »
  • Plus d’1/3 des gens se lavent plusieurs fois par semaine en dehors de chez eux
  • La colocation est prise comme un état de fait parmi les interrogés

L’habitat va-t-il se transformer en gigantesque Airbnb?

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #365

1.George Clooney utilise les cachets de ses campagnes Nespresso pour espionner le président soudanais Omar al-Bashir.

2. Le grand magasin Harrods est doté d’un dress code.

3. Le drapeau de la République californienne – l’éphémère état issu de la révolte des anglais contre les Mexicains – aurait dû héberger une poire (pear) mais le dessinateur confondit avec un ours (bear).

4. La *boite aux lettres* la plus célèbre du monde se trouve au Delaware.

5. La Silicon Valley doit sa position géographique à une maman malade.

6. Petit Papa Noël évoque la prière d’un enfant demandant au père Noël le retour de son papa, prisonnier de guerre en Allemagne.

7. Les amendes pour mauvais stationnement datent de -700 avant J-C.

8. L’usine de sibérienne de métaux de Norilsk pollue autant que la France à elle-seule.

9. Le clip de France Gall à l’époque où elle tournait au LSD.

10. En anglais, filer à l’anglaise se dit filer à la française.

Peut-être qu’en matière de marketing, la vieillesse primera toujours sur la jeunesse

Ce mot est un clin d’oeil à un ami, un de mes associés, qui souffle ses 40 bougies aujourd’hui.

La quantité d’information du net, le tourbillon de nouveauté du web, l’algorithmique des flux sociaux entraine une course à la récence. Le fear of missing out nous enjoint à rester connectés à nos appareils pour ne pas manquer une miette de cette grande performance médiatique qui se joue sous nos yeux.

L’avalanche de nouveauté donne une prime à la fraicheur des contenus (pas étonnant dès lors que le terme frais ait sémiotiquement évolué vers le cool). Ou plutôt donne l’impression d’une prime.

Etre au courant de ce qui se passe n’a aucune valeur intrinsèque, si ce n’est d’être suivi sur les réseaux sociaux.

Etre oldé – épinglé par un tiers sur la récence d’une information que vous pensiez fraiche – est une  accusation emblématique de notre époque.

La valeur d’une information, c’est la perspective qu’on lui donne. La valeur d’une idée n’a rien à voir avec sa récence. La valeur d’un concept tend à l’universel, pas au conjoncturel.

C’est tout le débat qui anime les vieux marketeurs contre les jeunes marketeurs. Les agences de pub contre les agences digitales de « contenu ». Les anciens aspirent à la vérité, les jeunes à la pertinence momentanée.

Au-delà de l’impératif de réconciliation imposé par le realmarketing, ce débat n’est représentatif que d’un décalage de maturité. A la manière dont les sots ne se rendent pas compte qu’ils sont sots, les jeunes ne se rendent pas compte qu’ils sont jeunes. Tandis que les vieux se rendent compte qu’ils sont vieux. Plus ou moins heureusement, plus ou harmonieusement, plus ou moins sagement.

Je ne vois aucune objection à ce que le marketeurs se bonifient avec l’âge car il n’y a que l’expérience qui permet de trier le grain de l’ivraie, d’identifier les schémas cycliques des idées, de penser les concepts qui traversent les époques.

La vieillesse est une bénédiction intellectuelle qui ne demande qu’à reprendre la place qu’elle occupa autrefois par défaut.

La campagne de La ferme d’anchin est géniale

On ne parle pas assez souvent de publicité sur ce blog. Je trouve cette campagne de CLM BBDO pour La ferme d’anchin tout simplement géniale.

Au-delà d’un propos de marque intéressant puisqu’il est générique mais puissant donc attribuable, on a aimé l’opération influenceur périphérique consistant à renommer les bloggueurs célèbres en légumes, ainsi que l’opération d’échantillonnage (au sujet de laquelle je ne trouve plus de trace) où la marque offre une brique de soupe à tout ceux qui portent un nom de légume.

La publicité comme ça réconcilie les gens et les marketeurs, bravo.