SURICATE – Les Dissociés

Pour ceux qui l’auraient raté, voici les Dissociés, premier long métrage de Golden Moustache.

2.2 millions de vues en 1 mois sur Youtube, soit un des 10 cartons du box office cette année.

A méditer.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #149

1. Pourquoi les bruits d’ongles crissant sur un tableau noir sont insupportables? De lointains aïeux.

2. Le tempura japonais est un mot d’origine portugais.

3. La Pixar Theory.

pixar characters

4. Un dérivatif de big data : les fantasy games (définition Wikipedia).

5. Certains parcs Disney accueillent un club très privé.

6. L’éternel swag du télégramme.

7. La mythologie de la classe affaires : commercialisée comme un outil d’aide à la bonne décision.

8. “People were concerned they were being turned into numbers” : c’est le cinquantenaire du code postal US.

9. L’histoire étonnante et rassurante du trou de la tête des bonshommes Lego. Merci Charlie

10. En 2012, 98% des cas d’assassinats traités par la police mexicaine sont irrésolus.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #135

1. BBH produit du vin. Merci Benjamin

Hegarty Chamans No3

2. L’étymologie de blog selon le linguiste Jean Véronis :

« ça vient de ‘log’, la bûche, qui attachée à une ficelle servait à mesurer les noeuds marins, reportés ensuite sur le carnet de bord du capitaine, devenu carnet de bord de la toile, du web, duquel on a gardé le B, pour +B-log+ ».

3. En 1963, Heineken lance la World Bottle (WOBO) en réponse à deux problèmes rencontrés sur les plages caribéennes : trop de déchets et pas assez de matériau de fabrication.

heineken-bricks

heineken bricks house wobo upcycling

4. En 2011, 85% des clics sur bannière sont réalisés par 8% des internautes (5e minute) :

5. Après s’être fait confisqué des biens par le régime militaire dans les années 70, Nestlé assigne le gouvernement éthiopien – alors aux prises avec la famine – après avoir participé à la chute des cours du café (2/3 des exportations de l’Ethiopie). Le management de l’époque évoqua une question de principe.

6. Le rubber duck debuging : une technique de contrôle qualité où les codeurs s’obligent à expliquer à un canard en plastique ce qu’ils font. Comme disait Einstein : “If you can’t explain it to a six year old, you don’t understand it yourself.”

Rubber_duck_assisting_with_debugging

7. Le principe des tiroirs.

8. L’histoire étonnante de la couleur bleue. Merci Sébastien

9. L’aerogel :

Merci Arthur

10. La vie d’entertaineuse de Colette.

Un fascisme comme les autres : la tyrannie des grammar nazis

On entend régulièrement les gens se plaindre du niveau de langue de leur descendance : abréviations, langage phonétique, SMS, smileys, formes grammaticales estropiées, jargons en tout genre… Pour les contempteurs de l’évolution naturelle du langage (systématique complexe et dynamique s’il en est), il va de soi que c’était mieux avant (cf. PPT ci-dessous)…

Ces derniers pourraient se réjouir d’une de ces idiosyncrasies dont le web à le secret : depuis quelques mois, des sites tels que 9gag (image board alimenté par les internautes) sont les témoins de l’émergence d’un fascisme d’un nouveau genre : les grammar nazis.

Sous une symbolique aussi sinistre qu’éloquente, les nazis de la grammaire pointent méticuleusement les fautes d’orthographe et de syntaxe présentes dans les posts des membres de la communauté.

Cette singularité illustre parfaitement le principe de régulation collective du savoir à l’oeuvre sur Wikipedia comme dans la société en général : il n’y a pas de normes sans normateurs.

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Dans un rayon comme dans un isoloir, nos décisions n’ont rien d’optimales

Pour les présidentielles, on dit que 50% des votants n’ont toujours pas arrêté leur choix 15 jours avant le scrutin. Dans ce contexte, c’est l’occasion d’introduire une notion psychosociale de première importance : le satisficing (ou principe de seuil).

Composé de satisfy et suffice, le satisficing vient du sociologue Herbert Simon. Il désigne une stratégie de prise de décision où l’action intervient après avoir atteint un palier d’information jugé suffisant. Le satisficing s’oppose au mécanisme optimal, où la prise de décision est le fruit d’un examen approfondi de tous les tenants et aboutissants d’un problème (comme les aiment les économistes).

A titre d’illustration, le satisficing a permis à Deep Blue d’IBM de battre Kasparov : sans prendre les décisions les plus rationnelles (et un peu prédictibles) mais en faisant des choix satisfaisants à un moment T.

Dans un supermarché comme lors d’un scrutin présidentiel, le satisficing explique nos décisions (parallèlement à d’autres phénomènes). Si quelques objecteurs prendront la peine de lire tous les programmes en détail tout comme ils passeront des heures en magasin pour choisir la bonne marque (attention, ces deux groupes ne sont peut-être pas les mêmes), l’immense majorité des consommateurs-électeurs agit à partir d’un palier d’info jugé suffisant :

  • Opposition à un parti en place,
  • Vote par défaut,
  • Vote par habitude,
  • Réforme spécifique,

D’où une réflexion qui vaut pour les urnes comme pour les caddies : les gens se foutent d’avoir le meilleur produit dans le meilleur des mondes, ils se contentent  de ce qu’ils estiment satisfaisant afin de se concentrer sur d’autres sujets qu’ils estiment plus important.

La prescience de cette notion et la marketisation de la culture expliquent peut-être l’évolution des campagnes politiques, où les idées sont de moins en moins centrales.