Ce que je pense du marketing d’après le Covid-19 : ensemble et rien d’autre

Il y a quelques jours, dans le journal, Philippe Moati, cofondateur de L’Observatoire société et consommation (Obsoco), au sujet des habitudes de consommation qui resteront après la crise du covid-19 :

La période que nous venons de vivre, propice à l’introspection, a renforcé l’envie de changer de pratiques chez ceux qui étaient déjà engagés sur cette voie. Mais ceux qui ont à gérer une baisse de revenus seront moins enclins à refaire le monde.

Aussi, sans parler de reboot façon Stratégie, de mon point de vue, deux chemins s’offrent aux marketeurs. Il est important de garder en tête que ces deux chemins existent depuis des dizaines d’années. La crise du Covid n’aura fait que les accentuer.

Option 1 : continuer à creuser le fossé en imaginant des produits pour les riches et des produits  pour les pauvres. Se raconter que tout le monde aspire à devenir riche. Laisser mijoter quelques mois et observer le malheur. Celui des gilets jaunes, celui des gens qui ne pourront pas partir en vacances cet été, celui de ceux dont le pouvoir d’achat va être grevé par le covid.

Option 2 : décreuser le fossé. Trouver des arguments qui réunissent les Français, qui allègent le sentiment de classes sociales, qui créent des passerelles, qui ne stigmatisent pas ceux qui vont continuer à manger du pain de mie industriel et acheter des t-shirts chez H&M. Qui glorifient les métiers de la première/deuxième ligne, qui redonne de l’importance à l’humain au détriment du matériel.

Peu importe les schémas de consommation, les désirs de numérisation ou les aspiration sécuritaires des Français. 

Le vrai sujet c’est d’arrêter de flatter les inégalités et profiter de ce reboot pour redonner de la valeur aux belles personnes plutôt qu’aux beaux objets.

[Post invité] Je déteste le marketing de la nostalgie mais il me tarde de jouer à Tony Hawk 1+2

Cette semaine, Activision a annonce qu’il sortait une version remasterise de Tony Hawk 1+2.

A l’image de l’industrie du cinema, l’industrie du jeux video a compris l’avantage de ressortir des vieux succes en version remasterise: des IP fortes, un cout de development limite et un risque presque nul.

Pour autant, Tony Hawk a une saveur différente, a tel point que meme Le Monde a senti le besoin d’en faire une papier. (Pourquoi les jeux vidéo « Tony Hawk’s Pro Skater » sont si populaires)

Il faut inscrire Tony Hawk dans un tournant des jeux vidéos entre 1999 et 2001 :
la puissance technique aidant, on a commencé à créer des jeux ancrés dans le réel, passant de l’idée de niveaux à celui de monde ouvert/ jeu sandbox, sans qui Minecraft et Fortnite ne seraient pas ce qu’ils sont.

1999 est l’année de Shenmue, 2000 celui de Tony Hawk 2, pour enfin finir avec 2001 et GTA III, le jeu qui va redéfinir le médium lui-même.

Au-delà du gameplay et de leur qualité intrinsèque, ces jeux deviennent un tournant culturel à travers l’inclusion de marques réelles et de musique contemporaine.

Ils deviennent des instantanées de leur époque, véritable marqueur générationnel.

De ce point de vue, la bande son de Tony Hawk 1 et 2 a tout autant été fondamentale que le jeu lui-même.

En effet, elle a ouvert la porte à l’utilisation de musique licenciée dans les jeux. Les labels allaient commencer à comprendre le rôle marketing qu’un jeu pourrait avoir sur des groupes de musiques. (Dans la meme veine, je ne dénigre pas le rôle de Crazy Taxi, même si sa bande-son était avant tout focus sur The Offspring et Bad Religion)

A l’aube de l’explosion de Napster, le jeu vidéo était devenu la nouvelle compilation, où le souvenir de moments forts étaient tout autant liés aux moments de grâce dans le jeu qu’à la bande son qui l’accompagnait.

Cette place si forte de la musique dans le jeu vidéo va connaître son apogée en 2008 quand les fans de Metallica préféreront la version de Death Magnetic dans Guitar Hero 3 que celle faite pour l’album.
Guitar Hero, un jeu développé par Neversoft, les créateurs de Tony Hawk, bien entendu.

DLC de l’article:
Activision, l’éditeur du jeu a bien compris l’importance de la bande son pour Tony Hawk et a donc déjà créé la playlist Spotify du jeu.

https://open.spotify.com/playlist/37i9dQZF1DX6F6y6vVLZ8H?si=RsPWGhOsSjmoY_DpTAQYVQ

Si comme moi, vous avez découvert de nombreux groupes grâce à la bande son de THPS, vous allez adorer le documentaire Pick It Up! sur le mouvement Ska des années 90 (Goldfinger, Real Big Fish, Less Than Jake).

Enfin, qui dit polémique concernant Metallica Death Magnetic, dit Rick Rubin, et qui dit Rick Rubin dit Beastie Boys, et donc le docu/storytelling de Spike Jonze.

Olivier Legris

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #422

1.La fréquence CB utilisée sur la route signifie Citizen’s Band.

2. En Chine, le Père Noël est souvent représenté en train de jouer du saxo mais personne ne sait pourquoi.

3. Winnie l’Ourson est la 3e plus grosse franchise de l’histoire, derrière Pokémon et Hello Kitty. Devant Mickey et Star Wars.

4. L’étymologie du bouquetin. Merci Simon

5. La carrière cinématographique de Fay McKenzie a duré 100 ans.

6. Une des plus grosses erreurs ethnologiques de l’histoire signée Margaret Mead.

7. Des départements français ont senti le besoin de changer de nom pour ne pas se faire vanner : les Basses-Alpes sont devenues les Alpes-de-Haute-Provence, la Charente-Inférieure la Charente-Maritime, la Loire-Inférieure Loire-Atlantique, les Basses-Pyrénées Pyrénées-Atlantiques et la Seine-Inférieure la Seine-Maritime.

8. Au tout départ, Samsung était une épicerie.

9. Venise a été créée par des Italiens fuyant l’invasion d’Attila en se cachant dans les marais.

10. Il ne faut pas se rincer la bouche immédiatement après s’être lavé les dents pour ne pas évacuer la fluoride.

Raconter une histoire : un mini webinar Goodby Silverstein and Partners

Une amie dont je tairai le nom a capturé un webinar de l’agence Goodby Silverstein and Partners traitant de l’art de raconter une histoire.

Après avoir remercié Marion de partager ce contenu qualité, je vous recommande vivement ces 7 minutes.

D’abord parce qu’elles rassurent sur l’impératif de simplicité de notre métier. Pour dire les choses autrement : dans ce métier, progresser, c’est simplifier.

Ensuite parce que ces conseils adressés à la création sont totalement pertinents pour la stratégie. On aurait même tendance à se dire qu’une idée simple ne peut être vendue avec un PowerPoint tarabiscoté.

Finalement parce même les conseils sont simple : savoir dès le début où on veut atterrir et découper méticuleusement le temps d’un film, comme celui d’une présentation.

Que de responsabilités à venir pour les marques résilientes

Cette analyse de la crise du Covid-19 et ses conséquences parue dans Challenges est la plus simple et la plus juste que j’ai lu jusqu’à présent.

Je ne lui trouve pas de défaut majeur, si ce n’est de banquer sur une résolution rapide et sans encombre du virus du Covid-19.

Ce qui est difficile à admettre, c’est qu’à la lecture de cette colonne, il apparaît évident que le capitalisme va sortir renforcé de cette époque : les entreprises pouvant se permettre d’être plus résilientes et concentrées sont grosses, compétitives, issues de pays riches.

C’est un risque et une chance pour les entreprises qui sortiront gagnantes de la situation. Un risque car comme le cite l’article, concentration rime avec corruption et manque d’innovation. Une chance car les marques qui porteront le récit de ces entreprises gagnantes auront sur leurs épaules un niveau inédit de responsabilités.

Si les entreprises deviennent officiellement les alliées des gouvernements, elles intègrent un nouveau panthéon, glorieux mais savonneux. Il faudra inspirer une confiance sans faille, tout en étant préparé à subir les mêmes foudres que nos gouvernants au moindre hiatus (cf. Amazon qui à la manière d’un pays, se voit fortement discrédité par ses manquements vis à vis de la santé de ses employés).

Ces marques auront un devoir d’une gravité inédite. C’est probablement le moment où nous allons définitivement arrêter de distinguer les marques et les entreprises, la pub et la RSE. Tout ça participe du même code de conduite.