Voyage au milieu de l’enfer : la réalité des mises à jour informatiques pour les séniors

Cet été, je suis allé passer quelques jours chez mes parents.

Comme souvent lorsque vous êtes un millenial, vous êtes plus compétents que vos parents en informatique. Comme souvent, chaque rencontre est l’occasion d’aborder les derniers problèmes IT.

L’ordre du jour de cette visite concernait les mises à jour. Défendant leur intérêt indiscutable, mes parents, du haut de leur maigres – mais téméraires – connaissances IT, ont fait état d’un point auquel on ne pense pas suffisamment quand on a la « tête dans le guidon » : les mises à jour bouleversent un ordre établi.

Pour mes parents – comme pour d’autres n00bs – il est compliqué de s’habituer à de nouveaux écrans, de nouveaux usages, de nouvelles fonctionnalités. Lorsque cet environnement générateur de stress impose de surcroît des changements hebdomadaires ou mensuels, nous avons à faire à une situation qui parlerait à Sisyphe.

Pour les seniors, la philosophie always in bêta, c’est bêta.

PS : fun fact > bêta au sens idiot du terme est une dérivation de bête alors que bêta en informatique désigne une version b, aka. une version d’essai quasi finalisée. Leur étymologie donne envie de créer du lien mais il n’en est rien.

Always in Beta – une mythologie bien arrangeante avec le business

Ce post a été rédigé à 4 mains, à l’aide d’Olivier Legris.

On parle beaucoup de nouvelles manières de travailler en agences… Quel est le nouvel OS de votre agence? Comment s’organiser à l’heure du marketing de la conversation? etc.

Les nouveaux entrants souples cohabitent avec quelques tentatives d’évolutions organisationnelles dans les grosses maisons. Idée de vogue outre-Atlantique (voir ça ou ça), l’idéologie du always in beta (cf. cet article) est inspiré de l’univers des start-ups.

Pourquoi une idéologie? Parce qu’AIB introduit une rupture majeure dans les représentations de la production. Always in beta promeut la remise en question permanente. Il n’y a plus de produit fini, tout est retouchable, modifiable.

Une économie naturellement plus apte à émerger dans un environnement immatériel que matériel, ce qui la rend hautement compatible avec des profils d’entreprises du secteur tertiaire telles que les agences de communication.

Always in beta – épaulée de méthodes telles que le lean ou l’agile [cf. ça ou ça] – offre un modus operandi pragmatique pour aborder la complexité du lien entre marques et publics à notre époque.

Les délivrables sont modestes et adaptés à la demande du moment, ne nécessitent pas des frais de production pharaoniques, s’adaptent à la réactivité et la volatilité propres aux interactions digitales.

Cette modestie ne vise qu’à satisfaire les publics et les clients, délestés des risques d’échecs. Mieux, les agences ouvrent une porte chez leur client qui n’a pas pour vocation à être refermée.

Les campagnes sont mortes, tout comme les collaborations ponctuelles.

Les clients signent des contrats prompts au dialogue permanent.

Que de demande le peuple?