Ce podcast sur l’inceste est d’une qualité exceptionnelle

Stupéfait par la libération de la parole au sujet de l’inceste suite à la sortie de l’ouvrage de Camille Kouchner que j’ai lu d’une traite, je me suis lancé dans l’écoute du podcast de Peut être une nuit, de Louis Media.

Ma femme m’en parlait depuis des semaines. Productrice de podcasts, elle essaie de me faire découvrir des émissions pour me transmettre sa passion.

C’est ce podcast sur l’inceste qui m’a fait basculer (comme 1 million de personnes en France).

De mon point de vue, cette série de 6 épisodes incarne l’essence du podcast natif (non dérivé d’une émission de radio).

Un point de vue fort (qu’on aime ou pas ce n’est pas le sujet).

Un traitement rigoureux (des preuves et de la science pas que des témoignages).

Une production de bonne qualité.

Ce podcast fait réfléchir à un niveau délirant, notamment sur la dimension anthropologique (voire éthologique) de l’inceste.

Je vous en recommande l’écoute.

La mode des chaises de campeurs en IDF est passionnante

L’autre super article de cet été dans Society, c’est celui sur les chaises de camping, en région parisienne. 

Ca parle du primat du fonctionnel, de la crise du mobilier urbain, du besoin de vivre ensemble.

L’incroyable évolution de la monétisation du marché de la musique

Parmi les phénomènes étonnants de notre époque : le rachat des droits musicaux par des fonds d’investissement.

Comme le signale un individu interviewé dans cet article :

Music is part of the fabric of society and investors have woken up to the fact that songs generate income in good times and bad.

Des fonds spécialisés s’intéressent aux catalogues, pour ce qu’ils représentent des sources immenses de revenus non exploités :

“With the advent of Spotify, 30 million records woke up and got a new life,”.

La raison, comme souvent, est technologique :

Mercuriadis argues that the rise of paid streaming subscriptions has made royalties linked to proven hits a far more valuable asset.

La réalité du marché du streaming, c’est qu’il est beaucoup plus facile de tracer les usages de la musique (concert, publicité, échantillonage, exploitations commerciales en tout genre).

Voici en environnement typique où la blockchain aurait de la valeur.

Ce que j’en retiens : les goûts musicaux s’archipellisent aussi, et ceux qui ont compris que les majors ne disposaient plus du monopole du bon goût ont un super coup à jouer.

Voici l’article au complet :

Cette année, je reparle français

Ma bonne résolution de cette année est de réduire au maximum l’usage des anglicismes. A l’écrit, à l’oral, en entreprise, à la maison.

Sauf situation impérieuse sans équivalent – ok, iPhone, lol, GRP, coming out – je vais adopter l’état d’esprit québécois, en résistant à l’impérialisme linguistique de son ex-colonie britannique de voisin.

Pourquoi ?

Par besoin ? Non.

Par snobisme ? Oui un peu.

Par curiosité ? Oui.

Depuis 5 ans environ je ré-écoute énormément de rap et je suis émerveillé par l’inventivité des artistes.

J’ai par ailleurs toujours eu un faible pour l’argot (ce qui sauve le chanteur Renaud), les régionalismes, les multiples détournements de la langue (sans être paradoxalement très fan de l’oulipisme ou des surréalistes qui maniait plus le fond que la forme de mon point de vue).

Cela ne sera pas un sacrifice de qualifier ma descendance de rejetons plutôt que de kids ou de concéder être à la bourre plutôt que de manquer de time.

J’ai l’impression que notre métier de communicant subit des influences convergentes qui réduisent l’importance du style langagier : primat de l’image (Instagram, réseaux sociaux, internet plus largement), importance du référencement (Google formate les écrits), internationalisation de l’expression marketing.

En reparlant français et en jouant de ses multiples registres, je souhaite reconditionner mon cerveau et redonner toute sa valeur au français de 2021, plus riche que jamais.

Faut il forcément vendre les campagnes en les présentant comme des solutions à des problèmes ?

Il y a quelques jours, mon ami Grégoire me partage ces deux schémas, produits par 2 sommités de la pub : Weigel et Caroll.

Hommages au schéma actanciel de nos cours de français en 5e, ces 2 méthodes de rédaction de recommandations pertinentes m’ont néanmoins frappé l’esprit.

Je ne m’étais jamais rendu compte à quel point le problème était central dans la production des raisonnements de notre industrie.

Il est évident que problématiser est une méthode éprouvée, qui aide à créer la tension nécessaire à garder l’attention d’un interlocuteur.

Pourtant.

Toute situation est-elle problématisable ?

Toute situation porte-t-elle en son sein un problème ?

Faut-il chercher un problème avant pour produire une campagne ?

Une campagne est-elle une solution ?

Faut-il forcément vendre nos campagnes comme des solutions à des problèmes ?

La première entreprise dans laquelle j’ai travaillé, Naked, se qualifiait de creative problem solvers.

S’il y a évidemment des situations marketing problématisables (l’âge moyen d’un acheteur automobile prend quasiment 1 an par an, les gens ne font plus confiance à certaines grandes marques historiques, un produit termine systématiquement au fond du placard…) nous ne devrions pas nous enfermer dans cette rhétorique.

Je suis certain que la plupart des grands cas créatifs primés ne sont pas vendus comme des solutions à des problèmes mais comme des opportunités créatives, des idées, des coups à jouer.

Je pense que réduire notre contribution à la résolution de problème est dommage.

  • Cela nous positionne en réaction plutôt qu’en pro-action (on appelle pas son plombier sans fuite).
  • Cela rend plus difficile la vente d’objets créatifs non identifiés.
  • Cela focalise notre contribution sur la stratégie plutôt que la création, alors que nous savons pas que donner trop d’importance à la stratégie est une aberration commerciale (vendre de la stratégie ne fait bosser que 10 planneurs alors vendre de la création fait bosser tout une agence).

Bref, je veux bien votre avis là-dessus.

Martin Weigel (W+K)

Jim Caroll (BBH)

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