Mes conseils subjectifs sur les défis d’avenir du planning stratégique

Je publie cette étude WARC *Future of Strategy 2020* parce que je subsume être lu par des gens qui font du planning. Autrement, je ne l’aurai probablement pas fait pour une raison assez simple : personne ne parle de communication.

Je ne suis pas contre défendre le business des client mais notre potentiel d’impact sur le business du client ne passe QUE par la communication. Notre enjeu : démontrer le rôle de la communication dans l’amélioration des ventes d’une marque.

On peut s’amuser à parler comme des analystes (junior) de GS mais notre métier se résumé à choisir le sujet à mettre en avant parmi mille options, trouver un angle pour embarquer les créatifs sur le sujet, ventre la campagne et en mesurer du moins mal possible son efficacité. Et c’est déjà pas mal.

C’est peut-être un tropisme anglo-saxon que de ne jamais parler de mots, d’images, de couleurs, de formes, de formats, de mécaniques, de rhétorique, de signature, de craft,

Du coup je me lance, pour ce que ça vaut : le métier de planneur devrait viser à prendre des risques, pas servir de la soupe tiède.

Première suggestion : l’évolution du discours du plus vers le mieux. Comment signifier le *moins* avec élégance ? Comment donner de la valeur au *moins souvent* ? Comment faire de la frugalité le nouveau chic ? Il y a un tout un vocabulaire – visuel et textuel – et un imaginaire à imaginer. De ce point de vue j’adore ce film Leclerc : il met les pieds dans le plat avec panache.

Deuxième suggestion : accélérer la pédagogie de nouveaux usages. Voitures électriques, composteurs de balcons, app StopCovid ou coupe menstruelle… Le futur est pavé de technologies à apprivoiser, comprendre, adopter. Internet est un énorme MOOC bourré de pédagogie, qui explique pourquoi les formats longs cartonnent en ligne, de manière contre-intuitive. L’internet rend les consommateurs apprenant.

Troisième : la sincérité du respect de la vie privée. Va-t-on vers un nouvel âge d’or de la courtoisie ? De la politesse (ce que certains appelaient la nétiquette il y a quelques années). Comment les marques vont-elles parvenir à signifier leur honnêteté à une époque où Snowden et Wikileaks ont jeté le discrédit sur 99% des institutions ? Les affreux bandeaux génériques RGPD sont-ils la bonne solution?

Quatrième : adopter notre langage. Toujours. Vocabulaire, expressions, emojis, tournures, grammaire… Par-delà la question des effets de mode, comment parler à des gens qui veulent répondre à tout ? Qui veulent vous chercher des noises ? Sommes-nous condamnés à se tutoyer ?

Cinquième : génération image. On s’extasie sur les couleurs vives, les polices de caractères épaisses. On oublie que ces deux phénomènes sont le fruit des modes de consommation sur les réseaux sociaux : sur des petits écrans muets. Aussi, il faut maximiser l’impact visuel des contenus. Une espèce de logique inspirée de l’affichage, mais de la taille d’une boite d’allumette.

Bref, il y a mille autres chantiers de cette nature à traiter. Qui nous concerne de mon point de vue bien plus que le développement des DNVB et autres enjeux de logistiques.

NLQ prend ses quartiers d’été, rdv fin août !!

Une superbe illustration de la différence entre offline et online

Je n’étais pas parti pour évoquer ce sujet ce matin mais c’est en faisant ma revue de presse que je suis tombé sur cet article savoureux du FT.

Il explique par le menu l’extraordinaire accélération de l’adoption du e-commerce alimentaire dans le monde concomitant de la Covid.

Ce qui n’est jamais dit tel quel mais qui est révélé avec force graphiques, c’est l’absence flagrante – et non résolue – de rentabilité du e-commerce alimentaire :

Le plus rigolo, c’est que le modèle le moins rentable est aussi le plus populaire : quand des vendeurs préparent les commandes en se baladant dans les rayons.

Pourquoi ce modèle est le moins rentable ?

Pour la même raison qu’il était extrêmement rentable quand les gens viennent dans les magasins.

La philosophie de la grande surface est de *perdre les gens* pour leur faire écumer le magasin de long en large.

Aujourd’hui ce phénomène joue contre les distributeurs qui perdent un temps fou à préparer les commandes.

Je trouve ça super.

Voici la copie de l’article en intégralité :

Attention à ne pas faire de vos coupons de réduction des outils de shaming

Ca fait longtemps que je n’avais pas relaté une étude américaine. Cette dernière m’a fait rire. 

Des chercheurs ont donné 200 coupons de réduction Starbucks à des étudiants.

La première moitié des cartes hébergeait le message :

Je sais que vous avez été stressé par l’argent ces derniers temps. J’espère que vous apprécierez cette carte-cadeau en espérant qu’elle vous fera économiser de l’argent

La seconde moitié :

Je sais que vous avez été stressé par le temps ces derniers temps. J’espère que vous apprécierez cette carte-cadeau en espérant qu’elle vous fera gagner du temps

Si autant des étudiants de chaque groupe ont indiqué leur souhait d’utiliser le coupon, les étudiants qui ont reçu les cartes évoquant les économies monétaires ont exprimé des sentiments négatifs et se sont sentis pris de haut.

Bon à savoir lors de votre prochain brief d’activation.

Il y a 25 ans, le rap français…

J’ai beaucoup écouté de rap français des années 90 pendant mes séances de jogging de confinement, allez savoir pourquoi. Un peu par hasard, un peu par nostalgie, un peu par commodité (le rythme du rap se prête très bien à l’exercice physique, on n’en parle pas assez).

J’ai pas mal écouté ce mix en particulier.

Sims Sample animait un podcast sur Nova pendant le confinement, je me suis plongé dans son Souncloud. 

Alors que le rap est devenu le genre musical préféré des Français, son impulsion initiale a évolué en de multiples ramifications. Il est désormais difficile d’identifier une idéologie unique dans la foultitude de genres de rap.

Pourtant, il y a 25 ans, une certaine homogénéité intellectuelle y régnait, a fortiori au sein de ce mix qui en offre un échantillon bien garni : inquiétude vis à vis de leur avenir professionnel, trajectoire scolaire difficile malgré une croyance établie dans l’école comme tremplin, importance de la maîtrise de la langue française, rejet des politiques discriminatoires (directes ou indirectes) esprit de solidarité et liens familiaux, rapport encombrant de la double culture, héritage non assumé de la France vis à vis de ses anciennes colonies. 

En écoutant ce mix, j’ai été touché. Les textes de l’époque étaient simples, beaux, gentils. Plein d’espoirs, amers mais constructifs.

Vous en rigolerez probablement mais j’ai notamment été stupéfait par la reconsidération du nom du groupe IAM. Tout IAM ou presque raconte un rapport complexé à l’identité : pseudonymes inspirés de l’Egypte antique, thématiques migratoires, la nuit comme utopie de la réinvention, difficultés d’insertion professionnelle, petite délinquance imposée par la faim. IAM parle de la difficulté d’être un jeune racisé qui voudrait rentrer dans le rang sans qu’on lui facilite la vie.

Pris dans cette perspective, IAM est un nom cartésien. Il revendique le droit d’exister, d’être considéré, de respirer, d’être au monde.

Je repensais à tout ça en courant et je me disais que décidément, nous gagnerions à traiter le sujet des banlieues (et des jeunes) une bonne fois pour toute. En 25 ans rien n’a changé, ça devient gênant. Qu’on ne pleurniche pas que qquns se réfugient dans la religion, il faut bien survivre psychologiquement à ce rejet permanent.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #429

Dernière édition des 10 choses que je ne savais pas la semaine dernière avant la pause estivale.

1.Il exista une liaison Londres-Calcutta par bus. Elle passait par l’Angleterre, la Belgique, la RFA, l’Autriche, la Yougoslavie, la Bulgarie, la Turquie, l’Iran, l’Afghanistan et le Pakistan.

2. En copiant l’url https://www.linkedin.com/sales/ssi dans votre navigateur, vous aurez accès ) votre  merci Linkedin Social Selling Index. Merci Guillaume

3. Anecdote Apple : quand Steve Jobs exigeait un prototype d’iPod plus petit, il l’immergeait, puis, devant les bulles d’air qui en sortaient, indiquait à ses designers qu’il restait de la place à chasser.

4. L’homme blanc sur cette photo mythique s’appelait Peter Norman. A sa mort, Tommie Smith et John Carlos, qui faisaient le salut des Black Panthers sur la photo, furent ses croque-morts.

5. Le terme paparazzi vient du personnage Paparazzo de La dolce vita de Fellini.

6. Le Qilombo dos Palmares fut l’expérience la plus pérenne de territoire indépendant occupé par les esclaves évadés au 17e siècle au Brésil.

7. La marque Rapha est un hommage à l’apéritif Saint-Raphaël.

8. Le mot banlieue désigne une zone juridictionnelle.

9. Le plus gros cartel mexicain dispose d’une flotte aérienne plus grosse que la première compagnie aérienne mexicaine.

10. C’est le développement du chemin de fer qui força les pays à unifier leurs fuseaux horaires.