La campagne de La ferme d’anchin est géniale

On ne parle pas assez souvent de publicité sur ce blog. Je trouve cette campagne de CLM BBDO pour La ferme d’anchin tout simplement géniale.

Au-delà d’un propos de marque intéressant puisqu’il est générique mais puissant donc attribuable, on a aimé l’opération influenceur périphérique consistant à renommer les bloggueurs célèbres en légumes, ainsi que l’opération d’échantillonnage (au sujet de laquelle je ne trouve plus de trace) où la marque offre une brique de soupe à tout ceux qui portent un nom de légume.

La publicité comme ça réconcilie les gens et les marketeurs, bravo.

Entre les tocards et les gagas, je préfère ceux qui ne se prennent pas au sérieux

Il y a quelques jours, le petit monde de la pub s’est ému de l’attaque du professeur Mark Ritson à l’égard de Gary Vaynerchuck, un entrepreneur à succès devenu avec le temps évangéliste des médias numériques (l’activité de ses entreprises actuelles), au point de minimiser les vieilles recettes du médiaplanning au bénéfice du web. C’est à ce sujet que le professeur Ritson étrille l’entrepreneur, lui reprochant de survaloriser l’innovation au détriment des « vieux médias » qui n’ont pas dit leur dernier mot.

Cette étude commentée par Ritson par ailleurs montre en effet qu’en interrogeant un panel de gros directeurs marketing au Royaume-Uni, les canaux de prédilection des CMO remettent l’église au centre du village. La TV et la radio tiennent le haut du pavé, devant le web. Ritson se délecte de ces résultats, notamment du fait de la qualité méthodologique de l’étude.

Classement des canaux préférés des directeurs marketing interrogés

Ritson a raison de soutenir cette étude solide, mais il attaque Vaynerchuck pour les mauvaises raisons.

Personnellement, je n’aime pas Ritson, car le marketing est une science molle, et que son assurance me parait peu compatible avec l’humilité imposée par les tombereaux d’études qui se contredisent.

D’abord, cette étude est menée auprès de gros marketeurs (2 milliards de livres combinées), dont le mix média est riche, car leur calendrier est touffu. Aussi, il est normal que ces derniers portent un regard pondéré sur leur mix et pas digital gaga. Le graphique ci-dessus montre des différences entre la réalité et la perception de l’efficacité. Le vrai insight de ces chiffres, c’est surtout le delta monstrueux entre la réalité du ROI et leur perception. Même les plus sages des directeurs marketing passent pour des pommes.

N’oublions pas que l’intérêt du média digital, c’est d’abaisser le coût d’entrée d’une campagne. Il est difficile de trouver des chiffres précis à ce sujet mais parmi les 5 millions d’entreprises qui faisaient de la pub sur Facebook en 2017, il y a fort à parier qu’un certain nombre d’entre elles n’avaient pas les moyens de faire de la pub en offline. Du coup, ce qu’on observe empiriquement, c’est que les petits marketeurs misent bcp sur le web tandis que les gros ont une vision plus pondérée du web.

Ensuite, Mark Ritson, parce qu’il passe sa vie dans les conférences plutôt qu’en entreprise, est naturellement biaisé par les sujets abordés dans ces congrès. Ce n’est pas parce que l’industrie se pose des questions sur le digital qu’elle en oublie son expérience vis à vis des médias. En France par exemple (cf. les derniers chiffres SRI), on voit bien que le digital se développe par-dessus les autres médias sans totalement leur retirer le pain de la bouche :

On ne peut pas expliquer la vie d’un directeur marketing à l’aune des sujets abordés dans les conférences. Cela revient à considérer que nous sommes des Shadocks obsédés par les dernières nouveautés et incapables de sédimenter nos expériences antérieures. Ritson prend les gens pour des cons, ce qui n’a rien de très agréable.

Et puis finalement, un professeur qui balance des phrases du genre (évidemment sans le moindre chiffre, c’est pratique « l’objectivité adaptable ») :

A significant number of marketers are not driven by data any more. They look at their own highly unrepresentative media consumption and use that as a proxy for their media planning.

Ou alors :

Marketers can always justify their media choices and make such a good argument they fool the most critical audience of all – themselves.

Ou encore :

They are also, alas, obsessed with new things and tech.

Un type qui prétend admirer l’objectivité d’une étude pour en tirer des conclusions aussi péremptoires, ce n’est pas un professeur mais un polémiste. Moi, en tant que planneur stratégique dans une agence, j’ai le droit de dire des âneries, c’est mon opinion, je ne parle pas au nom du corps professoral ou d’une université. Lui, sous couvert de ses activités professionnelles, prend des libertés indignes.

De mon humble point de vue, ce type est un Zemmour du marketing. Il n’a jamais fichu un pied en entreprise, croit comprendre le monde dans lequel il vit à l’aune de trois études et deux conférences et se paye de mot en portant la parole des réactionnaires du marketing.

Du coup, désolé mais #JeSuiSVaynerchuck

Twitter Autrement

Aujourd’hui, NLQ a l’honneur d’accueillir une colonne invitée de Michael Boamah qui a le bon goût d’aider les planneurs et marketeurs à mieux gérer leur veille, depuis plus de 10 ans (respect).

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tl:dr: A l’instar de Konbini et de son format génial “le meilleur des réseaux sociaux”, je me suis lancé dans un récap hebdo FOCUS GROUP destiné aux planneurs en agence, ceux qui n’ont pas parlé à un véritable être humain depuis des lustres et qui se déplacement jamais en dehors des Batignolles. Je poste une dizaine de tweets issus de la plèbe repris des top tweets de la semaine. Il y a de vraies perles là-dedans, t’imagine pas. Lien : https://twitter.com/Michael_Boamah/moments

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R.I.P. TheNextGag

En juillet dernier, j’ai mis fin à ma newsletter hebdomadaire TheNextgGag, qui recensait le meilleur de la créativité publicitaire mondiale et avait plus de 7000 abonnés.

Mais au fond de moi, je savais que je n’allais pas rester les bras croisés parce que je ne peux pas m’empêcher de partager mes trouvailles du net.

C’est plus fort que moi. J’ai commencé en 2006 quand j’étais encore étudiant avec Allopub (le #9ème blog marketing selon Wikio à l’époque), ensuite La Veille (les vrais savent) et puis TheNextGag en 2014.

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Il n’y a pas un, mais des Twitter

Après quelques semaines d’inactivité, je me suis lancé dans un nouveau projet: compiler les top tweets Français. Chaque semaine, je sélectionne une dizaine de tweets, qui ont obtenu un minimum de 10k retweets, dans un Twitter Moment que je poste sur mon compte https://twitter.com/Michael_Boamah/moments.

Et je dois avouer que ce projet m’a ouvert les yeux à bien des égards.

En effet, je suis arrivé sur Twitter en 2008 et je suis un fidèle du service. Et avec le temps, je me suis forgé une petite communauté remplie de gens du milieu publicitaire. C’est une communauté qui possède ses codes, ses micro-influenceurs, ses perturbateurs et ses groupies.

Mais le fait de volontairement aller voir les tweets les plus populaires du réseau m’a montré que mon expérience de Twitter était totalement éloignée de ce qui s’y passe vraiment.

Il y a un monde en dehors et je vous invite fortement à aller le voir.

Je trouve ça hyper enrichissant de découvrir une toute autre utilisation de Twitter que j’ignorais complètement.

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Un deep dive dans le monde des ados

En réalité, Twitter est peuplé par des 15–18 ans qui l’utilisent comme un group chat géant.

Chacun est à la recherche de sa tribu et poste des messages pour trouver des gens qui lui ressemblent. Ici, un like est signe de validation et un RT est un signe fort de partage.

Les tweets qui reçoivent beaucoup de RT sont des tweets qui puent la vérité. En d’autres mots, une mine d’insights exprimés, vérifiés, confirmés et validés.

En regardant ce qui s’y passe, on découvre une toute autre façon de s’exprimer et de rédiger un message. On y lit avec attention ce qui préoccupe les jeunes et ce qui les fait réagir. C’est un monde où les marques et les médias sont peu présents. C’est le règne du sarcasme et du partage sans filtre et sans honte. Un focus group en temps réel.

Bref, ce projet est une mine d’or pour les planneurs stratégiques en agence. Mais aussi, pour les créatifs, les social media managers et les brand managers.

Chaque semaine est généralement marquée par l’actualité détournée sous un prisme jeune: les révisions du bac, les vacances d’été, la Coupe du Monde, la rentrée, les gilets jaunes ….

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Le focus group de la semaine

J’ai appelé ce projet FOCUS GROUP car cela donne vraiment parfois l’impression d’espionner secrètement la vie des jeunes de l’autre côté du miroir sans teint.

J’ai opté pour les Twitter Moment car c’est un format que je commence à véritablement apprécier pour sa rapidité, sa facilité de lecture et son aspect mobile-friendly.

En terme d’audience, je sais que ça ne va jamais prendre sur Twitter et que ça se prêterait davantage à être posté sur Instagram, mais je n’ai pas envie d’entrer en concurrence avec les nombreuses meme pages qui y pullulent.

Par contre, j’ai remarqué que le compte Twitter Moments officiel avait accès à des fonctionnalités qui ne sont pas (encore) accessibles au plus grand nombre et j’ai hâte de pouvoir y avoir accès afin notamment d’éditorialiser davantage ma sélection et de les regrouper par thèmes.

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Football Stories by Konbini. L’inspiration derrière FOCUS GROUP http://footballstories.konbini.com

L’inspiration

Pour finir, je voulais rendre hommage à Konbini Football Stories qui a été une forte inspiration pour FOCUS GROUP avec sa série hilarante “Le grand n’importe quoi des réseaux sociaux”.

Le lien de FOCUS GROUP: https://twitter.com/Michael_Boamah/moments

Michael Boamah. Curieux avant tout. Curieux de tout.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #364

1.Un negmarron était le nom donné à un esclave ayant fui sa condition à l’époque coloniale.

2. 15% des Français utiliseraient des applications de vérification de leurs achats telles que Yuka, QuelCosmetic, Open Food Facts ou INCI Beauty.

3. Trop de choix = moins de vente. Le cas de l’édition (discussion en cours).

4. L’eau informée. Merci Romain

5. L’expression bête comme chou n’évoque pas le légume : au XIXe siècle, le chou est synonyme de tête (d’où *se prendre le chou*).

6. Le mot patient vient du latin patiens signifiant « celui qui endure » ou « celui qui souffre ».

7. La part des achats réglés en espèces est de 72 % chez les hommes contre 67 % chez les femmes.

8. Il se passe en moyenne 5 jours entre exposition publicitaire et visite en magasin (tous secteurs confondus).

9. La quantofrénie désigne l’obsession pour les données chiffrées.

10. L’histoire de l’ancêtre de Tinder, Dateline :

Les dernières théories sur le marketing résumées

Superbe antisèche sur les grandes théories marketing récentes.

Vous avez le droit de les contester empiriquement mais sachez que d’un point de vue universitaire, elles font foi car robustes.

Merci Vincent pour le partage.