Avec le digital, une marque a tout à perdre. Avec la publicité, elle a tout à gagner.

Réfléchissant à l’évolution de la marque à l’ère du digitale, certains considèrent que la marque doit impérativement étendre son territoire à l’internet, notamment du point de vue de l’expérience client : « il n’y a aucune raison que le site web d’Auchan ne porte pas les mêmes couleurs et ne défendent pas les mêmes valeurs que sa communication publicitaire ou ses points de vente ».

Pourtant, le numérique a créé de fortes attentes chez les consommateurs : livrer gratuitement en temps réel, répondre immédiatement sur les réseaux sociaux, rembourser en cas de pépin… La nouvelle économie, faussée par des startups finançant à perte des dispositifs de SAV délirants, a transformé les consommateurs en démons d’exigence.

Aussi, quand la question des arbitrages marketing entre la publicité classique et le numérique « serviciel » se pose, on devrait toujours se demandant ce que son marketing a à perdre ou à gagner.

Avec le web, il n’y a globalement rien d’autre à gagner que quelques ventes additionnelles et énormément d’emmerdes en SAV. Au final, à moins d’y dédier des ressources monumentales, ça ne peut qu’endommager une marque.

Avec la publicité, on ne peut globalement pas faire de mal à une marque et il n’y a globalement rien à perdre dans la mesure où le moindre euro investi sur TF1 génère des ventes.

Quand Mark Prichard pousse des gueulantes vis à vis du digital je le comprends. Ses équipes dépense un fric monumental chez des concurrents qui leur veulent du mal tout en dégradant leur circuit de distribution traditionnel.

Dans l’économie numérique, les marques se jettent dans le grain bain, face aux GAFA, contre lesquels elles n’ont aucune chance (même Walmart se fait casser la gueule).

Dans la publicité, elles maitrisent leur environnement et ont tout le loisir de faire passer des messages, dans des plages aménagées.

En matière de numérique, la première et unique règle c’est go big or go home. La seconde, c’est que la publicité n’a pas arrêtée de fonctionner avec le digital, au contraire, elle en finance 90% des modèles économiques.

Parfois, il vaut peut être mieux cultiver sa marque en haut de funnel plutôt que d’aller se faire tabasser sur le terrain des brutes d’internet.

Ma névrose du rangement s’explique par mon rapport géométrique à la pensée

Je ne sais pas comment votre entreprise a décidé de gérer son workflow mais chez Artefact nous travaillons dans Google Drive, ce qui a – comme n’importe quel système – des avantages et des inconvénients.

Son bénéfice principal est d’être géré par Google : accessible, rapide, familier.

Son désagrément principal est d’être géré par Google : les gens compte sur ses capacités d’indexation pour ne rien ranger, ni nommer les fichiers.

Résultat : comme dans n’importe quelle entreprise, notre échangeur est un capharnaüm.

Pourtant.

Ceci n’est pas une vérité mais un témoignage.

J’aimerais vous dire à quel point la structuration d’un échangeur aide plus largement à structurer ma pensée.

Dans ma manière de réfléchir, l’organisation et la structuration sont décisives. Mes notes et présentations sont des maisons dont il convient de dessiner les plans avant de monter les cloisons.

Je n’ai pas un rapport visuel à la pensée mais une relation géométrique, ma pensée m’apparait dans l’espace. Aussi, pour moi, la maxime de Boileau aurait pu être « ce que l’on conçoit bien se range clairement ».

Je serai curieux de savoir comment vous ressentez votre pensée. Avec des mots ? Des odeurs ? Des images ? Des sensations ?

La qualité d’une présentation doit-elle dépendre de la prestation de son orateur ?

Cet article couvait depuis des mois.

La conférence vidéo de Weigel et Campbell à Cannes constitue un bon tremplin.

La qualité d’une présentation doit-elle dépendre de la prestation de son orateur ?

Martin Weigel est un planneur stratégique ultra influent en ligne. Ses PowerPoint et son blog sont visionnés des dizaines de millier de fois, fait rarissime pour un planneur stratégique qui parle en son nom, pas au nom de celui de son entreprise. Pourtant sa prestation orale déçoit : le mec lit ses slides, n’apporte aucune autre valeur que les punchlines de ses diapos (ça rappelle ces twittos influents parfaitement insociables AFK).

A l’inverse, Campbell est captivant à l’oral, malgré la vacuité de ses mots. Car il peut arriver qu’un PowerPoint ordinaire soit métamorphosé par un bon orateur (c’était par exemple le cas de l’intervention de Laurent Alexandre au Sénat il y a quelques années – avant qu’il vrille).

Y’a-t-il une bonne tactique ? Une philosophie à adopter ? Faut-il miser sur un bon PPT capable de compenser les faiblesses oratoires ? Faut-il tout mise sur des talents qui racontent de la merde de manière intelligente ? Faut-il les deux ? Aucun des deux ? Autre chose ?

J’ai la naïveté de penser qu’avoir les deux c’est mieux mais cette présentation me fait douter.

Vous en pensez quoi ?

Les gens ne savent pas manger et en sont fiers

Un sujet publié dans l’édition de juillet de Glamour pose une question clé : à qui se fier pour bien manger ?

Pour y répondre, quelques influenceurs, chefs et passionnés offrent un soulagement gigantesque.

D’abord les influenceurs n’attirent pas de clients dans les établissements, malgré leur quantité de followers. Tout a été dit ou presque sur ces engeances qui monnaient leur audience fictive. N’y revenons pas.

Ensuite, les entités qui drainent le plus de clients sont traditionnelles : critiques, médias, macarons Michelin, chefs eux-mêmes sur les réseaux sociaux.

Pour terminer, la seconde question levée par ce sujet interroge la définition même du bien manger.

Si les experts s’accordent sur la mauvaise qualité des notes TripAdvisor ou l’ineptie de la photogénie sociale, ils n’expliquent pas pourquoi la vaste majorité des gens adhèrent à ces deux indicateurs.

Première hypothèse : les gens ont perdu leur goût. Traumatisés par McDonalds et la nourriture surgelée, leurs palais ne font plus la différence entre des produits frais et du produits transformés.

Seconde hypothèse : les gens ne souhaitent pas manger mais se nourrir. Une note TripAdvisor permet donc d’éviter les faux pas plutôt que de chercher à passer un bon moment.

Troisième hypothèse (ma préf) : la valeur de la nourriture est secondaire par rapport à la valeur du moment. La majorité des gens ne vont pas au restau pour manger mais pour se débarrasser de leurs mômes, se retrouver entre copains, draguer leur collègue de bureau.

Dès lors, la popularité de la nourriture sur les réseaux sociaux n’a rien à voir avec le contenu des assiettes mais avec la qualité du moment passé. Cette dernière restant le juge de paix ultime en matière de motivation de partage sur les réseaux sociaux, dans une société obsédée par le bonheur.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #390

1.La Beatlemania rendait impossible toute tentative de concert tant les fans hurlaient.

2. L’expression boutique hotel nait de l’idée de pouvoir acheter les objets de sa chambre. Merci Clément

3. Marcher 10 000 pas par jour est une publicité de fabricant de podomètre. Merci Olivier

4. Souffler les bougies d’un gâteau y augmente de 1400% la présence de bactérie.

5. Certaines civilisations pré-colombiennes disposaient d’armures en coton presque  aussi solides que le métal.

6. Nous disons environ 16 000 mots – pas forcément différents – par jour.

7. Le 3eme émoji le plus utilisé sur Twitter est celui du recyclage. Merci Guillaume

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8. Etymologiquement, le dashboard est une plaque protégeant le cocher des jets de boue.

9. L’orthosomnie : des gens tellement stressés par l’idée de bien dormir qu’ils en dorment mal.

10. Le label Amazon’s choice a été inventé pour offrir des réponses à toutes les questions Alexa quand les gens ne mentionnent pas de marque.