Les marques doivent arrêter de tutoyer

A la manière de nombreux Français, je fais mon possible pour réduire mon impact carbone en achetant occasionnellement des produits de seconde main. 

Je suis à ce titre un utilisateur chevronné des plateformes de vente entre particuliers ou de reconditionnement.

Sans être particulièrement agressif, c’est ce mail de Vinted qui m’a fait tiquer. 

Qu’ai-je mérité pour qu’on me tutoie ?

Il ne s’agit ici nullement de régler mes comptes avec une plateforme avec qui j’ai eu plusieurs fois des problèmes de vendeurs arnaqueurs (on comprend toute la faiblesse du modèle économique de la plateforme dans ce genre de situation puisqu’elle n’a aucune responsabilité) mais de se parler de politesse.

Je me demande où est-ce qu’on a pu apprendre à des gens qu’en langue française, on tutoyait des inconnus. Ce n’est pas parce que je suis client que je suis votre ami. A-t-on déjà vu une hôtesse de caisse tutoyer un client durant un achat ? Bizarrement, quand je cherchais à joindre le service client il y avait beaucoup moins de convivialité.

Alors que les publicitaires font partie des professions inspirant le moins confiance, que la majorité des Français juge excessive la quantité de publicités diffusées, tout particulièrement sur le web, je ne vois pas comment une marque peut installer un climat de confiance en parlant à ses clients comme à des valets de ferme. Ce n’est pas cool. C’est impoli.

Dans le monde d’après, essayons de respecter notre profession.

Ou a minima, proposons aux clients d’être tutoyés mais ne l’imposons pas.

Cette étude Digimind sur les changements de comportements advenus en 2020 est solide

Un client m’a fait découvrir cette étude de Digimind sur le monde d’après (dont voici le lien de téléchargement).

Je ne m’attendais pas à autant de densité et autant de qualité analytique, sans pour autant crouler sous la donnée (les entreprises de données sociales ayant cette mauvaise manie de facturer à la quantité plutôt qu’à la qualité).

On y trouve beaucoup de matière sur le désir de profiter de cette année pas comme les autres pour changer, voire pérenniser de nombreuses comportements adoptés cette année. Plus quelques pépites :

  • 19% des Français ont acheté à manger en ligne pour la première fois cette année. C’est presque 13 millions d’individus.
  • 16% ont pris des cours de sport en ligne, soit 10M de personnes.
  • 11% ont découvert la SVOD, soit 8M d’individus.
  • Depuis le premier confinement 70% des marques ont modifié ou annulé leurs prises de parole.
  • Parmi les marques de restaurant, McDo a une part de voix de 75% pendant le confinement.
  • Les ventes de puzzle ont augmenté de 122% en mars 2020 par rapport à l’année d’avant.
  • La part de voix de Zoom atteint 79% des conversations sur les outils collaboratifs (alors que je n’avais jamais entendu parler de cet outil avant mars).
  • Amazon Prime dispose d’une part de voix beaucoup plus grosse que ce que je ne pensais. Leur prééminence leur permet de distribuer absolument n’importe quoi, tout le monde devrait trembler.
  • L’avènement de TikTok.
  • Carrefour est la 2e marque la plus citée pendant le confinement, derrière Netflix, devant McDo, TikTok et Amazon.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #443

1. Les Bretons ont un mot pour désigner la couleur bleu-gris de l’océan qui n’existe pas en français : le glas.

2. Guy Debord a inventé un jeu de société : le jeu de la guerre.

3. On mange historiquement des galettes de sarrasin dans la Manche, le Domfrontais, le bocage virois, le Limousin (les « galetous »), l’Auvergne (les « bourriols »), la Sologne, le Lyonnais ou le pays de Foix.

4. Les grasses matinées du week-end dérégleraient l’horloge biologique, au risque de déprimer le dimanche soir.

5. Lévi-Strauss avait distingué deux types de cuisine : l’endocuisine, faite pour soi ou ses proches, et l’exocuisine, celle qu’on prépare à des invités. Merci Alice

6. Le rapport à la marche incarne notre rapport au risque.

  • En 2007, le jeune Ed Thomas avait le droit, à 8 ans, d’aller seul au bout de sa rue à moins de 300 m de sa maison ;
  • sa mère Vicky avait, en 1979, le droit d’aller seule à la piscine à 800 m de chez elle ;
  • son grand-père Jack pouvait, en 1950, aller au bois à plus d’1,5 km de chez lui ;
  • son arrière-grand-père George en 1919 était autorisé à aller pêcher à près de 10 km de chez lui.

7. Le plus long mot palindrome de la langue française est ressasser. Institutionnalisation est le plus long lipogramme en « e » (il ne comporte aucun e). L’anagramme de « guérison » est « soigneur » C’est-à-dire que le mot comprend les mêmes lettres. « Endolori » est l’anagramme de son antonyme « indolore », ce qui est paradoxal. « Squelette » est le seul mot masculin qui se finit en « ette ». « Où » est le seul mot contenant un « u » avec un accent grave. Il a aussi une touche de clavier à lui tout seul ! Le mot « simple » ne rime avec aucun autre mot. Tout comme « triomphe », « quatorze », « quinze », « pauvre », « meurtre , « monstre », « belge », « goinfre » ou « larve ». « Délice », « amour » et « orgue » ont la particularité d’être de genre masculin et deviennent féminin à la forme plurielle. Toutefois, peu sont ceux qui acceptent l’amour au pluriel. « Oiseaux » est, avec 7 lettres, le plus long mot dont on ne prononce aucune des lettres : [o], [i], [s], [e], [a], [u], [x] . « oiseau » est aussi le plus petit mot de langue française contenant toutes les voyelles. Un grand merci à Melchior

8. Le problème informatique Scunthorp.

9. Le célèbre architecte afro américain Paul R Williams dessinait ses croquis à l’envers car ses clients ne voulaient pas s’assoir à côté de lui.

10. L’histoire d’un kidnappeur d’enfant de milliardaire qui finit par demander au même milliardaire des conseils d’investissements avec l’argent de la rançon.

La lutte des savoirs a remplacé la lutte des classes

Alors que certains parviennent à porter un regard analytique sur le phénomène des fake news, c’est au-dessus de mes forces. Je suis horrifié par ce phénomène.

J’ai trouvé cette analyse parue cette Libération intéressante.

La *lutte des savoirs* remplaçant la *lutte des classes*.

La masse ne souhaite plus renverser l’élite par le jeu démocratique en adhérant à une définition de la vérité commune. La masse lutte désormais par le jeu démocratique contre la vérité, sachant que cela peut déstabiliser l’élite.

C’est rigoureusement de cette manière que Trump et Bolsonaro ont été élu ou que le brexit a été voté.

Il est urgent de lutter contre le fossé massif qui se creuse entre les premiers de cordée et de corvée si nous souhaitons réussir à vivre ensemble. Si la vérité ne joue plus son rôle de logiciel commun à un peuple, je n’ai pas envie d’imaginer dans quel guêpier nous nous engageons.

Renault investit enfin sérieusement la question de la circularité

Ceux qui me connaissent savent mon goût pour l’industrie automobile. Je me suis occupé pendant des années de comptes auto. J’ai toujours aimé cela, c’est comme ça.

Cela explique ma sévérité vis-à-vis des initiatives aberrantes de l’industrie telles que le développement délirant des SUV (a fortiori quand ils sont hybrides rechargeables, une vaste hypocrisie).

Cela explique mon enthousiasme pour cette initiative Renault : reconvertir un site de production en site de reconditionnement. Toiletter les véhicules d’occasion pour mieux les revendre et les faire rouler plus longtemps, recycler ce qui est recyclable, y compris au sein des batteries électriques, requalifier les salariés.

Propriétaire d’un Renault Scénic 2006 et enfant de la génération Espace, j’ai toujours apprécié la capacité d’innovation hors-pair de Renault, la marque des *voitures à vivre*.

Se positionner sur le reconditionnement comme d’autres ont pu le faire avant eux en informatique (Apple le pionnier, suivi par toute la génération Backmarket licorne française la plus stylée) et aussi simple qu’intelligent.

Cela traduit une compréhension de l’époque, un respect des enjeux environnementaux et surtout : une vraie démarche de requalification des équipes.