Big Spaceship : quelle inspirante entreprise

Ce document d’onboarding – ceci n’est pas un jeu de mot – des nouveaux salariés chez Big Spaceship est tout simplement canon.

Pour l’interne comme pour l’externe.

Une « bonne pratique ».

Pourquoi les agences de pub ne doivent surtout pas imiter Buzzfeed

Après 10 années d’existence dynamique, les fermes à contenus sont devenues les coqueluches du marché des médias qui peine à prendre le virage des internets.

A tel point que ces boites initialement créées pour faire de la curation (aka. soit voler des articles et les réécrire en les calibrant pour les réseaux sociaux ou innonder le web d’articles écrit en fonction des requêtes SEO) se targuent d’être de véritables médias (Buzzfeed ou HuffPo possèdent par exemples des rubriques politiques), monétisant grassement leur audience et produisant du contenu en interne pour leurs annonceurs.

Pour le marché, Buzzfeed est la pierre philosophale qu’on attendait. L’équation du succès : sacrifier la qualité éditoriale au profit d’articles qui buzzent + faire payer les annonceurs pour les aider à maitriser cette nouvelle écriture. Comme le raconte cet article d’Avertising Week :

CNN, AOL and Snapchat have joined The New York Times, The Wall Street Journal and other publishers in starting up their own in-house studios.

Alors que ces entreprises tirent leur épingle du jeu dans cette ruée vers l’or de la création de contenu déclinée par l’infinité de plateforme disponible, ce n’est de mon point de vue pas le modèle à copier pour une agence de pub.

Même si l’article d’Adweek fait état d’une petite agence cherchant à imiter ce modèle en ayant lancé une chaine Youtube consacrée à la musique, les agences de pub n’ont jamais été un média, n’ont pas la culture de l’audience, ne savent monétiser de l’attention mais des honoraires et de la production.

Que nous nous inspirions de la grammaire des fermes à contenus pour « être dans le coup » apparait évident tant cette rhétorique fait aujourd’hui consensus.

Mais que nous nous abaissions à imiter ces méthodes de production bon marché qui n’ont aucune vision à long terme pour les marques, c’est trahir notre expertise et nous mettre en danger au coeur d’une spirale déflationniste. Upworty l’a d’ailleurs bien compris.

Absolut et les données personnelle Facebook : un bon exemple de trade off positif

Toute la pertinence d’un discours réside dans l’exploitation censée de l’amplitude qui existe entre ce que l’on peut dire et ce qu’il faut dire. Tout sujet de conversation n’est pas bon à engager, toute innovation n’a pas vocation à nous rendre plus heureux.

La vie étant pétrie d’ironie, c’est d’un fabricant d’alcool que provient une des exploitations les plus judicieuses des données Facebook. En partenariat avec son agence Big Spaceship (voir le cas ici), Absolut, adorée en boîte de nuit mais snobée à la maison, souhaitait s’inviter dans les fêtes à domicile (que la récession favorise). La marque a ainsi devisé une série d’outils exhausteurs de soirée : des cartons d’invitation, des soirées à thèmes liées à l’actualité annuelle, des recettes de cocktails, des sujets de conversation et… des jeux d’alcool.

Après login Facebook, l’application mobile Absolut va donc se promener dans notre profil pour extraire des données dont la nature constituera des occasions de porter des toasts :

  • 52% de mes amis sont des mecs : tous les hommes dans la salle boivent un verre
  • J’ai une ex en commun avec XXX, buvons un verre tous les deux
  • Tous ceux qui sont déjà partis en vacances dans tel endroit boivent un verre

Si la finalité de cette exploitation des datas est assez peu glorieuse, on ne peut que féliciter sa pertinence contextuelle (un alcoolier organisant des soirées), ce qui constitue un bon début vers la création de valeur, l’oscillation du trade-off protection de ma vie privée vs. bénéfice et pourquoi pas, demain, l’accession au graal publicitaire tant rêvé : les datas individuelles…

Merci à Jérémie pour le lien.