Pourquoi la publicité s’efforce à rester amnésique

C’est pas gentil de cracher sur les confrères mais je dois bien avouer que ce genre de tweet me met hors de moi.

Pour se re-situer le contexte, Tom Goodwin, c’est le patron de l’innovation worldwide de Publicis, précédemment patron de l’innovation worldwide de Havas. Un mec qui touche sa bille et globalement très brillant, dont NLQ a plusieurs fois parlé.

Donc ce post ne l’attaque pas lui particulièrement mais tous les vieux cons qui nous expliquent que c’était mieux avant quand on pouvait écrire une body copy par semaine tout en collant des mains aux culs des secrétaires : Copyranter, Ad contrarian and co.

Bien sûr que la publicitaire n’a aucune mémoire : les juniors sont traités comme des merdes, les seniors sont font ce qu’ils peuvent pour mener leur barque, le marché est attaqué de toute part par de nouveaux concurrents. Ce que certains qualifierait de marché dynamique est vécu par les agences de publicité comme une gabegie.

Peu importe : le problème de la pub qui ne sait pas s’archiver n’est pas un problème de juniorité des effectifs mais de sottise des seniors qui n’ont pas su créer un système d’archivage efficace, trop occupés à se casser le tarin entre deux mains aux culs des secrétaires ou à pointer les cas de copie (accidentels ou pas).

Shit in, shit out.

 

Le futur des agences de pub ressemble à un fast-food. Non bio.

Une conversation avec votre DC en 2025
Une conversation avec votre DC en 2025

Pas besoin d’être devin (ni sceptique) pour imaginer le futur de notre métier.

  • Côté création : des messages générés automatiquement.
  • Côté média : des messages diffusés automatiquement.

Des pre-rolls sur Apple Watch, des millions de beacons nous spammant non-stop, des bannières mobiles, contextuelles, achetées en temps réel.

Demain tout le média s’achètera à la façon du digital, aka. au kilo, à l’image des plus gros investisseurs en programmatique (les voyagistes, les distributeurs, la mode, l’automobile).

Et si chaque message est adapté à une cible, un contexte, un produit, comme le dit Bob Hoffman de Ad Contrarian :

The economics of inexpensive online advertising has meant that only a foolish agency would hire high-priced, talented people to write and design banner ads, website copy, and tweets. […] Advertising is becoming fast food.

Le futur de notre métier ne justifie aucun salaire supérieur à celui des Turks d’Amazon, il va falloir trouver des manières de recréer de la valeur.

Répéter à tous vents comme un mantra que le digital a tout changé bien évidemment, nous en sommes les premières victimes. Pas suffisant toutefois, et puis trop facile à copier.

Vendre des méthodos inutilement compliquées? Oui mais encore trop facile à copier.

Ouvrir une usine à message en Inde? Oui sans doute mais glauque.

Exporter nos expertises chez les nouveaux acteurs de la création (régies, éditeurs, boites de production) ? Pourquoi pas.

Faire perdurer un savoir-faire premium dans une industrie standardisée? Triste mais pourquoi pas.

Ce qui fait le talent d’une agence, c’est sa créativité, ou sa poésie, cette valeur incopiable. Dommage que cela ne rapporte plus.

Good old wiseness from Bob Hoffman remembers us how mediocre we are

perception-is-reality

This is good old wiseness from  Bob Hoffman aka. the Ad Contrarian, remembering us that:

  • Our industry is as conservative as others
  • Every innovation scares people
  • Fads are easy to believe to
  • There’s no truth (fortunately)
  • We walk on egg
  • We dance on eggs

My favorite part show up around around 35′. It’s about defending seniors.

Finally the best ground for appreciating changes: peeps.