Les cabinets de conseils sont ennuyeux

Allez c’est la dernière, promis. J’essaie de m’immerger dans les études publiées par les cabinets de conseil pour me rendre compte à quel point ces passionnés de process vont balayer les agences de publicité. Une chose est certaine, ils battront les agences au volume d’informations débitées.

Voici quelques pépites excavées d’une mer de mots ennuyeux :

1.Voici pourquoi Amazon fait peur à Facebook et Google. Et que le search va vivre une révolution. Les gens qui passent par des assistants vocaux utilisent moins leurs smartphones.

 

2. Le smartphone se trouve challengé par d’autres devices qui existent (assistants vocaux) ou qui n’existent pas encore (lunettes, casques, vêtements…).

Bon, pas de grosse révolution intellectuelle en vue, comme d’habitude.

Par moment c’est à se demander si ces boîtes se positionneront un jour sur le marché des idées.

Ca semble peu probable, elles sont fugaces, imprédictibles et non processables.

L’arrivée des consultants dans le marketing c’est comme accueillir un nouveau dans sa classe

La multiplication des articles sur l’arrivée des cabinets de conseil sur le marché du marketing me fait penser au premier épisode de la 2e saison de Stranger Things quand Billy et sa petite soeur arrivent dans le lycée du coin.

Si les filles font assez rapidement de l’oeil à Billy, la communauté de Hawkin se méfie de ce duo un peu trop cool. Ils finissent au bout d’un certain temps par être acceptés (surtout la jeune fille), non sans heurts.

C’est un peu la même chose dans l’industrie du marketing où l’on considère les cabinets de conseils comme des new kids in town dont il faudrait se méfier car “ils ne sont pas comme nous”. C’est con car à 30% de croissance annuelle, ils sont déjà les big kids in town qui vont tout au mieux racheter au pire tuer.

Deux options se présentent donc :

  • Continuer de les snober en leur faisant comprendre qu’ils ne sont pas chez eux malgré leur succès insolent
  • Les accueillir et jouer le rôle de grand frère en les guidant et en leur évitant les chausse-trapes

Est-ce que l’industrie publicitaire va révéler sa grandeur d’âme ?

Data sans création n’est que ruine de l’âme : c’est Accenture qui le dit

Cette présentation Accenture donnée chez Petit Web m’a fait rire : ce que le cabinet de conseil appelle sans modestie le customer genome n’est ni plus ni moins qu’une liste des USP d’un produit en vue de produire des campagnes de bas de funnel plus personnalisées.

Exactement ce qu’on faisait il y a 10 ans chez Naked :

La grande différence naturellement git dans la granularité et l’adressabilité de la data.

Et ça ne s’arrête pas là. Accenture de poursuivre, au sein de la même conférence :

Il faut donc se poser la question autrement. La donnée en tant que telle n’a pas beaucoup de valeur, mais elle en prend lorsqu’elle est associée à une impression publicitaire. Les possesseurs de données doivent mettre en place un service qui permet aux annonceurs de toucher des gens avec ces données. Et ce service, c’est presque celui d’une agence publicitaire.

A cette allure, on va bientôt se remettre à parler d’impact et d’émotion.

Ca tombe bien, les grandes marques se construisent sur l’interruption, pas sur des bannos personnalisées.

Data sans création n’est que ruine de l’âme.

Les cabinets de conseil offrent la publicité pour remonter sur la data

Ca fait une paire d’année qu’on parle de l’irruption des cabinets de conseil dans le monde de la publicité.

Ca a commencé il y a une quinzaine d’années pour auditer les coûts. Et puis petit à petit ces cabinets se sont dits qu’ils pourraient faire le job eux-mêmes. Résultat : PWC, Deloitte et Accenture ont des filières digitales et rachètent des agences créatives.

McKinsey estime d’ailleurs que la quantité de datas qui transite sur la planète en une journée a plus de valeur que tous les échanges économiques. Ces cabinets sont donc essentiellement attirés par la data et leur analyse, pas les vieilles pub TV. Dans la mesure où les directions marketing vont progressivement fusionner avec les DSI, la data est le nouveau pétrole.

Ce qui ne les empêche pas, comme révèle cet article, de faire des incursions sur le marché de la création. Mieux : ils offrent la publicité pour mettre un pied dans la porte et remonter sur les gros sujets data dans un second temps. De la même manière qu’ils offrent le conseil pour mettre en régie des auditeurs. Ce qui en dit long sur leur perception de notre métier.

Vos employés sont votre premier atout. Accenture, 2015.

ennui indifference consommateur personne panneau message

Parmi les milles et unes fables qui circulent dans l’univers de la net-économie, cette tendance liée à l’investissement sur les salariés est une des plus importantes, une des plus étonnantes aussi.

Pas uniquement pour les mêmes raisons qui poussèrent les industriels du 19e siècle à développer une approche paternaliste – les employés étaient journaliers et nomades à l’époque // un peu comme les développeurs chasseurs de prime de nos jours – mais surtout pour leur capacité à délivrer une expérience consommateur de qualité.

“We had a customer experience but wanted an employee experience”. AirBNB’s Mark Levy’s Global head of employee experience

Il aura fallu attendre 2015 pour qu’un grand cabinet de conseil préconise dans ses “tendances digitales 2015” de mettre des humains derrière les téléphones, de prendre le temps de discuter avec les clients, de créer du lien entre marques et consommateurs.

Mieux vaut tard que jamais non?