Le pouvoir des consommateurs : un plébiscite de l’intelligence

Nous avons beau penser vivre dans un monde en proie aux affres conjugués de la mondialisation et des hand spinners, l’affaire Hanouna (faisant écho à  celle de Youtube il y a quelques semaines) nous rappelle que les marques jouissent du pouvoir de cautionner/refuser certaines visions du monde.

Il y aura toujours des réactionnaires pour nous raconter que les annonceurs ne devraient jamais outrepasser leurs USP (je pense notamment à Ad contrarian, le Zemmour de la pub). En attendant, la réaction des annonceurs vis-à-vis des interpellations d’internautes n’a pas (trop) tardé et c’est tant mieux.

Je ne sais pas si le tweet de Sylvain Chazot est celui par lequel tout a commencé mais en tout cas bravo, voici un joli exemple de démocratie en marche.

Cette affaire soulève des tonnes de question vis-à-vis de ce qu’on appelait autrefois (aka. à une époque où l’avis d’un cadre de TF1 pesait, lol) *la course à l’audience*.

Le cas Hanouna ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt de la pauvreté éditoriale.

Les producteurs de contenus ne devraient jamais perdre de vue que le nombre de clics ou de vues ne justifient pas tous les compromis avec l’intégrité.

Cette remarque vaut pour les marques, devenues des médias depuis l’avènement des réseaux sociaux.

Les marques inspirantes essaient de tirer les gens vers le haut, pas vers le bas.

Les marques intelligentes créent de la confiance, pas de la peur.

Les marques qui pèsent n’ont pas un programme de repli mais d’ouverture.

Ca vous rappelle quelque chose?

Le mobile est désormais un device de « haut de parcours »

Durant quelques mois, Google a confié à 1000 utilisateurs un smartphone en leur demandant de consigner leurs usages.

Parmi les nombreux résultats de cette étude, un des plus frappants tient dans la réalité du mobile à être désormais également utilisé en début de parcours : pour découvrir une catégorie, explorer, rechercher.

Le smartphone s’est imposé il y a quelques années comme le média du dernier clic. Il est aujourd’hui aussi celui des premiers clics.

De fait, il est devenu le device par défaut d’accès aux informations : le plus naturel, le plus facile d’accès, le plus universel.

D’où l’importance honteuse de se rappeler l’urgence de proposer des expériences mobiles de qualité. Les directeurs marketing y jouent leur carrière. Ce n’est pas plus compliqué que ça.

Un jour il y aura des copywriters spécialisés dans les notifications mobiles

Je ne suis pas un grand fan de Tom Goodwin même s’il faut lui reconnaitre un certain talent de storyteller, notamment lorsqu’il convoque des épisodes historiques (mon petit faible) pour mettre le présent en perspective.

Autour de la 14e minute, il résume le point de bascule formidable que le mobile est en train d’apporter dans le marketing.

D’un côté le média le plus puissant et intime de l’histoire. De l’autre des services dont la valeur se construit de plus en plus sur l’intelligence contextuelle. Ca n’a l’air de rien comme cela mais c’est bien des notifications mobiles dont on se parle, dont la vision du monde n’a rien à envier au shift tant aimé de Facebook from search to discovery.

Plus le temps passe et plus les notifications deviennent personnalisées, contextuelles, voire riches (le dernier iOS propose des notifications avec image ou d’autres dans lesquelles on peut directement interagir).

Bref, des boites comme Batch sont en train d’inventer le turfu pendant que tu réfléchis à ton packshot.

La pub contextuelle de Google Translate pendant l’Euro 2016 est la seule qu’on remarque…

… au milieu de ces fournisseurs d’énergie issus d’ex républiques soviétiques, ces marques de pneus improbables et autres messages cachés pour de la bière, seuls les films Google diffusés à la mi-temps des matchs émergent.

Pas de chance, ils sont impossibles à trouver en ligne – ironie du sort.

On y voit des gens chercher avec Google Translate un mot d’encouragement d’une des 2 équipes en train de jouer. Difficile de dire si les messages sont véritablement contextualisés en fonction du score mais la pertinence de Google ne saurait être mieux mise en scène que dans ce qu’ils appellent avec fierté les micro-moments.

Bref, comme souvent, il y a toujours de la place pour les marques qui ont quelque chose à dire.

Les emojis sont-ils les nouveaux hashtags?

emojis

A l’occasion du emoji day du 17 juillet, Twitter lance un nouveau format publicitaire : le ciblage par emoji.

Les annonceurs pourront donc toucher les gens qui communiquent avec des emojis : en fonction d’humeurs (bonne, mauvaise, rigolarde…), de centres d’intérêts (animaux, sports, cuisine…) ou d’autres signes abstraits constituant autant de renseignements au sujet de potentiels prospects.

La conséquence directe de cette initiative – du moins si Twitter jouit encore de l’influence nécessaire pour faire bouger le marché – c’est que les annonceurs vont développer de nouveaux émojis pour inciter les communautés d’intérêts à se manifester.

L’emoji va-t-il remplacer le hashtag et le ciblage conversationnel?