10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #118

1. L’algorithme pour gagner à pierre, feuille, ciseau à tous les coups.

2. La drôle d’histoire derrière le nom des rames de RER. Merci Olivier

3. Le vélo, déjà, toujours…

4. Le Real Madrid détient 40% des droits à l’image de ses joueurs.

5. Carat = Centrale d’Achat Radio Affichage Télévision. Merci Xavmod.

6. Cookie Puss, une mascotte publicitaire low-tech citée par Howard Stern, les Beastie Boys, « The Family Guy », Regis and Kelly, Philip Glass ou Patton Oswalt.

7. L’expression goofy footer familière aux sports de glisse vient de Disney. Merci Sébastien.

8. Lancée en 1955, la Dodge La Femme est la première voiture officiellement adressée aux femmes.

9. Les abonnés ne représentent que 16% des gens qui fréquentent les bibliothèques municipales.

10. Depuis 2005, le revenu (toutes sources confondues) des inactifs est supérieur aux actifs (cf. Challenges).

Les hôtesses et babes appréciées des fabricants de hi-tech visent-elles à recruter des seniors ?

Histoire d’en rajouter une louche en matière de lutte contre le sexisme, difficile de ne pas être frappé par l’image de la femme véhiculée dans la plupart des communications hi-tech (dont voici un triste florilège).

Non seulement l’argument gender ne tient pas (aujourd’hui la majorité des produits technologiques sont utilisés de manière mixte), mais les marques auraient dû faire leur mea culpa depuis longtemps : le hi-tech est une passion masculine par le simple jeu du machisme. Le métier d’ingénieur est pratiqué par les hommes pour des raisons culturelles, certainement pas physiologiques, encore moins intellectuelle. Le hi-tech sexiste est l’héritage d’une époque où les hommes construisaient le monde pendant que leurs épouses élevaient leurs enfants (et faisaient leur lessive grâce à Procter qui s’inscrit dans cette digne lignée).

De la même manière un peu honteuse que les fabricants automobiles racolent dans les salons avec des femmes à moitié nues (une autre manière d’assumer leur adoption des codes tuning), les constructeurs de hi-tech ne manquent pas une occasion de présenter leurs nouveaux produits à grand renfort de poitrines et de yeux de biches :

L’image renvoyée au public est étonnante. Outre les vertus maternantes (certains anthropologues comparent le téléphone mobile à un cordon ombilical) ou sensuelles des appareils (d’autres chercheurs font le pari de l’apparition de téléphones dont les textures évoqueraient  la peau), c’est juste dégradant, pour les marques comme pour leurs publics. Un peu de courage messieurs.

C’est l’intelligence du film Renault Twizzy : une femme audacieuse, un geek trophée sexuel. Une auto comme la Twizzy se devait de renverser les codes en parlant à une génération pour qui les stéréotypes évoqués plus haut datés n’évoquent rien.

A moins que le hi-tech ne fasse les yeux doux aux seniors (d’une manière qu’Apple)?

Qu’en pensez-vous?

Dilemne : comment les marques assument les « tuning boys »

C’est une brève parue sur le site de Caradisiac qui introduit le sujet : comment les marques automobiles gèrent les adeptes de tuning?

Largement répandu à travers le globe, le tuning consiste à customiser son véhicule selon des modalités pas toujours très glamours… Les idées reçues véhiculées par ces pratiques sont d’ailleurs mal connotées en dehors des communautés de fans.

La logique marketing poussent les marques à monter en gamme et essayer des vendre des voitures toujours plus équipées à des prix toujours plus hauts. Il devient toutefois compliqué de gérer cette stratégie lorsqu’une partie de sa clientèle y injecte les valeurs du tuning, souvent très populaires (cf. vidéo ci-dessous)…

Quelques marques tentent de « premiumiser » le tuning. Après tout, ce hobby n’est pas forcément incompatible avec le marketing de la personnalisation et de la série limitée.

Mini propose par exemple à ses clients une gamme d’accessoires très vastes qui leur permettent de tuner sa voiture de manière chic.

Ford va présenter plusieurs préparations tunées de sa Mustang au SEMA show, THE salon du tuning à Las Vegas. La marque s’est rendu compte que son modèle culte était l’auto la plus customisée au Etats-Unis. Les propriétaires ont dépensé pas moins de 31 milliards de dollars l’année dernière en accessoires… Une manne bienvenue pour l’industrie automobile US en berne..

Comment concilier les aspirations statutaires des marques avec la réalité des usages des consommateurs? Vaste sujet…

Une autre stratégie qui marche pas mal, c’est les cargirls sur les salons… Ou comment attirer les consommateurs en quête de statut ET les adeptes de la jante alu… La photographe Jacqueline Hassink s’est amusée à en faire un reportage photo :

Le reste de la galerie ici.

Dur dur la culture…

Bonus : une petite perle

Un business model vert : enjeu ou opportunisme

Vous avez sans doute remarqué la dernière campagne télévisée d’Apple qui surfe sur la vague du greenwashing. Ce post n’a aucune prétention que de présenter une opération mise en place par les magasins d’informatique Krysténa : la reprise de votre vieil ordinateur polluant en échange d’un nouvel appareil eco-friendly.

Au-delà de l’aspect opportuniste de cette stratégie, on peut s’interroger sur les limites – s’il y en a – du procédé.

Pourrait-on appliquer ce modèle à n’importe quel type de produits. L’automobile en est déjà friande mais est-ce que demain :

  • Les tours-opérateurs proposeront d’échanger son séjour dans les antilles à l’impact carbone gigantesque contre un aller-retour en train en Bretagne?
  • On se verra offrir un nouveau Magimix contre son vieux robot ?
  • Une garde-robe sera offerte contre ses fripes délavées (cf. Uniqlo)?

Autant de questions qui invitent à repenser bon nombre de business models qui gagneraient en valeur à peu de frais…

Citroën DS: retour vers le futur

Où l’on apprend avec surprise et circonspection que la marque aux chevrons s’apprêterait à relancer la DS, un modèle qui fit la gloire de l’automobile française entre 1955 et 1975 (et oui, à cette époque un modèle durait plus de 3 ans), notamment grâce à un système de suspension hydraulique rupturiste.

Pour commencer, on s’interroge sur la véracité de ces infos, tout de même relayées par les très sérieux Monde, FigaroEchos et Caradisiac.

Vient ensuite l’hypothèse du hoax… Après tout, les marketeurs viraux nous ont rôdé aux rumeurs les plus fantasques. Entre la célébrissime invasion extra-terrestre d’Orson Welles et le tunnel transatlantique de la SNCF ils feraient mieux de se concentrer sur le fonctionnement de leur site de vente en ligne en passant par le Macbook sans clavier, le doute est permis…

On s’amuse pour terminer à louer les vertus infiniment strechable de la postmodernitévintage et néo-rétro nous voila – de Maffesoli et Lipovetsky. Non contentes de puiser de l’inspiration dans les années glorieuses, les marques ressuscitent carrément les best-sellers. Après la Beetle, la Fiat 500 et la Mini, les rues vont bientôt être hantées.

De quoi alimenter les théories de la crise de la créativité…

Que se passe-t-il? Seuls les séniors achètent des autos? Les jeunes créatifs et designers ne font pas autorité dans leurs bureaux d’études? Le futur a du mal à s’envisager au volant d’une voiture, d’où ces relents designo-procrastinateurs? J’espère au moins qu’ils auront le tact de l’équiper d’un moteur hybride pour recoller au mythe de l’innovation Citroën.

Le pétrole a atteint des sommets cet été, plusieurs constructeurs sont sur le carreau. Pourquoi ne pas prendre le virage à 90° imposé par la conjoncture?