L’humiliation associée aux RFP

L’agence Zulu Alpha Kilo vient de remettre le couvert sur sa haine des RFP avec ce site visant à améliorer les procédés de sélection d’agence, agrémenté de cette vidéo.

Durant les derniers mois, nous avons nous-même eu l’occasion de vivre ce genre de situation et il faut bien avouer qu’après avoir investi des dizaines de jours homme pour s’entendre dire « qu’en effet vous avez une approche différente » en guise préambule du cruel couperet de la friend zone, cette campagne fait sourire (avec ou sans consultant dans l’équipe proposée).

Un RFP vise à faire un choix de partenaire : c’est un mariage arrangé. Ce n’est pas une séance de shopping sans décision finale à prendre.

C’est tout le paradoxe du marché en ce moment : l’environnement change tellement qu’on préfère choisir ne pas choisir que prendre des décisions. Qui en profite au final? Ceux qui ont les reins les plus solides, à savoir les cabinets de conseil.

Pour le souvenir, voici la précédente vidéo de l’agence qui date de 2015.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #361

1.Les régimes alimentaires de sportifs de haut-niveau affaiblissent leurs dents : plus on fait de sport et plus on chope des caries.

2. Le Mont Everest est un hommage à un géographe.

3.  Etre une main devant, une main derrière = être à poil. Merci Thomas

4. La nourriture à emporter existait déjà à Pompéi. Merci Grégoire

5. Les placebos marchent même quand les patients savent qu’il s’agit de placebos.

6. Le combat pour la souveraineté sur le sommet du Mont Blanc. Merci Julien

7. Un carat désigne tantôt un degré de pureté pour l’or, tantôt 200g dans la joaillerie.

8. L’acrasiesavoir que quelque chose est bien, mais de faire tout le contraire. Merci La Netscouade

9. Ce type d’écran pré-chargement s’appelle skeleton screen.

10. L’origine de l’expression downtown (vs. uptown) vient de Manhattan où le centre-ville est *en bas* de la péninsule.

Sous l’algorithmie, la plage

Cet article de BoingBoing interrogeant la possibilité du développement d’une contre-culture de l’intelligence artificielle mérite quelques minutes d’attention.

Les citoyens ont le droit – voire le devoir – d’interroger la réflexion sous-jacente aux algorithmes d’AI consistant à enfermer les gens dans des cases au nom de *l’apprentissage renforcé*.

A counterculture of AI must be based on immediacy. The struggle in the streets must go hand in hand with a detournement of machine learning; one that seeks authentic decentralization, not Uber-ised serfdom, and federated horizontalism not the invisible nudges of algorithmic governance. We want a fun yet anti-fascist AI, so we can say « beneath the backpropagation, the beach! ».

Finalement, ces cas de campagnes visionnées par des robots sont intellectuellement dissidentes. Dommage qu’elles profitent à des criminels. Mais leur démarche est agréablement situationniste.

Merci Lucie pour le lien.

Se motiver, se redresser les manches et aimer ce qu’on fait

Il y a quelques jours, je participais à une table ronde sans prétention composée de personnes travaillant dans le marketing, la création, les médias et les contenus. Au moment de se présenter, la professionnelle représentant les régies publicitaires a précisé que son métier n’était *pas très intéressant* en comparaison des créatifs (éditeurs, auteurs, producteurs). Quelques jours plus tard, à la réception d’un brief, plusieurs personnes dans la salle de réunion concède *ne pas croire au projet*. Encore une autre fois, un confrère m’explique lutter à trouver de l’intérêt à travailler pour une marque *aussi terne*.

Je ne voudrais pas passer pour un fayot mais notre métier ne consiste pas uniquement à accompagner les marques qui vont bien mais surtout à aider les marques qui ne vont pas fort.

On ne peut pas être médecin si on n’aime pas les patients.

Si tu n’aimes pas ton métier, tes marques, tes clients ou tes collègues, tu ne fais sans doute pas le métier qui te plait, donc il faudrait songer en changer. La culture du *pas possible* ou du *c’est trop compliqué* gangrène bien plus les entreprises que la montée de la pensée industrielle de la communication consécutive au digital.

Si les cabinets de conseil se sont fait une telle place au soleil, ce n’est pas parce qu’ils sont meilleurs que les agences, c’est parce qu’ils délivrent sans état d’âme. Peut-être que les agences qui refusent de prendre ces missions – notamment liée au développement de la technologie dans les départements marketing – le font pour de bonnes raisons. En attendant, pour une culture métier obsédée par le craft et le doing, je trouve qu’on choisit un peu trop nos sujets.

Bref, que ce soit au niveau des directions ou au niveau des équipes, il y a un travail de motivation à mener pour valoriser notre impact, notre savoir-faire et notre capacité à faire. C’est la responsabilité de tous de faire notre métier avec fierté.

Si cela vous parait impossible, changez de voie, vous pourrissez l’ambiance.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #360

1.Le Diddy Laugh.

2. En l’honneur du prix Nobel de Niel Bohr, la marque danoise Carlsberg lui construit une arrivée directe de bière chez lui.

3. La musique 8D.

4. Les ouragans portant des noms féminins sont plus meurtriers car les gens s’en méfient moins.

5. Les anglais ont débarqué. Merci Océane

6. Les Etats-Unis ont eu 9 capitales : Philadelphie en pointillés, Baltimore (1776-1777), Lancaster (1777), York (1777-1778), Princeton (1783), Annapolis (1783-1784), Trenton (1784-1785), New York (1785-1788, 1789-1790) et Washington DC (depuis 1800).

7. Les daigou envoient en Chine des produits locaux car ils ne font pas confiance aux version importées par l’état.

8. Le sens de la couleur des passeports.

9. Selon l’Académie Française, un thumbnail est une imagette, spoiler divulgâcher, deep web l’abysse,

10. Au Bangladesh, les fermiers privilégient désormais les canards aux poulets car les premiers flottent en cas d’inondation.