Disney va buter Netflix de manière facile

Cette vidéo est composée des 20 minutes qui vont vous faire gagner votre journée.

D’abord parce qu’elles sont pleines d’idées innovantes pour comprendre le monde dans lequel on vit. A l’heure du copier/coller et des articles insipides postés sur Medium, ça n’a pas de prix.

Ensuite parce qu’elles vous rappelleront à quel point Disney est une entreprise extraordinaire et pourquoi elle va buter Netflix d’un claquement de doigts.

Finalement parce qu’elles s’achèvent par une magistrale théorie du complot sur la stratégie des GAFA pour récupérer le chiffre d’affaire publicitaire de la TV.

Bref, à voir d’urgence.

S’il vous plait : commencez vos présentations PowerPoint par la fin

Je ne suis pas sûr d’avoir déjà ressenti une telle sensation de dégoût vis-à-vis d’un théoricien du marketing. Les cercles de Simon Sinek sont de mon point de vue trop simples – pour ne pas dire simplistes – pour être honnêtes. Ca marche dans trop peu de situation pour être une vraie théorie transversale (la plupart des gens qui utilisent ces outils sont d’ailleurs généralement simplistes). Citer du Steve Jobs pour raconter une mauvaise théorie ne permet pas d’en améliorer les qualités intrinsèques.

Ceci dit, depuis quelques mois à bosser dans la ad tech, il faut bien reconnaitre que les golden circles de Simon Sinek feraient du bien à bien des présentations powerpoint.

Au-delà d’une structure de slide qui doit s’efforcer de suivre la règle fact – findings – so what (la dernière partie donnant envie de passer à la diapositives précédentes), la théorie de Sinek s’applique merveilleusement aux gens qui pensent pouvoir tenir en haleine leur auditoire avec 80 slides d’introduction avant d’arriver à l’idée qu’ils cherchent à vendre.

Les cercles de Sinek mettent sur le tapis un impératif courtois à l’heure où tout passe par PowerPoint : commencez vos présentations par la fin.

Si votre audience ne sait pas où vous voulez en venir vous êtes non seulement foutus, mais vous allez donner du mauvais temps aux gens qui sont censés vous écouter mais qui ont déjà tous plongés leurs yeux dans leur smartphone.

Soyez polis, commencez vos présentations par le why.

La réalité algorithmique d’une gestion d’équipe créative

A force d’enchainer les appels d’offre, les projets, la vie de groupe, un équilibre se met en place dans les équipes – ne vous méprenez pas, je vais parler ici du département création chez Artefact.

Ce qui est intéressant dans une équipe, c’est la répartition des tâches qui se met en place. Si chaque agent d’un groupe est affublé d’un savoir-faire explicable par ses diplômes et ses expériences passées, la place qu’il prend dans un groupe peut se dispenser d’être orthogonale vis-à-vis de son savoir-faire. Dans une équipe, tout est contexte, tout est arbitraire. Aussi, il convient de composer dans un environnement E avec une somme d’agence S.

Il n’y a pas de mystère si les bons entraineurs sportifs sont de bons manageurs. Ces derniers – sans doute plus qu’en entreprise où la bienséance bride les coups d’éclats – savent construire des équilibres arbitraires dans un environnement E avec une somme d’agence S.

Naturellement, en sport comme en entreprise (ce début de phrase commence si mal), il convient de marquer des buts. Aussi, l’organisation des agents est au service de la personne la plus susceptible de scorer : dans notre cas les créatifs (puisque nous souhaitons être identifiés sur le marché pour notre *data-créativité*).

Le profil même des créatifs guide l’organisation de l’équipe. Certains sont bons en contre-attaque, d’autres en coups de pied arrêtés, encore d’autres en jeu dans les airs. La formation de l’équipe doit s’adapter au savoir-faire des créatifs.

En dézoomant un peu, l’équipe doit elle même choisir la bonne ligue sur laquelle opérer pour maximiser ses chances de victoire. Toutes les compétitions ne se valent pas, toutes les batailles ne méritent pas d’être menées.

Bref, tout ça pour dire qu’il n’y a sans doute rien de moins scientifique que l’alchimie d’une équipe, a fortiori dans l’industrie créative. C’est ce qui en fait le charme, c’est ce en quoi les machines ne pourront jamais au mieux que nous aider.

Les bouffons d’entreprise sont nos amis pour la vie

En 10 ans de travail, on en croise des collègues ! Des grands des petits des forts des mauvais des bizarres.

La culture d’entreprise des agences ne favorisant pas les process de peur qu’ils brident la créativité, les salariés sont invités à donner libre cours à leur personnalité, de manière plus ou moins heureuse. Parce que qui dit liberté dit angoisse, cf ce tweet :

L’absence de barrière sur le *terrain de jeu* des agences produit 90% de salariés agglutinées dans la norme, et 10% aux marges. Pour des entreprises dont la promesse est la créativité, c’est un problème.

Ce court billet rend donc hommage au courage des 10% de personnes qui ne sont pas dans la norme, aux misfits comme disait Apple lors de sa campagne signant le retour de Steve Jobs en 1996 (de l’art d’admettre que les campagnes sont des exercices d’ego managériaux). Ce sont ces gens qui font bouger les lignes en interrogeant la norme. Sans leur reflet déformé, les 90% ne se rendrait pas compte de leur normalité.

Les 10% permettent dès lors de comprendre les névroses d’une organisation. En effet, d’une entreprise à l’autre, les 10% ne sont pas les mêmes personnes. Tantôt des femmes dans les boites machistes, tantôt des vieux dans les boites jeunistes, tantôt des reconvertis dans les boites diplômistes.

En remuant les manies d’une organisation, les 10% jouent le même rôle que celui des bouffons dans les cours royales : sous couvert de distraction, ils mettent à jour les faiblesses humaines.

En 10 ans de boites, je me rends compte qu’on ne comprend jamais aussi vite le mode opératoire d’une entreprise qu’en compagnie des 10%. Il faut les repérer, leur parler, les aimer, ce sont des catalyseurs.

Non seulement ils font gagner du temps dans notre compréhension des entreprises, mais ils interrogent perpétuellement notre manière de travailler.

Les bouffons sont nos coachs.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #342

1. Selon le site Pornhub, en 2016, Beurette est la recherche la plus populaire en matière de porno français.

2. La genèse de la promesse marketing de Febreze.

3. A propos de la localisation de la maison de Radio France. Source Le Monde.

4. Le syndrome de Lima est le contraire du syndrome de Stockholm : lorsque qu’un ravisseur éprouve de l’empathie, ou même une relation fraternelle avec son ou ses otages, voire des sentiments amoureux. Merci Mustapha

5. Au sujet du retour des salles de méditation dans les espaces marchands. Source Le Monde.

6. Plein de trucs intéressants sur ce bon man.

7. Jacques Brel n’est que le 3e chanteur belge en termes de ventes de disques, derrière Salvatore Adamo (plus de 100 millions d’albums) et Frédéric François (40 millions).

8. Le sommeil placebo : se convaincre qu’on a bien dormi améliore réellement ses performances.

9. Selon la FAO, 75 % des aliments de la planète proviennent de 12 espèces végétales et cinq animales.

10. Netscape reste l’entreprise ayant connu la plus forte croissance de l’histoire de l’économie mondiale.