Une campagne stratégique d’Audi USA

C’est une des premières fois où je tombe sur une campagne qui ressemble trait pour trait à un brief que j’avais fait il y a quelques années pour une voiture équipée de phares arrières – on parle désormais de signature optique – singuliers.

Dans la mesure où nous souhaitions positionner ce modèle à destination des jeunes influents, l’angle était : « are you ready to be followed? ».

Les premiers plan boards faisaient état de plusieurs idées, dont une racontant l’histoire d’un brave type qui quitte le bureau et draine derrière lui, à mesure qu’il approche de son domicile, une foule hétéroclite de suiveurs, hypnotisés par les optiques de sa citadine. Bref, le même film que cette copy Audi.

Dans le cas présent, je trouve encore plus amusant le fait de raconter la r8 comme une voiture plaisante à suivre : l’impossibilité de rouler vite est transformée en plaisir des yeux pour les passants.

Une manière astucieuse de mettre en scène le street factor, premier facteur d’achat automobile : c’est à partir du moment que les gens voient la voiture dans la rue qu’ils s’y intéressent. Un client m’avait révélé une fois – de manière assez empirique – qu’en France, on avait l’impression qu’une voiture existait à partir de 15 000 exemplaires arpentant les rues. Passées les 15K premières ventes, la demande augmentait mécaniquement, les gens étant rassurés par la présence de la voiture dans le quartier.

Parce que consommer c’est souvent suivre.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #376

1. La somme des numéros de la roulette fait 666. Merci Justine Werbrouck

2. La constante macabre : en notant des examens, on observe que la proportion de mauvaises notes ne change pas, quel que soit le sujet de l’examen ou le correcteur.

3. Cette voiture a tué plus d’officiers nazis que les combats de la seconde guerre mondiale.

4. La France est le pays qui a le plus fort taux de présentéisme en Europe : 62% des salariés vont bosser même lorsqu’ils sont malades, c’est ce qu’on appelle le surprésentéisme.

5. Lucky Luke est habillé aux couleurs de la Belgique.

6. 76% des 18-34 ans préfèrent payer avec leur carte plutôt qu’en espèces. En moyenne, ils possèdent 2 cartes de crédit, tandis que les adultes entre 35 et 65 ans en possèdent en moyenne 4.

7. En 1987, le Renaud a eu son propre jeux vidéo.

8. Korean Air possède une ferme où sont cultivés les légumes bio utilisés pour la préparation des menus servis à bord.

9. Un match de foot fut annulé en Angleterre à cause de l’épaisseur du brouillard. Le gardien n’entendit pas le coup de sifflet et resta seul pendant 15 minutes dans ses cages, avant qu’un policier l’avertisse de la situation.

10. Les gens qui parlent le chinois ou le thaï maternellement ont plus de chance d’avoir l’oreille absolue car la hauteur des sons y est importante pour la compréhension.

Pardon

Depuis le début de la semaine, j’ai du mal à publier des articles anecdotiques sur une création ou un chiffre intéressant. Je trouve ça déplacé.

Les révélations de harcèlements et de sexisme en agence sont accablantes. J’admire et je soutiens les victimes qui témoignent avec un grand courage.

J’avais pourtant eu vent de rumeurs. Même été témoin de quelques scènes de mecs lourdingues emmerdants des femmes en réunion ou dans les couloirs.

Pas mieux que les autres, il m’aura fallu être exposé à des cas d’une gravité extrême pour provoquer une prise de conscience.

De fait, je me sens fautif, complice, navré.

Je ne sais pas faire d’autre que de demander pardon. D’avoir été silencieux, passif.

N’importe quelle démonstration ou suggestion sexiste n’est pas seulement inacceptable mais ne sera désormais plus jamais tolérable en ma présence. D’aucune manière. En entreprise, dans la rue, dans la vie, en famille, entre amis.

Je ne sais pas quoi faire d’autre que de m’y engager, humblement, personnellement et professionnellement.

Le talent est-il la seule variable de choix dans le recrutement?

Linkedin est devenu un sanctuaire du motivational speech et autant vous le dire tout de suite : on aime beaucoup. Récemment, cette citation m’a frappé :

Sur le papier c’est séduisant. Mais angoissant surtout. Péremptoire aussi. Méprisant surtout : pour les gens qui n’ont pas de talent. Ou qui ne cherche pas à exprimer leur talent dans le cadre de l’entreprise.

Oui cette citation est connotée « amérique du nord » mais quand on constate qu’en Europe, les critères de recrutement dans le secteur du marketing sont essentiellement analytiques, il y a de quoi s’interroger.

Non pas que les compétences analytiques ne puissent être dénuées de talent, bien au contraire. Il y a de la magie partout. Mais militer pour des entreprises capables de faire éclore les talents est une sacrée croisade. Avec laquelle je ne suis pas absolument d’accord. Ce n’est pas le seul modèle à suivre. L’industrie dite créative peut se targuer de chercher les talents – même si dans le fond elle en crève – mais tous les secteurs n’ont pas les mêmes besoins. 

J’ai bon souvenir de cette citation d’Ogilvy qui raconte qu’en embauchant des gens moins bons on construit une société de nains tandis qu’en embauchant des gens forts on devient une entreprise de géant.

Je pense qu’on peut recruter des gens forts qui n’ont pas d’autre talent que celui d’être rigoureux et discipliné. C’est la raison pour laquelle les cabinets de conseil sont en train de s’accaparer toute la partie digitale de la communication. Sans talent. Avec discipline.

Les qualités recherchées par les recruteurs du marketing sont organisationnelles

Il y a quelques jours, le site RegionsJob publiait son baromètre des postes mais surtout des compétences les plus recherchées par les recruteurs dans les métiers de la communication.

Les qualités les plus demandées sont d’abord d’être une force de proposition, puis d’avoir le sens du relationnel, de la créativité, de l’esprit d’analyse et de la qualité rédactionnelle.

Les qualités les plus précieuses ne sont donc pas créatives mais humaines :

  • Etre force de proposition c’est être proactif, prendre des initiatives, chercher à se débrouiller dans toutes les situations.
  • Avoir le sens du relationnel c’est savoir communiquer avec les clients et avec l’interne. On ne répète jamais assez que nos collègues sont nos premiers clients.

Au-delà de la créativité qui pointe en 3e position, les 4e et 5e qualités recherchées sont à nouveau liées à du savoir-être organisationnel.

Bien sûr, le gros des salariés de l’industrie de la communication est composé de chefs de projets (créatifs, prod ou commerciaux), ce qui explique la surreprésentation de ce besoin en compétences rationnelles.

Il n’empêche que cela explique aussi pourquoi les cabinets de conseil se taillent la part du lion sur les nouveaux sujets digitaux.

S’il y a des RH parmi les lecteurs, voici le top 10 détaillé :