Notre industrie est en pointe sur le télétravail ? Et si nous en faisions profiter tout le monde ?

Les porte-paroles de notre profession ne manquent jamais une occasion de rappeler que la communication est un outil de soutien de l’activité économique.

Je suis d’accord avec ce point, même si j’aimerais un jour – projet en cours – qu’on qualifie la nature de ce soutien : amélioration de l’activité économique, fléchage de l’activité vers de la transition numérique ou écologique…

Bref, j’aime les affaires mais je les préfère quand elles profitent à tous.

J’ai été agréablement surpris de constater que notre industrie était en pointe sur le télétravail :

Alors que notre rôle est structurellement au service des industries – nous reléguant à un impact de second rideau – pour une fois, nous sommes en première ligne.

Quelles pourraient être les impacts de la démocratisation du télétravail ?

Les études les plus raisonnables font état de leur ignorance :

The report concludes, however, that it was “unclear if this increase in average workday span represents a benefit or drawback to employee wellbeing”. The data did not show whether workers were choosing to work around their family, or if the increased hours were “overwork due to the lack of clear delineation between the office and home”.

Si le couperet n’est pas encore choisi son camp, peut-être que nous pouvons encore lui infléchir le destin, en faisant de la communication le secteur le plus en pointe sur les pratiques modernes du travail.

Je trouverais intéressant que pour une fois, plutôt que de se positionner en support sans âme du capital, nous nous donnions une mission sociétale sur la révolution des modes de production.

Mais pourquoi les partis politiques ne s’intéressent-ils pas aux désimpliqués ?

Je ne suis pas un immense lecteur de Libération. Je n’ai rien contre Laurent Joffrin. Je connais ses talents éditoriaux, sa présence médiatique, sa capacité à confronter ses points de vues à d’autres idées. 

Je n’ai pas été spécialement étonné par son ambition politique. Encore moins par son contenu – expliqué dans cet article – emblématique de l’époque :

  • volonté de réinvestir un courant jugé oublié – la social démocratie 
  • positionnement à côté des partis classiques
  • mélange de politiciens et de membres de la société civile 

Jusqu’ici cela ressemble à ce qui est sorti depuis quelques années. 

Là où j’ai tiqué, sans méchanceté aucune, c’est vis à vis du nom et donc de l’ambition de ce parti : engageons-nous.

Au-delà de se jouer des appareils classiques (dont l’influence est loin d’être terminée si l’on en croit les scrutins municipaux passés et régionaux à venir), cette appellation s’est dotée d’un but quasiment utopique.

Quand vous êtes sur un marché où votre pénétration baisse (même le vote présidentiel finira par passer sous la barre des 50% cumulés au premier tour) et où les citoyens considèrent les membres de la classe politique comme les professionnels les moins dignes de confiance, imaginer une marque dont l’ambition est d’inverser la tendance deux fois c’est ce que l’on appelle une face nord.     

Bizarrement, je me suis dit que le futur de la politique consisterait peut-être plutôt à imaginer un parti pour les désimpliqués. Pour ceux qui n’y croient plus. Pour ceux qui veulent participer sans s’engager. Pour ceux qui veulent participer en 3 clics. 

Cela me paraît plus facile de dramatiser l’implication politique plutôt que de la redramatiser. Si l’on s’étonne que la France se coupe en premiers de cordée/corvée c’est normal : les premiers de cordées sont ceux qui votent et les premiers de corvées sont ceux qui ne votent pas. Et il est naturel – en tout cas constitutionnellement – que le pays évoluent à mesure des votants. 

Aussi, je me demande qui fera le pari un jour d’un parti politique attaquant le marché par la simplicité plutôt que par la complication. 

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #434

1. L’île des Faisans au pays basque est dirigée par un vice-roi espagnol du 1er février au 31 juillet et par son homologue français du 1er août au 31 janvier.

2.Le Half Way to Hell Club était composé des ouvriers du Golden Gate Bridge tombé dans le filet de sécurité durant sa construction.

3.Suite à des tests menés sur l’impact du Nutriscore, une étude a révélé une hausse des ventes des produits marqués ‘A’ et ‘B’ et une baisse des achats de produits identifiés ‘C’, ‘D’ ou ‘E’.

4. 1 sportif sur 6 avant ses 18 ans a déjà été agressé sexuellement

5. Les céréales tiennent leur nom du dieu romain de l’agriculture Cérès.

6. Pédaler à 50 km/h en plein milieu d’un peloton d’un cycliste demande le même effort que de rouler à 13km/h sans peloton.

7. Chaque année, l’humanité héberge approximativement 56 milliards de sodomies.

8. Le logo 7 eleven est en capitales sauf sa dernière lettre pour des raisons essentiellement esthétiques.

9. La France s’appelle la France dans toutes les langues du monde sauf :

  • en hébreux où elle s’appelle Tzarfat en référence à une ville du Liban, sans raison explicable. De nombreux juifs d’ascendance française portaient le nom Tzarfati.
  • en maori où elle s’appelle Wiwi en référence à l’expression oui oui.

10. De but en blanc vient des militaires : il fait allusion à un tir d’artillerie direct et sans calcul, depuis la butte d’artillerie où était placé le canon, vers une cible désignée par le terme blanc.

La critique bienvenue et bienveillante de la collapsologie

Cet article parlant de l’ouvrage Le Pire n’est pas certain – Essai sur l’aveuglement catastrophiste de Catherine Larrère et Raphaël Larrère est un soulagement.

Décrire la collapsologie – qui a eu un impact massif dans ma vie et mon entourage – comme *un mouvement qui tend à dépolitiser l’écologie et à se renfermer dans l’inaction* est une joie.

Si je prends très au sérieux la convergence des faits énoncés – j’avais presque envie de dire anonnés – je me sentais en rupture de ban vis à vis du pessimisme collapso face aux réactions possibles.

Faire profession de foi de l’impuissance est une rhétorique moyenâgeuse, où les citoyens n’ont plus d’autres choix que d’accepter le destin. On se croirait avant avant le grand schisme protestant.

Bref, ce livre – que je vais m’empresser de lire – nous redonne espoir pour construire un monde carbone neutre plus juste et plus tolérant. Sans être taxé de négationniste ultra libéral.

Manager pour être dépassé : le lot de la séniorité est de se faire doubler

Je ne suis passé longtemps chez Ogilvy mais les quelques ouvrages écrit par ce publicitaire génial m’ont marqué. Au-delà d’un sens de la formule propre aux grands rédacteurs, Ogilvy était aussi un immense manager. Cette citation est une de mes préférées.

Je suis hanté par ma première vraie expérience désagréable du travail. Alors planneur chez Naked, nous étions mandatés sur un sujet grande conso, en collaboration avec l’agence de publicité référente.

En tant qu’agence de consultants externes, les agences de pub ou les agences médias nous mettaient souvent des bâtons dans les roues. Pourtant dans ce cas présent, nous n’avons pas seulement buté relationnellement. Je me suis fait dézingué de personne à personne par la patronne du planning stratégique. J’avais 23 ans. Elle une cinquantaine.

Nous devions aider cette agence de pub à intégrer tous les points de contact de *l’expérience de marque* autour d’une grosse idée ombrelle. A l’époque l’agence de pub peinait à dépasser une logique haut de funnel composé d’un 30 secondes et de quelques affiches alors que le client lui réclamait de la créativité, du digital, de la consistance tout le long du funnel.

La mission a fini par accoucher dans la douleur. J’en garde un mauvais souvenir mais ce n’est pas le sujet.

Cette phrase de David Ogilvy me tourne dans la tête car maintenant que je manage, je repense à cette planneuse et aux équipes qu’elle devait gérer à l’époque.

Comment manager les jeunes de cette manière ? Comment leur donner confiance ? Comment leur donner envie d’aller plus loin ? Comment leur donner envie de nous dépasser ? Comment a-t-elle pu créer l’adhésion ? En avait-elle après moi personnellement ?

Il ne faudrait jamais manager les gens autrement qu’en les invitant à nous dépasser, autrement ils finiront toujours par s’ennuyer, voir nous haïr.

Si on ne manage pas les équipes pour qu’elles deviennent des géantes, alors on restera toute sa vie une entreprise de nain.

C’est ce qui est arrivée à l’agence de la méchante planneuse.