Ca veut dire quoi *remettre le modèle des agences à plat* ?

Ce n’est peut-être qu’une impression.

Je me sens fréquemment exposé à des points de vue d’individus invoquant l’impératif de *remettre le modèle des agences à plat*. Dans la presse, sur les réseaux sociaux, dans les apéros d’agence, dans les déjeuners clico. 

  • Tel ou tel budget change de main > “l’agence perdante aurait dû changer de modèle”.
  • Tel ou tel personne arrive dans une boîte > “cette boite a compris qu’il fallait changer de modèle”.
  • Un annonceur dénonce l’inefficacité de la pub en ligne > “c’est parce que les agences devraient remettre le modèle à plat”.
  • L’ARPP publie un document sur les compétitions vertueuses > “que les agences en profitent pour remettre leur modèle à plat”.

Je suis conscient d’être probablement un peu parano vis à vis de ce point mais l’écriture est une thérapie.

Qu’est ce que les gens entendent par *remettre les choses à plat* ?

Pour moi il y a deux voies explicatives possibles : 

1/ Remettre à plat les services offerts par une agence. Oui il faut s’armer en talents digitaux. Ils sont jeunes, pénibles et péremptoires mais on ne peut plus gagner une compétition sans eux. C’est pénible mais c’est la vie. Faut-il remettre son modèle à plat pour intégrer des gens du digital dans une agence de pub ? Je n’aurai pas employé cette image tant elle grossit le trait de la complexité réelle de la tâche. Tout est faisable à condition d’être doté d’une culture d’entreprise qui embrasse le changement sur les deux joues.

2/ Remettre à plat le modèle économique des agences. Il y a deux manières de faire gagner de l’argent à une agence (du point de vue de la marge nette, pas brute) : le taux journalier moyen et la production. Le premier est soumis à une pression marché difficile à ignorer. La seconde finit souvent par tendre les relations client. Il en faut du talent pour maintenir le lien le jour où votre annonceur découvrira que vous margez honteusement sur le budget de prod. Bref ces deux variables sont dures à manoeuvrer.

Mon humble point de vue : oui il faut évoluer avec les besoins des annonceurs, eux mêmes motivés par les changements des consommateurs. Mais faut-il *remettre tout à plat* ? 

Vous en pensez quoi ?

Vers la réconciliation des disciplines scientifiques

J’ai aimé la manière dont le sociologue David Le Breton réconcilie la question du corps et des pensées.

Je suis à peu près sûr que l’avenir des sciences (pas que humaines) est à l’intersectionnalité entre les disciplines.

Le champ scientifique est subdivisé en petites cases, ce qui permet d’en structurer les disciplines.

Mais le 21e siècle sera probablement celui du rapprochement de cases afin d’embrasser la complexité, la systémie, le vivant.

Acheter des fringues d’occasion donne beaucoup de fierté

Je n’ai pas été uniquement surpris par la prépondérance des jeunes parmi les amateurs d’achats d’occasion en ce qui concerne la mode.

J’ai surtout apprécié le niveau de fierté qu’ils en tirent (d’autant plus qu’acheter chez Zara ou H&M oppose à l’inverse du spectre un sentiment de honte), comparable à cette d’adopter un chien.

C’est superbe.

Tout point de vue est bon à prendre : une illustration intéressante de l’anti-racisme

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Petit guide du privilège blanc Ceci est un résumé des enjeux autour du privilèges blancs et quelques tips pour savoir quoi faire avec son privilège. BE AN ALLY 💜 🇧🇪 Je n'ai pas trouvé de statistique belges officielles concernant le taux de mortalité maternelle des femmes noires / racisées si qqun a des Infos please Dm! Aux USA ce taux est très élevé avec 3 X plus de probabilités pour une femme noire de mourir en donnant la vie par rapport aux femmes blanches. Inspiré par : @courtneyahndesign #whiteprivilege #howto #privilègeblanc #privilegeblanc #systemicracism #racismesystémique #inégalités #déconstruction #beanally #ally #parlonsblancs #sansblancderien

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Le mouvement anti-raciste continue de m’intriguer.

A l’issue d’une conversation avec des collègues de travail, Quentin m’a partagé ce post Instagram.

Peu importe si vous vous sentez d’accord avec les idées véhiculées par ce contenu, je trouve qu’il mérite d’être lu, a fortiori si vous êtes, comme moi, blanc, homme, diplômé, actif.

Ce qui est amusant en lisant ce document, c’est la réaction de rejet presque naturelle qui en résulte (qui n’est pas sans rappeler celle de Elisabeth Badinter, elle-aussi dominante) : on remarque l’absence de chiffre, on pointe du doigt les idéologies contestables, on se sent troublé d’être désigné fauteur de trouble alors qu’on a l’impression (à juste titre) d’être dans le bon camp.

Peu importe la manière de recevoir cet article, ce point de vue me parait important, ne serait-ce que pour se ré-assouplir les muscles de l’empathie.

Ce que j’aime également, c’est qu’il se contente de défendre une idée fondamentale de notre République, issue de la DDHC : l’égalité. Et tant qu’il y aura de telles disparités de traitements, on ne pourra nier que l’égalité qui nous parle est celle des blancs.

Pour finir, j’aime la manière dont ce discours attaque doucement la sociologie, qui paraît ici totalement dépassée tant il est tabou d’aborder le sujet de la race/des origines/de la couleur de peau dans notre pays. On pourrait se dire que les émetteurs de ces idées font le procès de la misère sociale – la grande explication à tous nos problèmes depuis Victor Hugo – mais pas du tout, il rentre sur le sujet par la couleur. Ce qui est troublant. Mais intéressant.

La dernière chance des points de vente physique avant leur colonisation digitale

Publié dans le Challenges de la semaine dernière, j’ai trouvé intéressante le dernier paragraphe de cet article :

Additionner les entreprises pour les amortir les frais fixes n’est plus la panacée. Cela a conduit au fiasco de Vivarte. Il n’y a plus de priorité entre les marques. Les responsables doivent garder la main sur les fonctions support pour être proches des clients.

Les boutiques physiques disposent d’une proximité physique immédiate, prompte à développer la relation client, ne serait ce que parce qu’on passe potentiellement tous les matins devant.

La logique de centrale d’achat ne fait pas le poids face aux géant du e-commerce. Les magasins physiques doivent plus que jamais devenir des lieux où les clients se sentent compris, traités, où ils peuvent toucher, sentir, interagir avec les produits.

Ca peut sembler évident mais c’est probablement la dernière opportunité à saisir par les bouclards avant qu’ils ne soient tous rachetés par Amazon et Cdiscount qui auront le cash pour s’implanter dans les centre-villes.