Pour sortir de votre *zone de confort*, faut-il améliorer ou détériorer votre situation?

Ce TED talk est un excellent icebreaker de retour de vacances : est-ce que tu as aimé tes vacances parce qu’elles offraient un confort supérieur ou inférieur à ton quotidien  (je pense que ce distinguo fait la différence entre deux catégories fondamentales de personnes).

Naturellement, Corey Rich est un photographe stéréotypé qui adore dormir dans la boue pendant 3 jours pour prendre la photo parfaite (étonnant non?).

Mais vous, au quotidien, vous enrichissez votre karma en partant à Hong-Kong ou à Cotonou? A New-York ou à Guatemala City? A Rome ou à Tbilissi?

Est-ce que vous sortez de votre zone de confort en améliorant ou détériorant votre situation? Vos grandes idées sont apparues dans une cave ou dans un loft?

La collaboration entre marques et bloggueuses est-il un terme mal choisi?

Deux articles pour alimenter – l’absence – de réflexion sur le phénomènes de bloggueurs influents.

Le premier, publié ce week-end par Le Monde, raconte le retour de la mère parfaite. Ou comment la plupart des bloggueuses populaires remettent au goût du jour les plaisirs de la vie domestique : nourriture, décoration et éducation. Des femmes qui se définissent d’abord par leur maternité – à rebours de cette étude Facebook – et pas grand chose d’autre – travail, vie de couple, droit de vote… Résultat des courses : d’autres femmes se rebiffent et s’indignent de cette injonction à la maternité comme épanouissement suprême.

« Comme l’enfantement est présenté médiatiquement et socialement comme le plus grand des bonheurs, il leur faut absolument coïncider avec cette valorisation sociale de la maternité. »

Pour les amateurs, Camille Froidevaux-Metterie vient de sortir La Révolution du féminin.

La seconde, publiée il y a maintenant plusieurs années, émane de la sociologie Mona Chollet. Qui ne s’attaque pas uniquement aux bloggueuses mais à la plupart des médias à destination des femmes. Arguant que ces contenus propagent une image rétrograde de la femme. Les bloggueuses en prennent pour leur gallon, accusées d’être les ambassadrices de ce mode de vie néo-réactionnaire. Ce qui n’est pas sans nous rappeler l’étonnante recrudescence des valeurs traditionnelles chez les Millenials pointée par ce rapport Prosumer.

Finalement, la vraie question, ce n’est pas pourquoi ces nanas rencontrent le succès mais pourquoi les marques collaborent avec elles malgré leurs lignes éditoriales à contre courant ?

De la défense des bullshit jobs. Vive le caca !

Ces derniers jours, il n’y en a que pour les bullshit jobs.

Nuit debout oblige, les visites consécutives de leaders et intellectuels de gauche ont mis à l’ordre du jour ce concept popularisé par l’économiste/activiste David Graeber (ne manquez pas son excellent portrait dans Télérama), déjà remarqué pendant le mouvement Occupy Wall Street.

Comme le relate cet article du Monde, le bullshit job a pour définition « un emploi dénué de sens ». Graeber lui-même lui reconnait une définition vaporeuse. Si l’on s’en tient à cet article du Monde, le bullshit job, c’est le nom que les gens qui n’aiment pas leur travail donne à leur travail.

L’article fait d’ailleurs état d’un contrepoint – qualifié de charge, tout en retenue – développé par The Economist qui nous rappelle que chaque époque porte son lot de bullshit jobs : on se souvient des métiers de gratte-papiers des romans de Maupassant ou Zola (qui ne devaient pas jouir de meilleures conditions de travail que les pigistes de Buzzfeed) ou plus récemment de la misère intellectuelle du job de fonctionnaire international dans Belle du Seigneur d’Albert Cohen (le reporting y étant déjà vécu comme un cancer organisationnel). Sans parler des millions de mini boulot des pays sans salaire minimum (vendeur de mouchoir, dame pipi, pompiste, teneur de porte, valeur de chambre…) ni même des métiers d’ouvriers à la chaine.

La différence entre un petit métier et un bullshit job semble-t-il, c’est que le premier assume son statut de petite valeur ajoutée alors que le second devrait faire sens mais faillit à combler son titulaire. Ce sont d’ailleurs souvent des (jeunes) cadres qui se plaignent des bullshit jobs. Ils ont fait des études supérieures et se retrouvent à fabriquer des sites web, passer des coups de fil, faire du contrôle de gestion.

Mais que raconte-t-on dans les formations supérieures pour qu’un tel décalage advienne entre les promesses et la réalité vécue ? Pourquoi les millenials vomissent la vie de bureau alors qu’elle a fait la joie de nos parents et grands-parents? Assiste-t-on à une des conséquences de la dictature du bac+5 où une part inédite des trentenaires sont diplômés alors qu’ils feraient de meilleurs artisans/agriculteurs/commerçants? Vit-on un effet secondaire de la fin de l’histoire et de la chute des idéologies? Les millenials sont-ils juste des enfants gâtés regrettant le trotskisme?

Peut-être. Soit.

En tout cas ce n’est pas une raison pour jeter l’opprobre sur tout le tertiaire. De cracher dans la soupe. Si les détenteurs de bullshit jobs n’aiment pas leur job, qu’ils en changent : ils ont déjà de la chance d’avoir un travail (en plus d’être diplômés donc statistiquement bien nés) : ils n’auront aucun mal à emprunter de l’argent pour faire une nouvelle formation et/ou se réorienter dans une industrie plus épanouissante (cf. l’exemple de cette cadre KPMG partie chez Emmaüs).

Le planning stratégique figure probablement au panthéon des bullshit jobs. Et pourtant : les attentes vis-à-vis d’une entreprise, les sources de curiosité et d’interactions personnelles qui en naissent suffisent à me satisfaire. Sans doute par sottise. Je ne suis sans doute pas assez clairvoyant pour saisir l’absurdité de mon boulot (qui consiste – entre autres – à doper la croissance intérieure et donner accès gratuitement à l’information).

En tout cas je ne me déleste pas sur les gens qui souffrent leurs conditions de travail. Je les plains. Et je préfèrerais les aider plutôt que de leur cracher à la gueule.

Au fait c’est quoi la confiance?

Excellent petit talk, excellente petite pensée autour de la 6e minute.

Qu’est-ce qui inspire confiance? Est-ce qu’en cherchant à inspirer confiance on peut produire l’effet inverse?

Repensez au dernier formulaire que vous avez rempli sur un site ou une app. Repensez au dernier échange que vous avez eu avec le SAV de votre fournisseur d’accès.

Si chercher à inspirer confiance, notamment pas des signaux de vulnérabilités (9e minute) peut dégrader la confiance entre deux agents : faut-il penser UX ou abandonner ce but?

Certains semblent avoir choisi leur camp…

D’ailleurs, on peut aussi en jouer.

Notre Lien Quotidien zeitgeist 2015

Bonjour 2016.

Merci à tous pour votre fidélité.

En 2015, NLQ a reçu 75 000 visites (de 45 000 visiteurs). Un chiffre stable par rapport à 2014 (qui avait vu sa fréquentation diminuer de 50% suite à un passage annuel du blog en anglais).

NLQ limite donc la casse et se donne pour objectif de repasser la barre des 100 000 visites en 2016.

Attendez-vous à des articles plus racoleurs que jamais, des tops, des prises de positions néo-racistes et uber-réactionnaires. On se moquera de la majorité, on pourrira l’opposition, on crachera dans la soupe, ça va flinguer.

Et pour initier cette vilaine mouvance, voici le top 10 des articles les plus lus en 2015 (écrits en 2015) :

  1. Matrice de progression et lubies de jeunes professionnels : tu en es où toi?
  2. 10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #213
  3. 10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #244
  4. Voici le cahier de devoirs de vacances des planneurs stratégiques
  5. Emojis de marques : va-t-on arrêter les conneries?
  6. Le mot à bannir des agences de pub : l’entertainment
  7. 10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #248
  8. Comprendre simplement le mode de fonctionnement d’une DMP
  9. Oh, une campagne RH créative et stratégique
  10. 10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #233

Les plus curieux apprendront également que NLQ a reçu des visites de plus de 150 pays (surtout la France, suivie des USA, UK, Canada, Belgique, Suisse Allemagne et Maroc), essentiellement par le search, ensuite par le social (FB, puis Twitter, puis LinkedIN) puis par les références (quelques liens dans des articles d’autres bloggueurs).