De l’art d’interpréter les comportements de navigation

Dans la même veine que ce post qui rappelle les données dont disposent les grands courtiers du marché, j’ai bien aimé la manière dont cette infographie facilite la lecture des données sur les réseaux sociaux.

La grande différence entre les données du web ouvert et les données des réseaux sociaux (qui sont dans la plupart des cas fermées derrière des *jardins fermés*), c’est que les premières (aka. le première cercle de l’infographie) pourraient être appelée what you browse.

Voilà comment cela fonctionne :

Les deux informations à valeur de ce graphiques sont :

-En votre qualité d’internaute, vous contrôlez uniquement votre premier cercle de traces laissées en ligne, pas la manière dont les marketeurs (souvent débiles) interprètent vos comportements. A la manière dont vous pouvez voter avec votre porte-monnaie, vous pouvez aussi voter avec votre navigation

-Tout cela est statistique, aucunement averé. Ne perdons pas de vue que le levier digital le plus efficace reste le retargeting, aka. la technique du bracelet brésilien.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #381

1.Le logo de Levi’s représente deux chevaux tiraillant une paire de jeans pour en prouver la solidité.

2. Le yoga a été popularisé pour développer le nationalisme hindou contre les colons britanniques.

3. Les racines persanes de la langue française.

4. Le Zersetzung = le trolling officiel de la stasi pour déstabiliser leurs opposants.

5. John Wayne fumait 5 à 6 paquets par jour.

6. La quantité de CO2 concentrée dans une salle de réunion au-delà de 2h de meeting peut endommager les capacités cognitives.

7. Parmi les 185 batailles livrées durant les 800 dernières années, la France en  gagné 132, en a perdu 43, en a laissé 10 indécises. Les militaires français détiennent le record de victoires en Europe.

8. Dans les pays occidentaux, on ne travaille pas plus de 10 % de son existence.

9. La vie au-delà des queen et king size.

10. L’écriture en boustrophédon change de sens à chaque ligne. Merci Neil

#CestPasVersaillesIci Total Direct Energie x Artefact

Hier sortait la campagne de la nouvelle marque issue de la fusion entre Direct Energie et Total Spring : Total Direct Energie.

Nous avons l’honneur et la fierté d’avoir été retenu par le groupe Total et son équipe formidable pour imaginer la communication de la nouvelle marque.

Voilà donc Artefact en télé, avec la plus grosse entreprise du CAC 40, et en affichage à partir du 17 avril, en national. Sans oublier l’internet. Mais ça vous vous en doutiez.

Les innovations 2018 Kantar racontent la France en adjectifs

Voici la liste des produits qui ont le plus séduit – moyenne péné et réachat – les foyers français en 2018 selon Kantar.

Sans grande surprise, les innovations qui séduisent les Français sont innovantes. Pas un produit simple. C’est le triomphe de l’adjectif. Qu’il qualifie les origines, la gourmandise, la légèreté.

  1. Le Liégeois La Laitière repose sur yaourt lit de fruit.
  2. Le thé fuze
  3. EXCEPTION Les glaces Ferrero
  4. Les nouveaux yaourts Danone sont léger et libres (sic!)
  5. La mayonnaise Amora est gauloise
  6. Pulco s’améliore de fines bulles
  7. Andros est gourmand mais végétal
  8. EXCEPTION Alpro avance masqué mais est une gamme de produits à base de lait végétal
  9. Moltonel est sans tube
  10. Les sauces Amora sont gourmets
  11. Badoit pétille avec des fruits
  12. EXCEPTION Les éleveurs vous disent merci (une marque tout en complément)
  13. Knacki devient végétale
  14. Joker est pur et à l’eau de coco
  15. Perrier s’adjoint les services des jus
  16. Les glaces Extrême promettent le feel good
  17. Les mousses Andros offrent des sensations fondantes
  18. Danone passe au bio
  19. Herta se sépare des antibiotiques (!)
  20. EXCEPTION « Les 300 et bio » sont une nouvelle marque avec complément

Trois pensées :

-La simplicité est peu compatible avec l’innovation CPG. Une marque nationale doit offrir quelque chose en plus, même lorsqu’il s’agit de retirer un ingrédient.

-Le top 20 est trusté dans 14 cas par des lessiviers, étroitement liés au modèle économique de l’hypermarché, que certains voudraient enterrer trop vite.

-Le top 20 se compose essentiellement de produits plaisir (soft drink, condiment, desserts), preuve que la grande consommation demeure un levier de plaisir parmi les foyers. Il n’est évidemment pas interdit de sensibiliser l’industrie aux enjeux de durabilité mais le plaisir est un indispensable pour faire passer le message.

La créativité n’est-elle pas une affaire de courage ?

Je suis halluciné par les réactions consécutives au rachat de Droga5 par Accenture.

Alors que la publicité se targue d’être une industrie créative, progressive et ouverte d’esprit, le rachat d’une des meilleures agences par un cabinet de conseil génère des réactions de rejet indignes.

Entre mille autres, il y a ce type dans Drum, qui a été patron en agence créative et dans le conseil, qui lâche des phrases comme ça :

Agencies and digital businesses are not even distant cousins – agencies think about ideas, campaigns and consumers. Digital businesses think about measurement, efficiency and customers.

Je ne vous épargne pas le tweet de Dave Trott qui semble – malgré son talent extraordinaire de rédacteur publicitaire – ne pas réussir à décoder cette formule :

Brands aren’t built through advertising.

David Droga de rectifier sans détour que :

It’s complimentary. It’s exceptionally exciting.

Le même David Droga de rajouter :

This changes it from a one dimensional canvas to a three dimensional canvas where we can interject that now at every touchpoint on a consumer’s journey.

Bref, l’enjeu des agences de pub classiques de se digitaliser semble échapper au type qui éructe dans Drum :

The worst thing you could do as a creative agency is to join a tech firm that will only lead you further away from your secret sauce.

J’ai du mal à comprendre les détracteurs de ce rapprochement. Pour 4 raisons.

-Je ne comprends pas comment continuer à nier l’importance de conjuguer le savoir-faire publicitaire avec le savoir-faire digital. Tant du point de vue de la gestion de nouveaux touchpoints, que de la cohérence de marque, que de l’enjeu de différenciation. Sans grande surprise, les Cassandre sont essentiellement issus d’agences de pub, rarement digitales.

-L’industrie publicitaire s’est fortement consolidée dans les années 80/90, à la faveur de la mondialisation. Non seulement elle s’est consolidée par croissance externe parfois sauvage (en rachetant des champions locaux aux côtés desquels les grandes marques américaines ont apposé leur logo), mais en plus les holdings étaient tout sauf des Bisounours (WPP est un pur véhicule financier – allez vérifier le sens de l’acronyme, Interpublic est désormais maqué avec Facebook et Acxiom). Sans parler des pure players tels quel You & Mr Jones ou MDC Partners dont les portefeuilles sont tous les deux forts et pionniers en création x tech.

-Certes Accenture Interactive est avant tout une agence média et une digital factory mais le rachat de Droga est une preuve de leur compréhension de l’importance de la pub. Ce billet en est la preuve. Tout le monde a le droit de mettre un peu de temps à changer, la pub classique n’a pas le monopole de l’intelligence des coups de pub. Il en va de même pour David Droga qui se paye à nouveau un coup de projecteur formidable. Est-ce que Accenture a détruit la marque Fjord ? Est-ce que Accenture a détruit la marque Octo (cocorico ce sont des Français) ? Est-ce que Accenture va détruire la marque Droga5 ? Bien sûr que non.

-Pour terminer, travaillant pour le pôle créatif d’un cabinet de conseil (sans aucunement chercher à me comparer à Droga5 et/ou Accenture), j’observe effectivement des différences culturelles (sur lesquelles je n’hésite d’ailleurs pas à m’étaler au sein de ce blog) qui n’apparaissent toutefois pas insurmontables.