La rente de Facebook en France rappelle celle des Pages Jaunes de la grande époque

Je cherchais ce chiffre depuis un certain temps. J’en avais connaissance mais il était difficile d’en parler car tenu en partie confidentiel.

Comprendre l’emprise des GAFAM sur la publicité en ligne, c’est comprendre une variable clé : la quantité d’annonceurs qui utilisent leurs services.

Le rapport d’étude BUMP dédié aux investissements publicitaires en France en 2019 donne un aperçu du pouvoir de Facebook et Google.

On dénombre donc environ 66 000 annonceurs actifs en France en 2019. 70% d’entre eux utilisent le digital (environ 45000 donc), dont 43% sur Facebook (soit 28000). Facebook est donc utilisé par une petite moitié des annonceurs en France.

Là où ce chiffre devient fou, c’est que 66% de ses annonceurs sont exclusifs à Facebook.

18500 annonceurs français ne font donc que de la publicité sur Facebook. Certes, le réseau américain précise qu’ils dépensent des petites enveloppes budgétaires. Mais quand même.

Il est difficile d’analyse ce chiffre au-delà du constat de la force de frappe de Facebook. Toutefois, quand on sait les difficultés des éditeurs locaux, les abus fiscaux de Facebook, leur politique contestable vis à vis de la modération des contenus, il y a vraiment de quoi s’inquiéter.

Car le média le plus efficace pour aspirer des investissements est probablement aussi le plus dangereux.

L’entreprise Cameo et les micro-prestations de vedettes

Article hallucinant qui raconte la marchandisation du monde.

L’entreprise Cameo commercialise des mini prestations de vedettes de tout genre : actuelles, ringardes, improbables.

Tu veux acheter à une actrice de TV réalité de fêter son anniversaire à ta cousine sur Snap ? C’est possible.

Tu veux acheter un message de répondeur rigolo pour ta boite par la voix SNCF ? C’est possible.

Je trouve cette idée de boîte à la fois évidente mais navrante.

La capacité des réseaux sociaux à faire émerger des voix n’est pas une bonne idée, contrairement à ce que nous aurions pu croire au début. L’internet est en gueule de bois, a fait élire Trump, des régimes islamistes dans les pays qui ont mené le printemps arabe, célèbre l’idiotie, le professeur Raoult.

Le vrai défi du 21e siècle ce n’est pas l’environnement mais le retour à la raison.

Le génie de Alice Lowe : une des premières patronnes d’agence de pub

J’ai profité du déconfinement pour vider mon Pocket d’une quantité d’articles. Notamment celui-ci, portrait dédié à une pionnière de la publicité : Alice Lowe, patronne de l’agence de Howard Gossage.

Au-delà de sa relation mythique à ce publicitaire de génie, elle est associée à des tonnes de trucs cools :

To that end, Lowe invented The Instant Party Plan, which helped her convert an office to a party space within 15 minutes.

…becoming president of the agency and eventually CEO, a remarkable achievement considering the sheer dominance of white men in the industry.

To entertain herself and the other women at the agency, she introduced Hat Day.

En l’honneur de son créatif star décédé, Alice préféra fermer l’agence plutôt que de la revendre :

“We decided that for Howard’s reputation … let’s just dissolve it,” said Lowe at the time. Lowe settled the finances, resigned all of the agency’s clients, closed the doors, never worked in advertising again and pursued her passions outside of the industry.

Bref, un modèle à suivre extraordinairement en avance sur son époque.

Le télétravail produit des inégalités inacceptables pour la mission des entreprises

Comme la plupart des Français dont l’activité n’impose pas la présence physique sur mon lieu de travail, je vais continuer de télétravailler, probablement jusqu’à la rentrée scolaire (je ne vois aucune raison que les règles de distanciation sociales soient assouplies prématurément).

Le grand saut dans le télétravail ayant été peu préparé (seule une dizaine de % des Français le pratiquait avant le confinement), les réactions ont été spontanées. A la manière de l’école, certains privilégiés y adhèrent (espace dédié à domicile, bon matériel) mais une bonne partie des classes moyennes le subissent (pas d’espace de travail dédié à la maison et matériel informatique de mauvaise qualité). 

Une entreprise qui favorise les favorisés et pénalise les moins favorisés est une entreprise qui ne fait pas son travail.

A la manière de l’école, une entreprise doit offrir un cadre de travail égalitaire, où chacun dispose du même bureau, du même matériel, des mêmes espaces, des mêmes droits.  

Je suis convaincu que le confinement aura été un accélérateur de l’adoption du télétravail ponctuel. Mais en tant que cadre d’entreprise, je ne souhaite pas que cela se généralise, sous peine de creuser les inégalités. Il est inadmissible que les talents d’un collaborateur soient bridés par ses conditions d’hébergement. 

Oui, il y aura un après Covid, mais par pitié arrêtons de prendre le fantasme d’une poignée de privilégiés confinés à la campagne pour la réalité. Avant d’être une machine à produire, l’entreprise doit a minima offrir un environnement égalisateur où ses acteurs sont jugés sur leurs talents, pas leur patrimoine.   

De toute manière, même les entreprises de cadres finissent par y renoncer (cf. IBM qui pensait réaliser des économies de loyer avant de faire machine arrière).

Michel Siffre nous raconte son confinement

Un contenu génial à écouter en confinement ou hors-confinement.

L’histoire d’un dingue de spéléo qui a décidé de s’enfermer 2 mois, juste pour voir.

Merci Marion