La déprimante inertie des agences médias vis-à-vis de la donnée

Personne ne vous le dira comme ça mais pour 90% des marques sur terre (aka. les lessiviers), la première source de donnée, c’est les investissements médias.

De fait, je reste halluciné par l’absence de clairvoyance des centrales d’achat à ce sujet, qui regardent passer les trains, en mâchant leurs GRP.

Côté annonceurs, les choses bougent bien plus vite (énième preuve de l’esprit de suivisme des agences) : marketing, média et digital (souvent même IT) font alliance pour tirer le meilleur de la publicité numérique et son corollaire data driven.

Dès lors, il n’est pas étonnant que les cabinets de conseil issus de l’univers de l’informatique convoitent ces nouveaux gisements. Capgemini rachèterait Publicis, Accenture WPP.

Des grenouilles voulant être plus grosses que les boeufs? Oui.

Mais surtout des grenouilles qui savent faire des mathématiques et industrialiser la collecte de la donnée. Pas des centrales d’achat.

L’épreuve de l’infrastructure : comment les GAFA ne peuvent échapper aux sols

Amazon devrait devenir la première entreprise de l’histoire à dépasser 1 trillion de dollars de capitalisation boursière. Avec Alibaba en Chine, les deux larrons règnent sur le e-commerce comme Facebook et Google sur la publicité en ligne.

Pourtant le e-commerce, même dans les pays très digitaux, ne dépasse jamais 15% des dépenses des ménages. C’est énorme et minuscule en même temps.

Qu’est-ce qui les empêche de grossir davantage?

L’immédiateté.

Amazon a beau promettre de livrer en une journée, cela reste plus long que de descendre en bas de chez soi à l’épicerie ou de s’arrêter dans un supermarché en rentrant du bureau.

La vérité c’est la rue. Tôt ou tard il faut y descendre. Avec ou sans drones, avec ou sans voitures autonomes, avec ou sans entrepôts volants.

Il y a 10 ans Dixons rachetait Pixmania. Carrefour Rue du Commerce il y a quelques années. Jet.com avec Walmart il y a quelques semaines. Pour des résultats décevants.

Aujourd’hui les centres commerciaux Intime sont rachetés par Alibaba, Amazon ouvre des corners à NYC et multiplie les entrepôts pour gagner en proximité, Uber se repositionne comme le successeur de UPS grâce à sa maitrise de la data des déplacements…

Ils ont beau tourner autour du pot, tôt ou tard, il faudra se rendre à l’évidence : le prochain palier de croissance se fera dans le mortar, avec des coûts opérationnels autrement plus élevés, une trésorerie en peau de chagrin, des juridictions nationales.

L’adage internet the first trillion is the harder to make est battu en brèche par la réalité du sol : le e-commerce sans infra c’est relativement facile : les états soutiennent, les banques abondent. Le 2e trillion, c’est celui des sols. Des pays, des salariés, des impôts, des coutumes locales.

Il est évident que Carrefour n’aurait pas pu créer Amazon.

Mais est-ce que Amazon peut créer Carrefour?

On verra.

Si l’interface logicielle constitue un enjeu stratégique pour les marques, elle n’explique certainement pas le succès d’un business

interface iphone sensible tactile irrité susceptible

Cet article de Techcrunch est un trending topic du moment : The Battle Is For The Customer Interface. On l’aime d’autant plus qu’il est écrit par un homme de qualité : Tom Goodwin, patron de l’innovation d’Havas Media USA.

Quel est le point de ce post ?

Uber, the world’s largest taxi company, owns no vehicles. Facebook, the world’s most popular media owner, creates no content. Alibaba, the most valuable retailer, has no inventory. And Airbnb, the world’s largest accommodation provider, owns no real estate. Something interesting is happening.

Ce que raconte l’auteur, c’est que les marques de demain ne sont pas des providers de hardware mais de software. Ce qui compte ce n’est pas la production mais le service.

Full stack companies like Tesla, Warby Parker, BuzzFeed, Nest or Harry’s seek to ensure control by owning all layers. From R&D to marketing, from distribution to sales, these companies do it all. It’s a great way to keep profit in the family, yet it’s harder to scale and build.

Pour ce qui est des « vieilles » boites qui verticalisent leur chaine de production, l’auteur estime qu’elles auront plus de mal à grossir – scaler – que les interfaceurs. Ce qui n’est ni vrai ni faux : il est évidemment plus long et coûteur d’ouvrir une usine Tesla en Chine que de lancer une application dans le monde entier.

In the modern age, having icons on the homepage is the most valuable real estate in the world, and trust is the most important asset. If you have that, you’ve a license to print money until someone pushes you out of the way. So the question becomes, what are you going to do to stay there or get there? And once there, how do you exploit it?

Là où l’article dérape, c’est en concluant que la clef du succès est d’être sur une homepage de smartphone avec une interface cool. Cela peut être le cas pour quelques start-ups mais cela n’explique rien d’autre.

D’abord parce que sans produit il n’y a pas d’interface possible. On a beau adorer Capitaine Train, ils ne sont rien sans la SNCF. Uber ou Blablacar ne sont rien sans les particuliers. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

Ensuite parce que l’infrastructure demeure la seule clef du succès. Que ce soit en terme d’entrepôts pour Amazon (voir à ce titre cette excellente conférence), de data center pour Google, de lignes de terre pour Verizon ou de savoir-faire industriel pour Apple. Que les marques soient digitales ou pas n’y changent rien. Ce n’est pas le succès planétaire de Whatsapp qui change les règles du jeu. Vous ne vous demandez pas pourquoi les investisseurs de Wall Street ne sont pas dans la Silicon Valley?  Ou pourquoi Warren Buffet n’a pas misé un kopek sur une seule boite logicielle?

Finalement parce que culturellement, la sharing economy (voir infra) ou la hype du data catching finira peut-être par passer. Parce que les utilisateurs AirBNB finiront par devoir déclarer au fisc leurs revenus, parce qu’on se rendra compte qu’au nom de la liberté d’entreprise Uber détruit nos emplois façon Mittal, parce qu’on finira par se rendre compte qu’aucune de ces boites ne génèrent d’argent autrement qu’en exploitant vilainement nos données perso.

Bref. Point de vue intéressant mais péremptoire ce qui en atténue la portée. Dommage. D’une fine analyse, cela devient un prêche.

The internet we don’t know yet

Fatima Al Qadiri is selling cater thru Instagram
Fatima Al Qadiri is selling cater thru Instagram

Yesterday, French fashion brand Comptoir des Cotonniers proudly announced a tactic to roll out 9000 new French showrooms in a single night, thru interactive billboards.

Even if most of us are sceptical, these initiatives should be at least considered for their ability to push out walls.

But, wait for it, compared to this, we’re far far far away.

This awesome deck from Yiibu showcases in 100 slides how cold feet we are regarding innovation, mobility, business and innovation.

In fact, it’s absolutely delightful to feel fresh air coming from the Far East. This is jugaad, design thinking, unpredictable and absolutely inspiring.