Une tactique appelée degamification

Dénichée sur le blog Pasta & Vinegar de Nicolas Nova, cette courte note aborde le sujet de la degamification.

Elle-même inspirée d’un autre article, elle relate l’expérience d’un auteur expliquant comment il déjouait, lui et ses amis, les règles des jeux de plateaux pour les aménager à leur manière et en profiter encore plus.

Alors que les défenseurs de la gamification avancent la plupart du temps le niveau d’engagement suscité par un environnement ludique, l’expérience de la degamification ne se contente pas de contrer cet argument mais le dépasse : c’est en déjouant les règles que le niveau d’engagement vis-à-vis d’un objet augmente.

L’affordance est un point de départ, libre à chacun de s’en accomoder.

Quand on connait le succès de jeux vidéo en environnements libres (GTA, etc.) ou la déliquessence du “mode d’emploi” parmi les jeunes générations, on aurait plutôt tendance à faire confiance à la degamifiction.

Le succès de Twitter ou Facebook jaillissent  précisément de l’absence de règles d’utilisations, les usages s’imposent et s’inventent, au bénéfice de tous.

Le street fishing : une illustration de l’effet jogging riche d’enseignements pour les marques

On parlait de l’effet jogging il y a quelques jours. En voici une jolie illustration : le street fishing. En vogue depuis quelques années dans les métropoles occidentales, la pêche connait un regain d’intérêt à rebours du sens commun.

La nourriture abonde à tous les coins de rues : quelle motivation archaïque redonne envie de chasser sa nourriture? Le seul plaisir de se retrouver entre amis? Celui de reconnecter avec nos racines ancestrales? De se singulariser à tout prix? D’exercer une activité sportive en plein air?

Sans doute un peu de tout ça.

Ce que nous enseigne aussi le street fishing, c’est la puissance de notre environnement culturel. Impraticable il y a quelques années, la pêche urbaine est le fruit d’une politique de préservation des fleuves, engagée dans les années 80, à l’époque où Chirac promettait de se baigner dans la Seine.

Si cette phrase n’était qu’une gaudriole, les poissons sont bien revenues, on compterait actuellement une quinzaine d’espèces contre 2 ou 3 il y a 20 ans.

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La pêche urbaine fait figure de métaphore de l’évolution de la relation entre les gens et les marques.

Savamment contrôlées grâce à une gestion des flux informationnels distribués entre quelques grands canaux, les messages pouvaient jadis être dosés, les modalités de réceptions de l’informations étaient peu matures, l’environnement économique prompt à la dépense, tout allait bien. C’était l’heure du top-down. “Il faut pêcher pour vivre, pêchons”.

Petit à petit, une vague contestataire a fait son apparition, sous l’impulsion de facteurs aussi variés que l’atomisation des audiences et de l’offre informationnel, la maturité des publics, les crises économiques… Désormais, les gens font ce qu’ils veulent avec ce qu’on leur envoie. C’est l’heure de la désobéissance civile, du hacking et du braconnage, du bottom-up. “On pêche si on en a envie”

Les marques qui ont du succès à notre époque sont celles qui préservent les rivières et laissent revenir les poissons. Elles ne forcent personne à sortir ses gaules mais s’enthousiasment de ce type d’initiatives spontanées, consumer based.

Les marques devraient toutes être des bacs à sables, pas des puzzles.

Non à l’affordant branding !