En France, la jeunesse est sacrifiée au bénéfice des séniors

En France et dans les pays occidentaux, la population vieillit.

Naturellement, quand un homme politique veut être élu, il réfléchit à sa stratégie électorale et segmente sa population cible. De fait, un programme électoral est composé de réponses apportées aux préoccupations d’une ou plusieurs populations cibles. Dans le marketing, c’est ce qu’on appelle *mettre le consommateur au centre*.

C’est ce qui explique pourquoi cette élection 2017 se joue sur des thèmes aussi sénior-centric que la sécurité, la fiscalité, l’identité nationale, vaguement le chômage. Que personne ne touche aux retraites de ces vieux enfoirés qui se sont gavés pendant les 30 glorieuses tout en continuant à nous faire les poches au nom d’un régime imaginé en pleine euphorie économique.

Des sujets dont une population sacrifiée sur l’autel du marketing politique se tape totalement : les jeunes.

1/4 des moins de 25 ans sont au chômage. Les jeunes français sont dépressifs. Ca fait des années que ça dure. Les dernières mesures visant à booster la jeunesse ont été boutées par des sorbonnards en 2006.

Plus personne ne s’intéresse aux jeunes.

C’est une situation poule et oeuf.

Est-ce parce que plus personne ne s’intéresse à eux que les jeunes votent moins? Ou l’inverse? Vous l’avez deviné, je crois à la première hypothèse.

Gagner le coeur des séniors est tellement suffisant pour gagner les élections que leurs préoccupations égoïstes éclipsent tous les autres.

La question à moyen long terme que ça pose : quel type de génération va grandir en France dans ces conditions?

Faut-il vraiment s’étonner si les jeunes diplômés quittent la France et les jeunes prolo la fracassent?

Faut-il être surpris de la déliquescence de la solidarité et de la montée des extrêmes face à tel mépris?

Si les séniors montraient l’exemple en protégeant les plus faibles pour garantir à leurs descendances des conditions d’existence décentes, nous n’en serions probablement pas là.

A tous les séniors : faites votre boulot si vous voulez éviter de finir sur un bûcher.

La vraie menace de l’IA, c’est sa stupidité

On a aimé cet article de Motherboard déniché dans l’excellente newsletter Warped : The Real Threat Is Machine Incompetence, Not Intelligence.

Les progrès des capacités de calcul, la hype autour de l’IA et notre imagination ont tendance à nous figurer des ordinateurs doués d’une intelligence proche voire supérieure de celle des humains (cf. Musk ou Hawking qui signent des trucs pour prémunir l’humanité de sa destruction par les machines).

En vérité comme le prédit le chercheur Alan Bundy, nous avons bien plus de chance d’être confronté à des IA stupides que brillantes.

D’abord parce qu’on met des IA à toutes les sauces, y compris dans un chatbot par exemple, alors qu’en l’état actuel il s’agit essentiellement d’un script informatique basique (idem pour les correcteurs orthographiques comme me le faisait remarquer Neil).

Ensuite parce qu’une IA reste un programme informatique, même très complexe. Donc il peut répondre à des questions simples mais ne peut en aucun participer à des conversations complexes, faire de l’esprit ou rebondir sur une remarque.

Finalement parce que nos attentes vis-à-vis des IA vont probablement augmenter plus vite qu’elles, donc créer une frustration permanente.

Attendons-nous à un retour en force de l’humanité dans les années qui viennent.

Pourquoi il ne faut pas confondre une idée et une personne qui a une idée

Par rapport à mon post d’hier, un collègue, dont je tairai le nom, me demande pourquoi je n’ai pas inséré les insights dans la taxonomie des individus dans les métiers du marketing.

Excellente question. Merci Vincent.

Après tout, la définition d’un insight est si fumeuse qu’on ne peut en vouloir à personne de ne pas réussir à en produire une définition stable et appréciée.

Je vais néanmoins m’y aventurer. Je ne suis pas mieux que les autres.

Pour moi, l’insight n’est ni plus ni moins que ce qu’il désigne littéralement, c’est à dire un regard de l’intérieur, donc *le monde regardé depuis le point de vue des gens*.

L’insight acte une notion qu’on aime – comme la plupart des mots-valise allemands : le weltanschauung, aka. une conception du monde. Un insight, c’est une situation restituée par un individu.

De fait, puisqu’un insight c’est l’équation d’un regard individuel et d’une situation, il y a autant d’insights que de situations x personnes.

Naturellement, il y a asymétrie sur le marché de l’info. Donc certains insights sont :

De fait, l’insight s’oppose à tout concept de vérité. C’est une croyance, verbalisée ou non, individuelle ou non, sous-tendant nos comportements.

Bref. Un insight c’est une pensée, pas une personne.

Les personnes ont des insights. Certains insights peuvent parfois qualifier un groupe de personne (les gluten free par exemple).

Mais les deux notions sont différentes.

#bisous

Il pensait avoir défini une persona, vous n’imaginez pas ce qu’il a découvert à la place

Il y a quelques semaines, j’ai posté cet extrait d’une formation interne. Elle a généré pas mal de réactions.

Je me suis dit que j’allais essayer de démystifier quelque chose qui a historiquement le don de me gonfler : les amalgames.

La bonne nouvelle, c’est qu’on doit être 4 dans le monde à être gênés par cet amalgame, donc cette note ne devrait pas attirer de trolls.

Le point en question : la différence entre un cluster, un segment, une persona, une cible et une audience. Voici mon humble vision des choses, toute remarque est la bienvenue :

cible-persona-audience-segment

Le marché peine déjà à unifier ses méthodes de travail, je propose que nous arrêtions de créer des fausses différences via du jargon pour tenter mutuellement de se duper sur nos prétendues expertises.

A la fin de la journée : une étude usages & attitudes inspirer des segments marketing ou des persona, ces derniers inspirant des cibles et/ou un score CRM.

Faisons la paix.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #293

1.Les Golden Goose Awards récompensent les scientifiques dont les projets de recherche initialement considérés comme fantaisistes ont débouché sur des découvertes énormes.

2. Le CRM n’existe que depuis 1981, Selfridges a lancé les toilettes dans les grands magasins, les caméras de surveillance datent de l’époque où les Allemands testaient les fusées V2… + 100 autres anecdotes historiques sur le retail. Merci Etienne

3. Les hôtesses de l’air gardent toujours leurs mains dans le dos pour signifier qu’elles ne souhaitent pas être touchées + pour compter discrètement le nombre de personnes qui montent à bord. Merci Victor

4. Le motif Vichy ne vient pas de Vichy mais de Bretagne (cf. son nom britannique gingham qui viendrait de Guingamp, façon denim et Nîmes). Merci Ivan

5. La cave à vin planquée sous le pont de Brooklyn, imaginée pour transformer une dépense en centre de profits.

6. La perche à selfie fait une apparition furtive dans un film de science-fiction tchécoslovaque en 1969. Merci Alexandre

7. La plupart du temps, ce qu’on appelle déodorant est en réalité de l’anti-transpiration. Bien utilisé, il est censé être appliqué avant d’aller se coucher pour durer 24h.

8. Cette époque où il était stylé d’utiliser des toiles d’araignées pour encadrer son portrait.

9. L’Empire State building génère plus de revenus par le tourisme de sa terrasse que par l’intégralité de ses locataires.

10. Le premier ministre black de l’histoire de la république française s’appelait Severiano de Heredia.