La magie du marketing Amazon : de la surveillance à l’assistance

Il y a quelques semaines, Amazon lance Cloud Cam, une caméra de surveillance domestique.

Les raisons de ce lancement sont multiples :

  1. Les caméras de surveillance domestiques sont un succès sur Amazon et la firme américaine a tendance à lancer ses propres MDD pour capturer les catégories dynamiques.
  2. Amazon aimerait livrer les gens à domicile en leur absence : une caméra de surveillance permettrait de reconnaitre le faciès des livreurs pour pénétrer les domiciles.
  3. La maison est le nouveau champ de bataille des GAFA : chacun veut devenir « l’OS de la maison » (avec des caméras, des enceintes intelligentes ou des beacons façon dash buttons) qui sera capable de reconnaitre les membres d’un foyer, anticiper leurs désirs, proposer des publicités personnalisées. Pour souvenir, la marque de robots automates Roomba cherche également à s’emparer de ce marché.

Là où les choses deviennent amusantes, c’est à la découverte de la vidéo supra. Initialement positionné comme une caméra de surveillance, Echo vient d’être repositionné comme « assistant fashion » qui prend des photos de son look. Bref, tous les prétextes sont bons pour pénétrer les foyers et à ce titre, imposer de nouveaux usages est clé.

Et dire que les designers ont fait souhait d’être plus éthiques en 2018… (ça me fait d’ailleurs rire que ce gros faux cul de Yves Behar s’y mette aussi).

Quoi qu’il en soit, 2018 sera plus que jamais l’année de la « capteur stratégie ». Et vous? Comment votre marque collecte des données?

Merci Fabien pour ce beau lien.

10 things I didn’t know last week #172

1. UPS Has A “Circle Of Honor” For Drivers Who Go 25 Years Without An Accident.

2. Water carafes in Parisians cafés used to be called Château Chirac.

3. Facing difficult settlements, Famous banker JP Morgan – the Monopoly guy – brought both parties on his boat and pledged not bringing them back to shore until a deal would be made.

4. Kenneth Brannagh directed Thor.

5. One direction made 700 millions dollars in revenue in 2013.

6. Berluti are shined during moonlight. Thanks Patrice

« First, you wash the shoes. Then you must expose them to the rising moon, in the first quarter of the lunar cycle. The moonlight penetrates to the heart of the leather, et voila! »

7. The great innovation story of Pilates founder: Joseph Pilates.

At the outbreak of World War I, Joe was interned as an « enemy alien » with other German nationals. During his internment, Joe refined his ideas and trained other internees in his system of exercise. He rigged springs to hospital beds, enabling bedridden patients to exercise against resistance, an innovation that led to his later equipment designs. An influenza epidemic struck England in 1918, killing thousands of people, but not a single one of Joe’s trainees died. This, he claimed, testified to the effectiveness of his system.

8. Internet Data Company Alexa was named after the Library of Alexandria. Thanks Olivier

9. Why sportwagons are called breaks in France? It comes from horses.

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10. How the Fosbury flop works:

Donne-moi ta liste et je te dirai qui tu es…

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Désolé pour le titre. Avez-vous remarqué à quel point l’internaute a la tendance de tout classer/lister/ranker ?

C’est très vraisemblablement une donnée qui existe depuis que le monde est monde – un paramètre sine qua non d’organisation – seulement du haut de mon petit âge et à l’aune des heures perdues sur la toile, force est de constater – la profusion de contenus aidant – que les listes pullulent.

C’est simple, il y en a pour tous les goûts. Vous désirez être tenu au courant à la seconde près de l’évolution de l’audience de votre page? Pas de soucis, une pléiade d’outils vous permette de sur-statistiquer toutes vos données (Alexa, Comscore, Google Analytics…), qu’il s’agisse de classer la popularité des blogs ou sites (Technorati, Wikio, Bloglines) vos pages vues, etc. Jusqu’ici rien de bien étonnant, le Web est au diapason du Saint Graal algorithme du PageRank Google de référencement.

Mais pour ce qui est des listes d’items à proprement parler, j’ai des doutes. Commençons ce micro panorama par la Bible du listing improbable, j’ai nommé Forbes. Plus grosse fortune, femme/homme les plus puissants classés par âge, sexe, origine géographique, appartenance religieuse, groupe sanguin et accointance politique : l’acmé de la vacuité.

La musique et le cinéma ne sont pas les parents pauvres de cette drôle de manie. Rétrospectives, hommages, monographies ou cartes blanches à motivent sans arrêt la constitution de listes : films ou albums préfères – voire haïs – héros chéris et admirés, souvenirs d’enfance… (Ellipse assumée sur les festivals de cinéma, de Cannes à Sundance en passant par les Gérards).

Rolling Stone – il reparaitra bientôt en France ! – établis également des listes : meilleurs disques de l’année / de la décennie / du siècle, meilleure percée, meilleure découverte, le tout recouper selon une infinité de modalités. Dernière trouvaille en date : le BBC SoundIndex, classement des 1 000 artistes les plus commentés sur les sites communautaires consacrés à la musique, donnant par la même du grain à moudre à tous les excités du buzz (je compte parmi eux les majors).

Nous sommes en droit de nous demander si les vieilles pratiques du marketing – le Top 50 en est la parfaite cristallisation – n’ont pas déteint sur nos petites vies en nous obligeant à systématiquement hiérarchiser nos goûts afin de garder – ou pas – dans le landerneau de nos goûts tels ou tels artistes/évènements/pratiques ou dieu-sait-quoi.

En bref, nul ne peut échapper à la puissance des listes, avatar subjectif des préférences de chacun classées, déclassées et reclassées. Une manière de rationnaliser notre petit univers, de se constituer des repères tangibles, de se comparer aux autres surtout.