Les saisons démographiques françaises

La saison est à la publication de chiffres statistiques sur la France. Cette édition de l’INED (Institut National de Démographie) vient nourrir les intuitions qui vous habitent depuis des années. Oui, il y a une saisonnalité des événements démographiques répartie non uniformément au fil de l’année :

  • Les mariages et mises en union libre sont souvent observés au printemps et en été mais la saisonnalité des mariages et des pacs diffère : les premiers sont célébrés entre juin et septembre tandis que les seconds sont de plus en plus concentrés en fin d’année civile.
  • Les naissances observent un creux pendant la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps tandis qu’entre juillet et octobre elles sont plus nombreuses.
  • Les entrées sur le territoire sont plus nombreuses en été et à l’automne.
  • La mortalité pique durant l’hiver et la fin de l’année.

Il y a donc des saisons démographiques : ce qui explique la quantité de fêtes d’anniversaires au mois de septembre, la longueur des procédures administratives en fin d’année, l’impact culturel fort de la fiscalité sur l’amour dans la société.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #384

1.L’Etat contrôle 1751 entreprises (dont 89 sous contrôle direct). 80% appartiennent aux trois principales entreprises que sont la Poste, la SNCF et EDF.

2. Pendant la seconde guerre mondiale, les musiciens noirs commencèrent à s’appeler man par respect, fatigués d’être appelés boy (nom donné aux valets).

3. En 1720 à Londres, on estimait à un quart des foyers produisant leur propre gin.

4. Voltaire s’enrichit en trichant à la loterie nationale (il calcula qu’acheter tous les billets coûtait moins cher que le gros lot, ce qu’il fit).

5. Étymologiquement, le lascar était le nom donné aux matelots indiens issus de la classe des Parias.
Merci Alex

6. En analysant les ADN du pou et du pou de pubis (appelé morpion) la science a pu dater l’apparition des habits : le pou a en effet migré de la tête vers le pubis via au port de vêtements.

7. Un pataquès désigne une erreur de langage.

8. La deep tech désigne le secteur économique des startups visant les innovations de rupture : 6% d’entre elles estiment avoir un impact sur des sujets sociétaux tels que la réduction de la pauvreté ou les inégalités homme-femme, 51% sur la santé et le bien-être, 50% sur les industries et les infrastructures, 22% sur le climat.

9. Volkswagen a produit plus de saucisses que de voitures entre 2015 et 2017. Merci Benoit

10. Les pompiers américains appellent les canadairs des CNN drops car mis à part produire des images télévisées rassurantes, leur utilité contre les incendies est très faible.

Le succès de la publicité sur les réseaux sociaux repose sur la passivité de ses utilisateurs

Je vois bien que mes statistiques de fréquentations sont plates. Je vois bien que tout le monde est en vacances. J’en profite donc pour rebondir pour cette tribune d’AdAge agréablement provocante (même si son agenda caché de promouvoir le format story d’Instagram est honteux).

Users who are simply swiping through stories aren’t necessarily in pursuit of anything; they’re casually perusing social media for anything that grabs their attention.

When brands advertise to social media users while they’re actively doing something, such as writing on a friend’s Facebook wall, they’re not targeting a receptive audience. Those users are busy and aren’t as open to seeing content they’re not actively searching for.

Passive users, on the other hand — users who are casually scrolling through their news feeds — are often much more receptive to marketing messages.

Nous avons encore trop tendance à considérer les réseaux sociaux comme un lieu globalement dédié à l’engagement alors qu’ils hébergent des environnements de réception différents. Si cet article étaye faiblement son point d’un point de vue chiffré, je crois que nous pouvons a minima s’y fier empiriquement.

Historiquement, le succès de la publicité a toujours consisté à interrompre de manière intéressante le quotidien des gens, pour la simple et bonne raison que sa finalité vise à se faire remarquer, pas à s’intégrer invisiblement dans le quotidien de nos prospects adorés.

Aussi, gardons en tête que le succès du format story est moins une histoire d’interactivité que de passivité.

Comprendre l’impact des applications mobiles dans le monde

Benedict Evans parlait récemment dans sa newsletter de cette étude AppAnnie macro sur les applications mobiles dans le monde. Elle comporte quelques chiffres étonnants.

S3 : l’économie des apps mobiles génère 101 milliards de dollars + les mobinautes passent 3h par jour en moyenne sur leurs apps (cela monte jusqu’à 4h dans les pays émergents, cf slide 12)

S4 : dans plusieurs pays, l’utilisateur moyen d’applications mobiles en possède plus de 100 (cela ne veut pas dire qu’il les utilise toutes, mais bon sang quand même).

S15 : les entreprises natives mobiles produisent une quantité de valeur économique obscène.

S30 : le mobile est l’appareil de prédilection des ventes flash, nouvelle rhétorique retail dans le monde.

S70 : au niveau mondial, Tinder est la 2e app générant le plus de revenu par utilisateur. Youtube est 7e (il y a donc des gens abonnés à l’offre premium ?).

S92 : en France, l’application mobile de la FDJ est en 4e position !

S93 : TikTok apparaît parmi les applications les plus téléchargées en France en 2018.

S94 : la France ne déroge pas à sa réputation de nation de l’amour. 5 des 10 applications mobiles générant le plus gros revenu par utilisateur sont des apps de rencontre.

Il serait amusant de faire une radiographie des cultures locales en fonction des applications les plus populaires mais j’ai peur d’être raciste.

La culture de l’excellence empêche-t-elle l’innovation ?

Le Japon est réputé pour l’exactitude de son système ferroviaire. Les trains ont en moyenne 50 secondes de retard. Cet article de la BBC sur le sujet évoque un paradoxe, enfantant lui-même une micro-théorie conspirationniste.

Si le Japon se targue d’une telle excellence en matière de ponctualité, cela ne l’empêche d’être prisonnier d’une économie molle depuis 30 ans. Naturellement, les trains sont étrangers à ce phénomène et le Japon paye la convergence de facteurs ayant touché d’autres puissances : chocs pétroliers, vieillissement de la population, émergence de nouvelles concurrences.

Toutefois, la situation japonaise est emblématique. Je me demande dans quelle mesure est-ce que sa culture de l’excellence n’est pas symptomatique de ses difficultés à innover.

Dans la vie comme dans l’entreprise, on connaît l’importance de la rapidité : pour ouvrir un marché, pour développer un avantage technologique, pour dépasser des concurrents, pour séduire une nouvelle population.

Or l’excellence est une valeur contraire à la rapidité : elle milite pour l’optimisation incrémentale la plus perfectionnée, à rebours extrême de la philosophie du minimum viable product.

Il n’est dès lors pas étonnant que les métiers du consulting adhèrent aux valeurs d’excellence : leur métier consiste à améliorer des processus existants.

Les publicitaires voient l’excellence d’un autre oeil, dans la mesure où ils fabriquent les objets eux-mêmes. Ils répondent au principe du done is better than perfect.

Bref, encore une petite différence culturelle à surmonter au sein du marché de la communication.