La valeur de Netflix c’est sa solution ergonomique

C’est en lisant cet article sur le piratage de livre en Italie qu’on mesure la valeur d’un *Netflix* sur une industrie.

Le piratage des livres dans la péninsule est en effet énorme :

Quelque 300.000 actes de piratage par jour sont recensés, ce qui représente une perte de 528 millions d’euros pour le secteur de l’édition transalpine. Dans le détail, le manque à gagner est de 324 millions d’euros pour l’édition de romans et d’essais avec 29 millions d’exemplaires vendus en moins, 105 millions d’euros pour l’édition universitaire, avec 4 millions d’exemplaires non vendus, et 99 millions d’euros à l’édition professionnelle.

Cette situation dramatique apparaît comme le fruit de l’absence d’une alternative efficace.

J’espère qu’un jour, une autre personne qu’Amazon (un conglomérat d’éditeur ou autre) réussira à créer un Netflix de l’édition : tarif unique, générosité du catalogue, prédation du temps passé en loisir.

Peut-être que le coronavirus va faire du bien à la planète

Cet article est forcément un peu béni-oui-oui parce que ça vient de Challenges qui lui-même admire The Economist.

Mais par les temps qui courent, un peu d’optimisme ne fait pas de mal, même si à court-terme (les Etats les premiers) un vilain spectre de crise économique menace.

Le coronavirus pourrait ainsi cranter une acceptation plus systématique du télétravail en entreprise (à la manière de la grève et du vélo en Ile-de-France), réduire les voyages d’affaires (dommage pour l’industrie aérienne mais tant mieux pour les émissions de gaz à effet de serre) et participer de la relocalisation des industries.

La pertinence de considérer l’Europe comme un marché commun moins dépendant de l’ouest et de l’est est plus vraie que  jamais.

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Les briefs bizarres font de bonnes créations : McVities au UK

Malgré la forte probabilité de report des JO de Tokyo cet été, je trouve cette campagne pour McVities canon.

Sponsor officiel des athlètes britanniques pour les jeux olympiques, la marque note avec un humour typiquement anglais que les sportifs n’ont pas le droit de manger de biscuits…

J’ai hâte de voir les annonces relatives au report des jeux…

Les réflexions très modernes d’un danseur très moderne

Je n’ai pas pu poster d’article hier, je m’en excuse. Notre Lien Quotidien a pour objet de créer du lien avec la communauté, aussi, il me paraît essentiel de continuer à partager des trucs intéressants durant cette période de confinement.

Il y a quelques jours, je suis tombé avec plaisir sur l’interview de Germain Louvet (capture d’écran en bas du post) danseur étoile de l’opéra de Paris.

Il est rare d’entendre s’exprimer publiquement les danseurs, encore moins de sujets périphériques à leur profession. L’opposition médiatique des danseurs à la réforme des retraites a tendu la perche. Voici quelques extraits qui m’ont plu :

En annulant des spectacles, on n’embête pas grand monde à part nous-mêmes et une partie du public bourgeois qui vote Macron. 

Pas faux.

« Aujourd’hui, ça fait très peur de s’engager, car on est très vite catalogué. »

A méditer pour les partis politiques.

« J’ai une parole mitigée sur le libéralisme, mais je sais aussi que les outils pour communiquer, y compris pour critiquer les dérives du capitalisme, sont ceux du capitalisme », tranche-t-il.

Je peux difficilement dire le contraire en relayant des contenus de gauche via Google Chrome et Mac OS.

Mon intégrité est plus précieuse que mon image publique.

Superbe et soulageant. 

Voici l’article au complet :

Cambridge Analytics n’est rien d’autre qu’une agence digitale instrumentalisée

Voici un chouette article qui retranscrit une interview avec Christopher Wylie, le lanceur d’alerte de l’affaire Cambridge Analytics (une entreprise ayant vraisemblablement été instrumentalisée par les partisans de l’élections de Trump et du Brexit, excusez du peu).

J’aime la manière dont il défend le besoin impératif de régulation des nouvelles technologies :

Quand vous laissez une bande d’ingénieurs californiens, majoritairement des hommes blancs, créer un produit et l’appliquer à un pays qui a un passé de violences ethniques et religieuses, il se passe ce qui s’est passé en Birmanie.

Les codes de conduite pour les architectes ne se contentent pas de regarder à quel point un design est brillant : il leur impose de regarder des choses comme les flux d’air en cas d’incendie.

J’aime la manière dont il relate l’impossible neutralité des outils digitaux, imposant des garde-fous (qui n’existent pas encore) :

Le couteau que vous fabriquez peut être utilisé par un chef étoilé au Michelin ou pour agresser quelqu’un.

J’aime la manière dont il fait état de l’importance de l’information de qualité :

L’information de qualité est en général derrière un paywall, et la propagande est toujours gratuite.

J’aime la manière dont il fait état de l’immense facilité avec laquelle n’importe quel état ou entité peut reconstituer un Cambridge Analytics.

Si un bombardier russe survole la France pour larguer des tracts à la veille d’une élection, il y a de fortes chances que l’armée française lui tire dessus. Mais si exactement la même chose se produit dans le cyberespace, subitement plus personne ne sait comment réagir.

J’aime me dire qu’en tant qu’agence de marketing digital nous oeuvrons pour le financement de l’information de qualité et la croissance d’annonceurs éthiques.

Pourtant, le fait est que les outils, les méthodologies, les services que nous vendons peuvent parfaitement être utilisés à des fins négatives.

Plus que jamais, il est de notre devoir de marketer de veiller à construire un joli monde, pas un vilain monde.