La data est un medium

La différence entre un média et un médium est la même qu’entre la peinture et un peintre. D’un côté on parle du mode d’expression, de l’autre de la personne – physique ou morale – qui s’exprime.

La data est un medium.

Elle est une matière première exploitable pour le meilleur (information, compréhension, découverte…) et pour le pire (fake news, intox, retargeting).

D’un point de vue marketing, on peut transformer la data en dispositif à la performance comme en campagne de marque, indistinctement.

On peut être créatif à base de data. N’importe quel planneur aurait du mal à vous dire le contraire.

Cet article de David Golding publié dans Campaign est dramatique. Il prédit une division de l’industrie publicitaire entre deux types d’acteurs : les créateurs de culture et les fournisseurs de performance.

Au-delà d’une lecture marché simpliste, cette lecture minimale des potentiels offerts par la data sacre un constat pénible : la créativité n’appartient plus aux agences créatives.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #303

1.Les parcours de golf ont 18 trous car le premier parcours de St Andrews était composé de 9 trous à jouer aller et retour.

2. Pour inciter les commerçants à utiliser leur caisse enregistreuse – et lutter contre le paiement non déclaré – le gouvernement taiwanais a créé une loterie au dos des tickets de caisse.

3. Les phone romeos indiens passent leur vie à composer de faux numéros en espérant trouver une personne dont ils tomberont amoureux.

4. Ulysse 31 ou la réplique de l’Europe face à l’invasion de dessins animés japonais low-cost des années 70/80.

5. Le rolling coal est une pratique consistant à modifier son moteur pour l’entrainer à rejeter encore plus de carbone dans l’air pour moquer les défenseurs du réchauffement climatique.

6. Pourquoi autant de personnages sont jaunes dans les dessins animés? Pour des raisons de correspondances et de théorie des couleurs.

7. Le Kulning est un chant scandinave pour appeler le bétail.

8. Stan Lee touche 1 million de dollars par an de la part de Marvel « for just being Stan Lee ».

9. A 10’20 : l’expression sabotage vient de la révolte des Canuts à Lyon (un des premiers cas de révolte contre les machines) : ils jetaient leurs sabots contre les métiers à tisser.

10. La marque de fringues IKKS tient son nom de l’impossibilité de déposer la marque X à l’INPI.

Le démon de Laplace est une super métaphore de l’intelligence artificielle

Dégotée hier lors d’une conversation animée, l’expérience de pensée dite du Démon de Laplace illustre parfaitement la vision animant les enthousiastes de l’intelligence artificielle.

« Une intelligence qui, à un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, si d’ailleurs elle était suffisamment vaste pour soumettre ces données à l’analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’univers et ceux du plus léger atome ; rien ne serait incertain pour elle, et l’avenir, comme le passé, serait présent à ses yeux. »

La quantité de données produite par les milliards de produits connectés au web (aujourd’hui ordinateur et smartphones, demain objets, voitures, maisons…) va produire une telle quantité de donnée que des super-calculateurs pourront à tout moment « connaitre toutes les forces dont la nature est animée ».

Donc en déduire le futur à partir des évènements passés et présent.

A titre d’exemple, c’est de cette manière dont fonctionne les prévisions météorologiques. Demain, la puissance et la complexité des calculs de la météo seront accessibles au plus grand nombre : banquier, assureur, e-commerçant, industriels en tout genre.

Qu’en pensera la théorie du chaos ?

Merci Grégoire pour la découverte.

Arrêtons de se monter la tête et enterrons l’insight une bonne fois pour toute

Après 9 ans de publicité dans 5 agences différentes (conseil, média, créa x2, data), je crois que je peux sortir du bois : j’ai entendu tellement de définitions différentes que je n’ai jamais compris ce qu’était un insight. Je vous propose de le remplacer par schtroumpf au moins pour le reste de cet post.

Son sens varie entre les entreprises, entre les métiers, entre les pays, entre les personnes et entre les époques. Je ne sais pas ce qu’on peut trouver de plus polysémique – pour dire les choses poliment – mis à part peut-être truc, machin ou bail.

Heureusement, nos métiers n’ont pas d’autres incidences que de polluer les espaces informationnels des citoyens du monde. On ne fait de mal à personne. N’en déplaise aux zadistes libertaires prônant un monde sans publicité à la solde des héritiers.

Vous imaginez si une telle approximation sémantique était utilisée dans d’autres métiers? Genre sur un chantier : « salut Jean-Marc, bon ben là c’est la dalle, là c’est l’électricité, là c’est l’insight, là c’est la plomberie. Bon allez ça part en prod, on fait comme on a dit ».

¯\(°_o)/¯

Du coup, plutôt que de parler de schtroumpf nous gagnerions à réutiliser des mots précis.

  • Par exemple, lorsque tu racontes que ta cousine vérifie les prix de l’immobilier sur Le Bon Coin et qu’elle mange un oeuf avec du Nutella, contentons nous d’appeler ça une anecdote.
  • Quand tu remarques que les adolescents aiment le fast food parce qu’on peut aisément y partager ses frites, appelons ça une observation.
  • Quand tu vois un mec chialer en sortant de l’hôpital, ce n’est pas une deep human truth, le mec va juste crever, c’est une maladie.
  • Quand IPSOS te raconte que 27% des Franciliens prenant les transports en commun sont inquiétés par les retards, c’est une statistique.
  • Quand tu engueules ton mec qui n’aide pas à débarrasser la table, c’est un cliché.
  • Quand tu remarques que tes collègues mangent de la quiche avec des pâtes à la cantine, c’est de la bêtise.
  • Quand le 4e SUV immatriculé en Corse te double en accélérant comme un porc pour faire fumer son V6 de cas social, est-ce un insight sur les Corses ou une idée reçue légèrement raciste?

Ne perdons pas de vue que l’insight est une invention DDB pour aller vendre de la pub à des marques challenger – VW, Avis, Levi’s – de la même manière qu’Ogilvy a inventé l’image de marque et le positionnement, que Bates a inventé l’USP…

Personne ne vous oblige à bosser avec des insights.

Encore moins quand c’est pour raconter des âneries.

Bisous.com

Valoriser la recherche française par le marketing

L’article Mashable résumant les engagements d’Emmanuel Macron pour l’industrie numérique nous rappelle à quel point la France dispose d’atouts solides pour l’avenir.

Emmanuel Macron a émis le souhait de voir émerger une stratégie nationale pour l’intelligence artificielle […]. Les chercheurs français sont bien armés pour y jouer un rôle majeur. La première étape sera d’évaluer ses usages potentiels et ses enjeux pour le travail et l’emploi de demain. Pour cela, il compte adopter un cadre fiscal qui encourage l’investissement dans l’innovation […].

La qualité de la recherche fondamentale hexagonale est reconnue à l’international.

A tel point qu’elle est parfois jugée hérétique par les Américains qui – quand ils n’attirent pas nos talents à coups de dollars – considèrent le CNRS comme une fantaisie idéologique.

L’IA constitue un double enjeu d’avenir pour le développement international de la France et sa souveraineté intellectuelle.

Chez Artefact, nous produisons des applicatifs d’intelligence artificielle au service des marques.

C’est notre créneau business et notre manière de valoriser nos talents, avec ou sans PHD.