A qui le marketing de la régression rend-il service ?

On pourrait discuter des années entière du marketing de la régression. J’y ai repensé ce week-end dans un parc avec mon fils. La moitié des mères de famille portaient des tennis à scratch. Les mêmes que leurs enfants.

Dans la foulée, j’ai repensé à ce restaurant infect près du bureau où l’on sert des saucisses-purées sur fond musical de Bernard Minet.

Se réfugier dans son enfance indique une inquiétude inquiétante vis-à-vis de l’avenir.

Les gens de ma génération sont-ils stressés par le futur au point de ne pas souhaiter grandir, à la manière de Michael Jackson ? Est-ce que c’est pour cette raison qu’ils ne votent plus ? Qu’ils prétendent se soucier de l’environnement tout en partant 5x par an en city breaks sur des vols low cost ? Qu’ils ont peur des autres au point de déléguer le maximum d’interactions sociales à des applications qui ubérisent leur quotidien (déplacement, courses, repas, soins) ?

Les marques ne devraient pas flatter notre inquiétude de l’avenir.

Nous devons accepter l’avenir et se retrousser les manches pour en faire un bel avenir vivable et tolérant.

Et oui, même la pub doit faire sa transition écologique

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Tout ce qui est dit dans cet article est intéressant, notamment l’analyse de la réaction des différents acteurs interviewés. Il y a ceux qui n’ont pas attendu, ceux qui embrassent ce changement, ceux qui le refusent.

A titre personnel, je soutiens à 100% les suggestions de la convention citoyenne (il s’agit essentiellement d’éteindre l’affichage numérique la nuit et d’arrêter de faire de la pub pour des SUV ce qui m’enchante, littéralement). Je trouve leurs propositions raisonnables et applicables, incitant sans brusquerie le marché à évoluer.

Est-ce une loi Evin de la pub ? On en est loin.

Ce qui nous attend (et nous ferions bien de nous y préparer), c’est :

  • l’interdiction de communiquer sur les produits qui viennent de loin (il y aura des mentions façon fruits et légumes pour dire que cette voiture ou ce t-shirt a été fabriqué dans un pays lointain),
  • l’interdiction de valoriser les fruits et légumes qui ne sont pas de saison (il est temps d’arrêter les bananes et le café, oui oui),
  • l’interdiction de communiquer sur les produits à l’impact carbone trop élevé, notamment en matière d’agriculture (viande de boeuf, de porc, maïs…)
  • l’interdiction ou le conditionnement drastique de la com pour l’aérien tant que des avions à l’hydrogène ne sont pas disponibles

Ces premières mesures de transition écologique publicitaire ne sont qu’un début, qui suggère fortement aux annonceurs d’améliorer leur empreinte carbone s’ils souhaitent continuer à bénéficier de ce levier pour faire connaître leur mue vis à vis des marchés.

Il ne s’agit aucunement de diminution des libertés mais de fléchage des investissements.

La France est un Etat puissant (dont personne ne gourmande la générosité quand il s’agit de faire passer les équipes au chômage partiel), il est normal qu’il suggère des manières d’utiliser l’argent qu’il distribue. Qu’il s’agisse de favoriser les médicaments génériques, inciter à acheter des voitures électriques, ou communiquer sur tel ou tel sujet.

Je dis bravo, et je dis vivement la prochaine étape. Moi en tant que publicitaire, je ne demande qu’une chose : participer à la transition écologique davantage.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #428

1. Le vin d’honneur d’un mariage vient de l’époque où les abbayes mettaient un point d’honneur à offrir leur vin aux voyageurs. Merci Nathalie

2. Le langage sifflé du Béarn.

3. L’emploi de l’esperluette dans les génériques de film indique que les collaborateurs ont bossé en équipe, contrairement au ET qui indique qu’ils ont bossé séparément.

4. L’hystérie collective. Genre ce cas de pare-brises fendus.

5. Les liens historiques de Harvard avec le commerce de l’opium.

6. Le célèbre tableau American Gothic représente un père et sa fille, non sa femme.

7. Le bouchon du Darièn est un marais entre le Panama et la Colombie rendant impossible la traversée routière de l’Amérique du Nord et du Sud.

8.Le martinisme.

9. Motorola a commencé par fabriquer des autoradios, d’où son nom.

10. Au Royaume-Uni, 60% des ventes d’alcool sont réalisées auprès d’individus identifiés comme consommateurs à risque.

Les petits gestes ne suffisent pas à freiner le dérèglement climatique, mais il faut quand même les encourager

Publiée il y a quelques jours dans le journal, cette colonne (capture infra) m’a fait frissonner. Si le point de vue de son auteur est défendable (attention à ne pas compter que sur les actions individuelles pour freiner le dérèglement climatique) je ne suis pas d’accord avec lui.

On ne devrait pas dire aux gens qui prennent leur vélo occasionnellement et trient leur déchet que c’est inutile. On ne peut, on ne doit, que les encourager à aller plus loin.

Peu importe qui partagera ces points de vue – je suis pour le coup, comme l’auteur, assez sceptique vis à vis de la capacité du marché à se charger lui même à la bonne vitesse de la transition – mais on doit être encourageant.

Le chiffre soulevé par l’article au sujet de la réduction décevante des émissions de gaz à effet de serre pendant le confinement de plus de la moitié de l’humanité (et pas la moins polluante) montre par ailleurs que les 2 gros leviers de réduction de notre impact sont identifiés : consommation énergétique et alimentation.

Or je ne vois pas beaucoup de frein à inciter les consommateurs à freiner lourdement voire arrêter la viande ainsi que les fruits exotiques et/ou importés (ce n’est pas si difficile). Idem pour la consommation d’énergie à la maison (attention on ne parle pas de transport ici mais il va de soi qu’il faut arrêter les city breaks en vol low cost).

Peut-être que cela ne suffira pas mais en l’absence de consensus institutionnel permettant de prendre des mesures drastiques, les petits gestes sont tout de même les bienvenus. C’est un peu facile d’attendre des décisions d’en haut alors qu’on sait bien qu’elles n’arriveront qu’au compte goutte, ne serait ce que pour ne pas mettre la moitié de la population mondiale travaillant dans l’industrie carbone au chômage du jour au lendemain.

Le marketing digital remplace le BTL pas l’ATL

Hier j’évoquais un article de The Economist traitant de l’avenir de la publicité.

Au milieu de l’analyse faisant état de l’ultra-compétitivité prédatrice de la publicité en ligne, une mention m’a fait tiquer.

A tel point que je lui consacre mon article du jour.

Companies are also diverting their “below the line” marketing budgets—for things like direct mail and in-store promotions—online. The analytics offered by technology giants have encouraged buyers to keep running commercials until the return on investment shows signs of decline.

Une ampoule s’est allumée au-dessus de ma tête.

Une ampoule qui éclairait pourtant mon quotidien, sans même que je m’en rende compte.

Tout ce qu’on peut raconter sur la différence entre la culture publicitaire et la culture digitale, la cohabitation d’impératifs entre le haut et le bas de funnel, la mesurabilité, le ROI…

Tout le monde passe sa vie à raconter que le marketing digital n’a *rien à voir* avec la pub.

Pourquoi ?

Et bien en fait le digital remplace le BTL, pas l’ATL.

Je crois qu’il est impératif de comprendre ça pour comprendre le marketing digital.