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Au risque de ne pas être compris (tout le monde n’adhère pas au registre de la rhétorique en creux), j’aime les démonstrations par l’absurde.

Une équipe de créatifs a imaginé le bland guidelines brand book pour dénoncer le manque d’audace des marques.

C’est drôle.

C’est tragique.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #380

1.Pepsi s’appelait Brad’s Drink avant de changer son nom pour signifier qu’il était un traitement contre les indigestions ou la dyspepsia. Merci Greg

2. L’économie souterraine représenterait 12% du PIB français, soit 2,5 millions de personnes travaillant occasionnellement ou régulièrement sans être déclaré. La moyenne de l’Union européenne s’élèverait à 17,9%.

3. La moitié de l’ensemble du plastique produit depuis 1950 sur la planète l’a été entre 2000 et 2016.

4. Le calcul félicifique est un algorithme formulé par Jeremy Bentham pour calculer le degré ou la quantité de plaisir qu’une action spécifique est susceptible de provoquer. Merci Huw

5. Charles Boycott était un enfoiré qui exploitait les pauvres. Ces derniers se vengèrent en lui interdisant l’accès aux services du village.

6. Nintendo = laissons la chance au ciel.

7. Churchill peignait pour combattre la dépression.

8. Bloctel est un service public qui vous met sur liste rouge des démarchages téléphoniques.

9. …

10. Une légende galloise raconte que de petites fées montaient les corgis comme des poneys.

Ce que les gros fournisseurs de données savent de vous

Chouette article qui resume bien les données collectées par les mamouths du marché. En espérant que vous les aviez tous.

Daniel Schneidermann et les nouveaux enjeux du journalisme

Il y avait un article dans M le Mag il y a quelques jours sur l’étrange succès de ThinkerView, un magazine Youtube *alternatif* sur les médias et la vie publique.

La revue pointait avec ironie que Thinkerview était devenu tout ce qu’elle conspue, à savoir un organe quasi officiel de presse où du très beau linge se succède, et où la prétendue soif éditoriale de démystification sert avant tout le buzz.

Pour entrer en douceur dans cet univers qui raconte notre époque, je vous invite à regarder – à tête reposée – cette conversation avec Daniel Schneidermann, intéressante sur le métier du journalisme et les nouveaux enjeux digitaux.

Marketoonist est un homme cruel

En 2019 j’ai promis d’être oui et positif. Je vais donc livrer une mini-analyse en creux des travaux de Tom Fishburne. Je précise que je ne suis pas le dernier à en avoir rigolé occasionnellement.

Avec le recul, je les trouve cruels, ignares, donneurs de leçon.

Les points de vue de personnes extérieurs à l’entreprises sont désagréables. Fishburne fait penser à  certains *commentateurs marketing* rayonnant sur internet mais incapables de bosser dans les boîtes car ils n’ont jamais dépassé le stade du « han mais y’a trop de problèmes ».

Il est tentant de moquer le jargon, les lubies ou les interrogations du marketing, mais les questions soulevées par les vignettes de Marketoonist sont valides.

Voici les 5 premières historiettes qui remontent dans Google Images :

Cette vignette ridiculise la mauvaise organisation des entreprises. Oui les services ne se parlent pas assez, parce qu’une entreprise ne se construit pas d’un coup mais au fur et à mesure de son histoire. En résulte des enjeux d’organisation et de RH pour que les anciens intègrent les nouveaux. C’est l’histoire des départements digitaux dans les entreprises à la culture offline. Ce n’est pas drôle. C’est pesant.

 

La plupart des études démontrent qu’une marque qu’on préfère (il me semble que c’est Saatchi qui a trouvé le nom love brand selon sa propre méthodologie d’évaluation) est une marque à qui a on attribue la plus forte part de dépenses au sein d’une catégorie. Donc oui la préférence de marque (dont la love brand est l’ambition) est non seulement un sujet de chiffre d’affaires, mais idéalement un sujet de profitabilité.

 

Se moquer de gens qui ne réussissent pas à avoir d’idées est aussi cruel que de regarder une personne âgée marcher lentement. Ce n’est ni drôle ni fin. Derrière les entreprises qui se plantent il y a des millions de gens qui souffrent. Les gens qui travaillent dans d’honorables maisons comme Sony, Thomson, AOL ou CNN peuvent vous en parler.

 

L’économie numérique a fortement réduit les risques associés à l’échec, par l’abaissement drastique des coûts de développement d’un nouveau produit. Réussir, c’est échouer. Nous devrions être fiers de nous planter. Nos échecs sont nos médailles d’honneur.

 

La transformation des entreprises est un des plus gros sujet de souffrance au travail. La transformation digitale ne fait pas exception. Forcer les gens à changer de points de vue, d’habitudes, de méthodes de travail n’est pas juste une vue de l’esprit mais un chantier monumental à mener avec doigté sous peine de créer du malheur dans les équipes.

 


La publicité fonctionne sur le principe de la visibilité d’un message – qu’on tâchera de rendre intéressant – auprès d’un très grand nombre de personnes. Quand un nouveau média se lance et que des millions de personnes l’utilisent, il est évident que les annonceurs souhaitent y apparaître, puisque de toute manière la feuille de route de *monétisation de l’audience* du service intègre dans 99,99% des cas de la publicité. Les marques pionnières sur les nouvelles plateformes marquent souvent beaucoup de points.

Bref, tout ça pour dire qu’à chaque fois que je vois quelqu’un qui partage une image de Tom Fishburne, je me dis qu’il n’a pas encore été confronté au enjeux digitaux de ses clients, et lui souhaite qu’il puisse un jour se rendre compte de la méchanceté infondée de Marketoonist.