Das Sharing Kapital – économie de l’accès ou de la dépendance ?

Nous sommes dans l’économie de l’accès.
En tout cas, c’est ce qu’on prêche dans les directions stratégiques des grandes entreprises. Les exemples et bonnes pratiques ? Spotify, Autolib, Vélib, le cloud… On nous bassine avec le fait que les jeunes cherchent l’accès et non la propriété. Pourtant, cette économie de l’accès est davantage paupérisante ou devrais-je dire « dépendisante », une nouvelle forme de pauvreté aujourd’hui.
Dématérialisation et accélération de la centralisation des moyens d’accès.
A l’origine du web, les informations étaient disséminées sur les serveurs de chacun. On hébergeait son site perso, son domaine en free.fr. Puis le web a muté en Grand Minitel, comme l’explique si bien Benjamin Bayart.
Aujourd’hui, vos données sont sur les serveurs des GAFAM et des opérateurs. Et le cloud a encouragé cela. Toutes vos données mobile dans iCloud, vos documents sur Google Drive, vos e-mails… sont sur les serveurs d’une minorité de consortiums internationaux (mode conspirationnisme ON) qui possèdent une quantité de serveurs astronomiques.
Et c’est ce qui est en train de se passer avec votre vie offline. Vous louez votre appartement et ne possédez donc pas votre logement. L’accès à la propriété immobilière se réduisant comme peau de chagrin, on peut se dire que la propriété se concentre dans les mains d’une minorité qui ensuite « donne » (fournit) l’accès à une majorité : gestionnaires immobiliers, propriétaires fonciers… Tout comme lorsque vous jouez aux jeux vidéo, vos données et licences sont hébergées sur les serveurs de Sony et Microsoft, aujourd’hui, votre vélo et votre voiture sont « stockées » chez Autolib ou Vélib.
Imaginons que demain, la tendance actuelle se développe et qu’on se retrouve avec 30% du parc automobile français possédé par Autolib. Son pouvoir deviendrait écrasant et nous serions soumis à la moindre de ses décisions, hausse de prix, changement de ses conditions de vente… De même, si demain, Apple, Microsoft, Orange, YouTube, Twitter, Facebook… décidaient de fermer leurs services ou de tous nous faire payer 10 euros de plus par mois, que pourrions-nous réellement faire ?
Autant le XXème siècle avait été une période de réduction des inégalités en grande partie grâce à la propriété accessible (voiture, logement…), autant aujourd’hui, cette société «à la carte » redonne une puissance inégalée aux entreprises et individus qui possèdent le CAPITAL nécessaire à l’accès.
Regardons de qui vient le message « la valeur n’est plus dans la propriété, elle est dans l’accès » et vérifions qu’elle ne vient pas des plus grands propriétaires. Si je donne de la valeur à ce qui n’en a pas, je me pose en « créateur de la liberté ».
On peut même se dire qu’aujourd’hui, le modèle de flexibilité porté aux nues a pour conséquence que l’on ne possède plus d’emploi : tous freelance, tous entrepreneurs de nos vies. Pourtant la propriété et le CDI sont de + en + indispensables aujourd’hui. Pour avoir un prêt de la banque et acheter, bien sûr, mais même pour louer un simple studio.
L’analyse marxiste n’est pas si loin de nous et ce n’est pas Natixis qui va nous contredire.

The good loop invente la SSP consciente

J’aime beaucoup cette idée partagée par Benoit.

The Good Loop est un réseau publicitaire (un SSP pour être précis) socialement engagé.

Son principe est simple :

  1. Se maquer avec des éditeurs sensibles à la cause.
  2. Faire apparaitre des publicités avec un opt-in (les gens doivent demander à voir la pub quand ils voient le macaron good loop)
  3. Inviter les gens à reverser une partie de l’argent payée par l’annonceur à une grande cause

good loop how it works.png

Alors oui il est sans doute ambitieux de demander aux gens de regarder volontairement de la publicité mais ce genre d’initiative est trop rare pour ne pas être chaudement applaudie.

Ne perdons pas de vue que les consommateurs veulent des marques qui font sens. Aujourd’hui 90% des marques sont une gêne, raison pour laquelle les gens évitent la pub. Peut-être que si les marques racontaient quelque chose d’intéressant ET bénéfique pour la société les gens joueraient le jeu.

Ne perdons pas de vue BIS que les opt-in de personnes sensibles aux grandes causes récoltés via the Good Loop sont également monétisables.

Tout est data.

Donc bravo.

👏👏👏

Le pouvoir des consommateurs : un plébiscite de l’intelligence

Nous avons beau penser vivre dans un monde en proie aux affres conjugués de la mondialisation et des hand spinners, l’affaire Hanouna (faisant écho à  celle de Youtube il y a quelques semaines) nous rappelle que les marques jouissent du pouvoir de cautionner/refuser certaines visions du monde.

Il y aura toujours des réactionnaires pour nous raconter que les annonceurs ne devraient jamais outrepasser leurs USP (je pense notamment à Ad contrarian, le Zemmour de la pub). En attendant, la réaction des annonceurs vis-à-vis des interpellations d’internautes n’a pas (trop) tardé et c’est tant mieux.

Je ne sais pas si le tweet de Sylvain Chazot est celui par lequel tout a commencé mais en tout cas bravo, voici un joli exemple de démocratie en marche.

Cette affaire soulève des tonnes de question vis-à-vis de ce qu’on appelait autrefois (aka. à une époque où l’avis d’un cadre de TF1 pesait, lol) *la course à l’audience*.

Le cas Hanouna ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt de la pauvreté éditoriale.

Les producteurs de contenus ne devraient jamais perdre de vue que le nombre de clics ou de vues ne justifient pas tous les compromis avec l’intégrité.

Cette remarque vaut pour les marques, devenues des médias depuis l’avènement des réseaux sociaux.

Les marques inspirantes essaient de tirer les gens vers le haut, pas vers le bas.

Les marques intelligentes créent de la confiance, pas de la peur.

Les marques qui pèsent n’ont pas un programme de repli mais d’ouverture.

Ca vous rappelle quelque chose?

Le mobile est désormais un device de « haut de parcours »

Durant quelques mois, Google a confié à 1000 utilisateurs un smartphone en leur demandant de consigner leurs usages.

Parmi les nombreux résultats de cette étude, un des plus frappants tient dans la réalité du mobile à être désormais également utilisé en début de parcours : pour découvrir une catégorie, explorer, rechercher.

Le smartphone s’est imposé il y a quelques années comme le média du dernier clic. Il est aujourd’hui aussi celui des premiers clics.

De fait, il est devenu le device par défaut d’accès aux informations : le plus naturel, le plus facile d’accès, le plus universel.

D’où l’importance honteuse de se rappeler l’urgence de proposer des expériences mobiles de qualité. Les directeurs marketing y jouent leur carrière. Ce n’est pas plus compliqué que ça.

Un jour il y aura des copywriters spécialisés dans les notifications mobiles

Je ne suis pas un grand fan de Tom Goodwin même s’il faut lui reconnaitre un certain talent de storyteller, notamment lorsqu’il convoque des épisodes historiques (mon petit faible) pour mettre le présent en perspective.

Autour de la 14e minute, il résume le point de bascule formidable que le mobile est en train d’apporter dans le marketing.

D’un côté le média le plus puissant et intime de l’histoire. De l’autre des services dont la valeur se construit de plus en plus sur l’intelligence contextuelle. Ca n’a l’air de rien comme cela mais c’est bien des notifications mobiles dont on se parle, dont la vision du monde n’a rien à envier au shift tant aimé de Facebook from search to discovery.

Plus le temps passe et plus les notifications deviennent personnalisées, contextuelles, voire riches (le dernier iOS propose des notifications avec image ou d’autres dans lesquelles on peut directement interagir).

Bref, des boites comme Batch sont en train d’inventer le turfu pendant que tu réfléchis à ton packshot.