Adblock est une technologie publicitaire

Rien ne m’agace plus que les gens qui négligent les bannos.

Je comprends que certains puissent penser qu’elles ne sont pas – a priori – pas aussi impactantes qu’un film TV, elles sont éminemment plus tactiques. Les bannières ont toujours été négligées par les agences et c’est une erreur. Plus que jamais.

Le display continue de peser environ 40% des investissements digitaux (la pub digitale étant plus grosse que la pub offline dans la plupart des gros pays) et grossissent à deux chiffres grâce à la programmatique. La croissance du display est portée par le display vidéo, la publicité native, le retargeting, les social ads. Le display est un marché dynamique en plein renouveau. Ca vous donne peut être envie de mourir mais c’est le monde dans lequel nous vivons. Ne faites pas l’autruche.

Bref, tout ça pour arriver sur Adblock.

Lors d’une présentation de Artefact et du futur de la publicité à une agence de communication amie, on m’interpelle sur la pertinence du format display vis-à-vis de « la montée des ad blocks ». Un doute légitime. Il y a effectivement 600M d’adblocks installés dans le monde, certains pays sont adblockés à plus d’un tiers.

En ouvrant la page dédiée à vos extensions web de Google Chrome, vous pouvez remarquer cet avertissement :

adblock extension.png

Adblock collecte de la data ? Ah oui ah bon? Mais pourquoi faire?

Il est temps de vous déniaiser.

Adblock vend de la pub personnalisée aux annonceurs. Et cela n’a rien de secret.

Adblock est une technologie publicitaire qui aspire vos données de navigation pour les commercialiser à des annonceurs.

Adblock est une sorte de DSP comme on dit dans le milieu : un intermédiaire éclairé à la data qui met en relation les marques et les inventaires publicitaires des éditeurs.

Son discours est très proche de celui de la coalition for better ads des GAFAs visant à diminuer la fraude publicitaire : contrôler les espaces publicitaires pour éviter les formats intrusifs.

Ceux qui utilisent Orange ou Gmail auront d’ailleurs remarqué que certaines annonces continuent d’apparaitre, même avec Adblock.

Adblock vend de la pub.

Donc avant de fossoyer trop hâtivement le display à la faveur de vos limites créatives, donnez lui une chance.

Le jour où il sera chouchouté, il sera créatif.

Publicité en ligne : faut-il pisser contre le sens du vent?

La publicité sur internet traverse une crise de conscience.

La presse s’interroge, le patron de l’IAB se parjure et confesse que les optimisations réalisées ces dernières années ne valent pas la dégradation de valeur générée par l’industrie.

We messed up. As technologists, tasked with delivering content and services to users, we lost track of the user experience.

Ce document trouvé sur l’excellent Petit Web propose un bon condensé des dérives de la publicité en ligne : trafic fantôme, fausses impression, formats insupportables, montée en force des Adblockers, échec de la personnalisation

Pour autant, les dépenses internationales du display augmentent (notamment grâce à la vidéo), le digital est sur toutes les lèvres, il produit les plus grosses valorisations boursières (Uber = 20 fois la SNCF).

digital as spending share worldwide

La relation entre l’outil et la société est un immense champ d’étude des Humanités. Lorsqu’un outil produit un usage innatendu, il n’y a rien de plus difficile que d’en écarter les usagers. C’est la puissance des usages et des sentiers du désir.

De fait si les publicitaires utilisent la programmatique comme des crétins, que faire? Faut-il blâmer l’outil, les publicitaires ou le marché ? Faut-il légiférer? Faut-il adopter un code de déontologie?

Vous n’en croyez pas un mot et vous avez bien raison.

Le futur de la pub en ligne ressemble à un fast-food qui va supprimer énormément d’emploi. Ne pissons contre le sens du vent et inventons de nouveaux formats : services, contenus, expériences.