Les qualités recherchées par les recruteurs du marketing sont organisationnelles

Il y a quelques jours, le site RegionsJob publiait son baromètre des postes mais surtout des compétences les plus recherchées par les recruteurs dans les métiers de la communication.

Les qualités les plus demandées sont d’abord d’être une force de proposition, puis d’avoir le sens du relationnel, de la créativité, de l’esprit d’analyse et de la qualité rédactionnelle.

Les qualités les plus précieuses ne sont donc pas créatives mais humaines :

  • Etre force de proposition c’est être proactif, prendre des initiatives, chercher à se débrouiller dans toutes les situations.
  • Avoir le sens du relationnel c’est savoir communiquer avec les clients et avec l’interne. On ne répète jamais assez que nos collègues sont nos premiers clients.

Au-delà de la créativité qui pointe en 3e position, les 4e et 5e qualités recherchées sont à nouveau liées à du savoir-être organisationnel.

Bien sûr, le gros des salariés de l’industrie de la communication est composé de chefs de projets (créatifs, prod ou commerciaux), ce qui explique la surreprésentation de ce besoin en compétences rationnelles.

Il n’empêche que cela explique aussi pourquoi les cabinets de conseil se taillent la part du lion sur les nouveaux sujets digitaux.

S’il y a des RH parmi les lecteurs, voici le top 10 détaillé :

La montée en puissance du son à l’heure du web sans interface

Il y a 2 ans, Mastercard annonçait un nouveau logo, sans texte.

La marque de service financier vient de faire un pas de plus en lançant une identité sonore, afin d’opérer une transition entre un branding très visuel et un branding très sonore, à l’heure du digital, de la voix, des interfaces sans écran :

Today, brands need to have a distinct, recognizable identity not just in packaging, stores, or billboards, but across digital ads, apps, and podcasts–and newest of all, in a growing number of screenless interfaces, like Amazon and Google voice assistants. Brands, once purely visual tools, are weaving their way into the world around us–including what we hear.

Voici donc l’identité en question, que je trouve par ailleurs sans grand intérêt :

Mais bon, la logique est implacable :

With voice shopping set to hit $40 billion by 2022, audio identities not only connect brands with consumers on a new dimension, they are tools enabling consumers to shop, live, and pay in an increasingly digital and mobile world.

Nos bons vieux jingles sont de retour.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #375

1.Rustine est une marque dont l’inventeur est Louis Rustin.

2. Mattel est une société américaine de jouets et jeux fondée en 1945 par Harold Matson et Elliot Handler, d’où le nom de l’entreprise : Mat+Ell = Mattel. C’est la femme d’Elliot Handler, Ruth Handler, qui créa Barbie (diminutif de leur fille Barbara).

3. Jean Prouvé a conçu des stations-services pour Total et des concessions automobiles Citroën.

4. Quand la perception d’efficacité d’une crème antiseptique Johnson & Johnson impose une petite douleur lors de son application. Merci Michael

5. L’origine de la mesure des pointures date du 18e siècle. En l’absence de système métrique, les cordonniers prirent pour base le point de Paris : 0,666 cm. Un pied chaussant du 42 est donc d’une taille de 42 x 0,666, soit 27,9 cm.

6. Personne ne sait pourquoi mais durant les guerres, il naît plus de garçons que de filles.

7. C’est Isaac Newton qui a inventé la chatière.

8. L’histoire honteuse du lobby automobile qui réussit dans les années 20 à rendre hors-la-loi les piétons traversant en dehors des passages cloutés.

9. Difficile d’en trouver des preuves écrites mais la marque de chaussures Christian Louboutin trouve sa genèse dans l’univers de l’érotisme libertin.

10. L’ennui est une sensation envoyée par le cerveau pour nous demander de la curiosité. Un peu comme des fourmis dans les jambes sanctionnent un besoin de mobilité.

Faut-il maintenir la convention collective quand les usages la rendent caduque?

Je ne sais plus quoi penser de l’anonymat en ligne.

Si la ligue du lol a montré qu’on pouvait harceler à découvert, la plupart des cas de harcèlement arrivent sous pseudonyme. Quand on sait par ailleurs que ces pseudonymes peuvent être tantôt opérés par des quidams comme par des instances supérieurement décidées à nuire à l’ordre public (cf. la fachosphère ou des groupes de trolls tels que 4chan il y a quelques années ou le forum 18-25 de jeuxvideo.com aujourd’hui), il y a de quoi s’interroger.

Au-delà des racines philosophiques libertaires issues de la Silicon Valley, l’anonymat trouve sa justification dans plusieurs facteurs :

  • la protection de la vie privée (personne ne semble encore avoir compris que les données nominales n’ont pas la moindre valeur en marketing, notamment grâce à l’excellent travail mené par la CNIL),
  • la liberté d’expression,
  • le coût économique de la levée de l’anonymat pour les petits acteurs du net (imaginez s’il fallait équiper tous les sites et blogs d’un système de log in pour laisser un commentaire)
  • le problème n’est pas l’anonymat mais le manque d’éducation des citoyens qui leur permet de devenir stupides
  • l’anonymat permet de protéger des victimes potentielles qui ont la possibilité de se planquer.
  • il donne la parole à des groupes qui n’osent pas se faire entendre

Comme le rappelle un chercheur du CNRS :

[l’anonymat] libère la parole de groupes marginalisés qui sans l’anonymat ou le pseudonymat seraient enclins à s’autocensurer. De ce point de vue, mettre fin à l’anonymat serait donc contre-productif, en plus d’être attentatoire aux libertés publiques. »

Ceux qui me connaissent savent ma non-obsession pour le concept de liberté, que je place avec l’égalité au second rang des valeurs de la République, loin derrière la fraternité (la sociologie nous dit les limites de la liberté et de l’inégalité qui sont des valeurs qui favorisent la reproduction sociale, donc le conservatisme).

Aujourd’hui, certains groupes qui s’auto-censureraient sans anonymat gagneraient peut-être à s’auto censurer. Aujourd’hui l’anonymat a créé la fachosphère, a créé les fake news, a créé Cambridge Analytica.

En soi l’anonymat est neutre. Le problème c’est la vie ne se passe in vitro mais in vivo. La réalité est triste : l’anonymat est instrumentalisé par le côté obscur de la force.

Quand on dézoome un instant et qu’on constate la montée des populismes dans le monde, je ne suis pas certain qu’Internet n’ait pas sa part de responsabilité.

Il y a bien des cas où l’anonymat est une chance, notamment pour ces fameux groupes marginalisés, lorsqu’ils souhaitent échanger ou se mobiliser. #MeToo ou #BalanceTonPorc n’aurait probablement pas existé sans anonymat. Il en va de même avec les questions de genre pour ceux qui ne se sentent pas cocher les cases tradi.

Mais bon au final,je me demande si l’anonymat ne fait pas plus de mal que de bien. L’anonymat c’est le harcèlement, c’est Breibart, c’est l’infausse.

Pringles entre directement dans le top 5 des pires marques crades

Il y a quelques jours, La Réclame publie une super interview de 10 créatifs listant leurs tendances créatives en matière de marketing. 

La voix fait partie de ce palmarès. Le film suivant est choisi pour l’illustrer : 

Ca fait longtemps que je n’étais pas tombé sur une stratégie marketing aussi crade. Pringles incite  les gens à combiner les Pringles en stacks afin d’en stimuler la consommation.

Ca rappelle la tentative de 4e repas de Taco Bell.

Je crois que si Satan était marketeur il ne s’y prendrait pas mieux pour faire grossir les humains afin qu’ils décèdent prématurément de problèmes cardiaques.