Aimer l’art contemporain et courber l’échine devant le pouvoir. BOBO.COM

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Loris Gréaud à la Fondation Rosenblum

C’est la FIAC. On célèbre l’art (contemporain) en France et dans la monde.

De toutes les exégèses de l’art contemporain celle de Régis Debray (dans Vie et mort de l’ image) est celle qui parle le plus à un impie. L’histoire de l’art se compose de 3 phases :

  • L’idole : l’objet sacré et divin
  • L’icône : la représentation trivialisée
  • L’expérience : l’oeuvre à vivre et à ressentir

Chacune de ces phases correspond à de grandes périodes épistémologique. La christianisation participe (entre autres) de l’apparition des humains de chairs et d’os dans l’art. La révolution industrielle tue le statut de l’oeuvre unique au bénéfice d’une renaissance sensitive.

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Art et commerce ont toujours fait bon ménage. Art et puissance également. L’étroitesse des liens entre les gouvernants et les artistes est quasi innée. Le clergé et/ou l’exécutif durant les deux premières phases, l’exécutif surtout durant la 3e.

D’un point de vue marketing, on a rarement vu une telle dissonance entre les déclarations et les actes. La plupart des définitions de l’art militent pour un “élargissement de nos horizons”, des “épiphanies de possibles” et “la remise en question des dogmes”.

Pourtant, la plupart des artistes étant au service des puissants, ils ne font  que propager la logique bourgeoise (au pire) ou d’ouvrir de nouveaux territoires à la domination symbolique (au mieux).

Si l’art a toujours été un maroquin du pouvoir, le goût pour l’art dénote t-il une forme d’inclinaison (voire d’appartenance) à la classe dominante?

En vrai, les artistes ont inventé la boboïtude avec leur discipline. Bosser pour le pouvoir sans s’en réclamer, mimer le détachement, laisser la place à la démarche de leurs clients. La subordination totale.

Décalés, déjà il y a 5000 ans.

Qu’est-ce qu’on expose dans les musées ? Les sculptures ou les schémas qui ont présidé à leur réalisation?

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On ne répétera jamais assez que “les idées non exécutées sont des hallucinations“.

L’exé-cu-tion. Qu’il s’agisse d’innovations ou d’inventions. Malgré les effets de diligence. Les premières voitures automobiles, mêmes inspirées des voitures tirées par les chevaux, sont la matérialisation d’un fantasme. Les Google Glasses, bien que très laides, incarnent un rêve.

Qu’on travaille dans la communication, les médias, le design, l’événementiel, l’ingénierie, la littérature, la pâtisserie ou l’ébénisterie, tour se résume toujours à un objet produit.

Question : qu’est-ce qu’on expose dans les musées ? Les sculptures ou les schémas qui ont présidé à leur réalisation?

Si les huiles décident d’instituer un mouvement (cf. l’histoire du cubisme et de l’effet Picasso) pour des raisons (et des délais) plus ou moins arbitraires, l’objet survit à la pensée. C’est peut-être un effet pervers de notre civilisation de l’avoir au détriment de l’être mais c’est comme ça.

Voyons-y une preuve de respect vis-à-vis des gens : un objet ne doit pas être livré avec un mode d’emploi. Chacun est libre de livrer sa propre interprétation. C’est l’évolution de l’histoire de l’art, depuis l’objet sacré et unique, suivi de l’idole reproductible, à la création d’expériences interactives.

Arrête l’école et viens fabriquer des trucs !