Le démon de Laplace est une super métaphore de l’intelligence artificielle

Dégotée hier lors d’une conversation animée, l’expérience de pensée dite du Démon de Laplace illustre parfaitement la vision animant les enthousiastes de l’intelligence artificielle.

« Une intelligence qui, à un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, si d’ailleurs elle était suffisamment vaste pour soumettre ces données à l’analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’univers et ceux du plus léger atome ; rien ne serait incertain pour elle, et l’avenir, comme le passé, serait présent à ses yeux. »

La quantité de données produite par les milliards de produits connectés au web (aujourd’hui ordinateur et smartphones, demain objets, voitures, maisons…) va produire une telle quantité de donnée que des super-calculateurs pourront à tout moment « connaitre toutes les forces dont la nature est animée ».

Donc en déduire le futur à partir des évènements passés et présent.

A titre d’exemple, c’est de cette manière dont fonctionne les prévisions météorologiques. Demain, la puissance et la complexité des calculs de la météo seront accessibles au plus grand nombre : banquier, assureur, e-commerçant, industriels en tout genre.

Qu’en pensera la théorie du chaos ?

Merci Grégoire pour la découverte.

Les enjeux de la ville connectée sont ceux de l’entreprise connectée

Cette semaine, un député a remis à l’assemblée nationale un rapport sur les enjeux de la ville connectée.

Ses préconisations engagent – sans surprise – au décloisonnement des méthodes de travail et la mise en place d’une gouvernance nationale sur le sujet.

Ce chantier illustre sans grands efforts métaphoriques les enjeux des SI d’une entreprise.

Le système d’information d’une entreprise est comme une ville : les bâtiments qui la composent ont progressivement été implantés, les matériaux utilisés sont hétérogènes, les règles métiers de chaque entité sont différentes et en même temps tout le monde parvient – à peu près – à vivre ensemble.

Avoir des idées innovantes à base de digital dans une entreprise est aussi compliqué que de faire fonctionner une ville.

Les gens qui sortent des trucs sont des génies.

Les villes de demain fourniront de la connaissance.

Le Robot Porn Addict est une super invention stupide

Tout est super dans cette idée : née d’un stupid hackathon, fruit de l’imagination d’un prétendu creative technologist appelé Brian Moore, faisant collaborer 2 marques improbables (Pornhub et Microsoft).

Le Robot Porn Addict est un bot qui passe sa vie à essayer de comprendre ce qu’il voit sur les vidéos du site pornographique.

Le twist : il n’a pas été programmé pour comprendre l’érotisme, il décode au premier degré les images.

Totalement super donc.

Pourquoi la publicité s’efforce à rester amnésique

C’est pas gentil de cracher sur les confrères mais je dois bien avouer que ce genre de tweet me met hors de moi.

Pour se re-situer le contexte, Tom Goodwin, c’est le patron de l’innovation worldwide de Publicis, précédemment patron de l’innovation worldwide de Havas. Un mec qui touche sa bille et globalement très brillant, dont NLQ a plusieurs fois parlé.

Donc ce post ne l’attaque pas lui particulièrement mais tous les vieux cons qui nous expliquent que c’était mieux avant quand on pouvait écrire une body copy par semaine tout en collant des mains aux culs des secrétaires : Copyranter, Ad contrarian and co.

Bien sûr que la publicitaire n’a aucune mémoire : les juniors sont traités comme des merdes, les seniors sont font ce qu’ils peuvent pour mener leur barque, le marché est attaqué de toute part par de nouveaux concurrents. Ce que certains qualifierait de marché dynamique est vécu par les agences de publicité comme une gabegie.

Peu importe : le problème de la pub qui ne sait pas s’archiver n’est pas un problème de juniorité des effectifs mais de sottise des seniors qui n’ont pas su créer un système d’archivage efficace, trop occupés à se casser le tarin entre deux mains aux culs des secrétaires ou à pointer les cas de copie (accidentels ou pas).

Shit in, shit out.

 

Les messageries sont-elles des réseaux sociaux?

Ce tweet de Mathieu Ott relatant la visite de Snapchat dans les locaux de BETC ne pouvait pas mieux tomber pour introduire la pensée du jour : les messageries instantanées sont-elles des réseaux sociaux?

D’abord, on remarque qu’elles ne figurent pas sur la liste consacrée de Wikipédia.

On note ensuite que cette liste fait état d’au moins une application originellement messagerie qui a depuis évolué : Sina Weibo, offrant des fonctionnalités plus proches de Facebook.

On se demande de fait pourquoi Wechat et Line – entre autres – ne figurent pas dans cette liste tant leur UX est cousine (même si on leur trouverait des singularités en les passant au microscope ; je vous vois venir). Pour rappel, ces apps de messageries asiatiques ultra populaires offrent une expérience basée sur un wall où les informations auxquelles vous vous abonnez apparaissent en temps réel.

Dans le cas de Snapchat, on comprend assez clairement leur ambition de se positionner sur l’image : en se rebaptisant Snap Inc (ils ont littéralement viré chat de leur nom), leur modèle publicitaire repose sur de la présence native – autant que faire ce peut – dans la rubrique discover plutôt que des bannos… On leur accorde donc le bénéfice du doute même si leurs utilisateurs s’en défendent.

« Snapchat est un moyen de communication facile et amusant, que j’utilise avec mes amis. Il reste toutefois un réseau social ». Source Les médias sur Snapchat Discover parlent-ils vraiment aux ados ? Les médias sur Snapchat Discover parlent-ils vraiment aux ados ?

Finalement le point qui empêcherait les messageries d’être des réseaux sociaux, c’est la sphère limitée d’influence que peuvent avoir les utilisateurs : elle ne dépasse pas son répertoire téléphonique, contrairement à Twitter ou Instagram. De fait, on ne peut pas avoir plus d’influence que son cercle social « dans la vraie vie ».

Un réseau social est-il un réseau qui nous permet d’élargir notre sphère d’influence ou de la maintenir en l’état?

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