La goal dilution theory nous rappelle à l’évidence de parler moins mais mieux

La mention faite à la goal dilution theory par Rory Sutherland dans ce talk* est bonne à garder sous le coude.

Ce modèle montre que lorsqu’un comportement est motivé par plusieurs objectifs (ex : faire du sport pour a/perdre du poids, b/être en bonne santé, c/arrêter de fumer, d/se sentir mieux dans sa peau…), il est moins efficient que lorsqu’il est motivé par un seule objectif (ex : faire du sport pour perdre du poids).

Par plus efficient, on entend être choisi par les gens à qui on suggère de faire du sport.

De quoi se convaincre d’être plus synthétique dans ses discours commerciaux (sans pour autant nier la richesse des arguments par type de public ou contexte de communication) ou managériaux…

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I got a feeling : ce que nous apprennent les Black Eyes Peas

Incroyable ce nouveau clip des BEP. Léché, beat universel, paroles sophistiquées. On va  se remuer le boule sur ce mondo-tube tout l’été, à coup sûr. Outre ses qualités intrinsèques, cette vidéo est une petite pépite contemporaine, un témoignage unique et riche sur notre époque.

Qu’est ce qu’on lit à travers ces 5 minutes de bonheur pur?

  • Le placement produit a de beaux jours devant lui. Nokia et Asus s’en donnent d’ailleurs à coeur joie. On voit apparaitre le dernier né de la marque scandinave au tout début du clip, puis un netbook de la marque coréenne quelques secondes (2’52)
  • Autotune, le plus ringard des logiciels branchés, n’a pas encore été lâché par les producteurs, malgré toute la peine que se donne l’hypocrite Jay-Z (ça ne m’étonnerait pas qu’il soit de près ou de loin derrière les BEP).
  • En 2009, la récession impose un train de vie modeste, on est en pleine mode du Do it Yourself : on fait la teuf à la maison (Adidas ou la série britannique Skins ne sont pas innocent dans ce regain d’intérêt pour les salons parentaux), on prépare soi-même ses cookies (4’23) ; sans pour autant être chiant. On peut encore s’asperger d’alcool. La Kronenbourg a juste remplacé le Roederer.
  • En 2009, on est OUVERT : on festoie entre gens de toutes les couleurs – façon Mickeal Jackson dans les années 90 – on ne rejette pas les freaks – on se déguise comme les Misfits (3’01), Busta Rhymes ou le Mr Jack de Tim Burton – et on se roule des pelles entre meufs. Sarah Palin l’homophobe a démissionné et même Darkplanneur en parle, c’est dire si les gays sont tendances. Cerise sur le gâteau, on case des Mazeltovs à droite à gauche, histoire de surjouer encore un peu plus l’oecuménisme (vers une résolution du conflit israelo-palestinien?) de la pop musique.
  • Mais d’où provient toute cette belle énergie? Du nouveau président bien sûr, pour qui Will.I.Am, un des chanteurs du groupe, a bossé, travaillant par là même sa notoriété. Le drapeau américain circulaire en arrière-plan ne vous rappelle rien? Pas même le logo de la campagne de Barack?
  • La Production rajeunit, elle a baigné dans les mêmes influences kitsch et mémétiques que nous…  Vous ne connaissiez pas encore Hooked on a feeling?
  • L’avenir sera radieux et va changer, la preuve, The End est écrit en lettres de lumières… Le futur ne sera pas dark, mais lightfull.

Ouf ! Grâce à BEP, on en a appris des choses. Au fait, c’est quoi leur chanson déjà?

Demain tous low-tech?

Je ne sais pas si vous avez eu l’occasion de constater un étrange phénomène, sans doute inhérent à l’abondance de produits technologiques dans nos vies : le développement du low-tech.

Certes, chaque tendance produit sa contre-tendance. Il est bien naturel que tout le monde n’adhère pas corps et âme à l’injonction technologique dont nous sommes les proies. Toutefois, il est amusant de remarquer comme le progrès passe parfois par une simplification – à outrance – des appareils, contrecarrant par là même un des textes favoris des geeks : la loi de Moore.

Nous apprenions pour commencer  il y a quelque jours que le disque vinyle marquait un retour inattendu dans le coeur des consommateurs. Bizarre mais pas saugrenu. Il existe depuis des lustres des adeptes de la galette noire, incapable de reconnaitre au compact disque les valeurs émotionnelles attachées au microsillon.

Vient ensuite l’univers de la photo. Tant il est vrai que l’appareil photo numérique est un des immenses succès technologiques de ce nouveau millénaire, on note que le Lomo, les Polaroïd voire même les Holga sont à la pointe de la hype. L’appareil photo jetable n’a de surcroit toujours pas disparu des bureaux de tabac (il doit dépanner les touristes en goguette).

Du côté des téléphones, on va passer sur la tendance vintage qui a réhabilité les cadrans rotatifs en bakélite orange. Les cartes téléphoniques ont bel et bien disparu de la circulation, en revanche le Bic Phone fait un tabac. Asus, le fabricant du EeePC a de ce fait annoncé sortir un EeePhone très bientôt, en réponse au trop plein de technologies embarquées dans les iPhone, Palm et autres BlackBerrys.

Les ordinateurs, ne sont logiquement pas épargnés par cette lame de fond commandée par les voies de la simplicité. Le EeePC au système d’exploitation simplifié cartonnent, Linux grignote progressivement des parts de marché et équipe l’Ordissimo, un PC à destination des seniors. Et si l’ordinateur ne se résumait pour une large frange de la population qu’à envoyer des mails et relever ses comptes?

Ce mouvement n’est pas réservé aux pourfendeurs de la technologie. En conclusion – provisoire – voici une tendance sur laquelle je reviendrai plus longuement : le steampunk. Pourquoi des fans de high-tech s’amusent-ils à détourner leurs appareils à la sauce Mad Max VS. Jules Verne? Qui se cache derrière ces grands enfants se réclamant d’une autre ère?

Un point sur le modding très bientôt.