La technologie c’est la liberté. Mon hymne à la bannos.

Je n’arrive pas à rester indifférent au clivage généré par la technologie au sein des agences de publicité (au sens large du terme). Certains y croient, certains non. On assiste quotidiennement à une répétition générale des classiques contre les modernes.

Ceci dit, chacun a le droit d’aimer ou de ne pas aimer un phénomène.

Toutefois je crois aussi que le noeud du problème est ici. Les agences de publicité devraient arrêter de juger selon leurs instincts. Aimer ou ne pas aimer n’est pas un baromètre fiable de la qualité d’un travail. Cela n’a de mon point de vue pas d’autre valeur que de permettre aux charismatiques d’écraser les timides : en l’absence de méthodes objectives de validation d’un document, la loi du talion idéologique domine le jeu.

Le véritable enjeu de la technologie n’a rien avoir avec le goût mais avec le business.

Malgré l’estime dont elle n’a jamais réussi à se nimber en dehors des cercles professionnels, la publicité est un des grands succès business du 20e siècle. Elle finance la liberté d’expression dans les pays démocratiques, a indirectement participé au renversement de nombreuses dictatures et entretenant une pluralité de points de vue. Aujourd’hui 3 applications sur 4 écrivent leur modèle économique à base de publicité, tandis que Facebook et Google observent des capitalisations boursières historiques, grâce à la pub.

Le monde parle pub. Comme un mal nécessaire certes, mais un mal nécessaire.

La rançon de la gloire, c’est que nos clients sont désormais aussi voire plus calés que nous. Alors que les David Ogilvy, Bill Bernbach ou Howard Gossage menaient la danse auprès de leurs annonceurs avec leurs théories en rupture, les 30 dernières années d’innovation idéologique publicitaire viennent des marques : Procter and Gamble, Unilever, Danone, L’Oréal. Les agences n’ont plus le lead idéologique.

C’est la raison pour laquelle je crois que la technologie – par le champ créatif qu’elle offre – ne devrait pas être envisagée par goût mais par opportunisme business, en vue d’essayer de reprendre un peu de leadership, regagner un peu de dignité auprès de nos clients.

La raison pour laquelle les mad men étaient affublés de ce surnom, c’est bien parce qu’ils portaient une vision pionnière.

Aujourd’hui pour être mad man il faut être du côté de la techno, sous peine de passer pour un branquignolo.

Etes-vous à l’aise avec cette tribune regrettant l’âge d’or de la pub?

C’est une journée un peu particulière pour écrire un article de blog. Aussi, puisqu’il m’arrive – comme certain d’entre vous me le reproche – de tourner parfois autour du pot, voici un article 100% haineux, en rebond à cette colonne publiée par Paul Burke, ancien copywriter publicitaire reconnu.

Pour faire court, il y déplore le niveau actuel d’écriture dans la pub, regrette une ère où il usait d’astuces psychologiques, où « l’on pouvait mettre un peu de soi dans la rédac », où on savait écrire le bel anglais, où les juniors se formaient à la sueur de milliers de prospectus sans intérêt. Et de conclure par le fait que les bons copywriters ont déserté les départements créatifs au bénéfice de la création de contenu : tweets ou sites internet.

Par où commencer?

D’abord Paul Burke a le droit d’avoir ce genre d’opinion. Il a vraisemblablement passé les 30 dernières années enfermées dans un frigo et devait déjà être réactionnaire à 20 ans. Est-ce que Campaign le publie pour générer de la polémique et de l’engagement? Sans doute. Et c’est bien joué parce qu’effectivement on ne peut pas y rester insensible.

Ensuite, Paul Burke fait montre d’une ingratitude rare vis-à-vis de la publicité. Il ne semble pas heureux que sa discipline ait essaimé dans des domaines autres que le print ou le film (ce qu’il appelle avec dédain le contenu), que le nombre de campagnes ait été multiplié par 100. C’est le leg de sa génération d’enculés du baby boom qu’il n’assume pas.

Finalement et c’est sans doute le plus grave, qu’il ne sache pas reconnaître à la langue anglaise la capacité d’évoluer dans le temps est pathétique venant de la part de quelqu’un qui écrit. La beauté de la langue, c’est son dynamisme, pas son conservatisme. La publicité a en outre toujours été considérée comme un art dégénéré. Pas moins dans les années 50 que dans les années 2000. Le vrai sujet ce n’est pas la qualité de la langue, c’est que la langue utilisée par la publicité n’a pas de valeur aux yeux des écrivains. Pas la peine de nous faire croire qu’il était un monsieur à une époque. Les Mad Men ont toujours été des losers.

On fait l’impasse sur le coup des trucs psychologiques. Monsieur Paul Burke étant vraisemblablement aveugle aux nouvelles manières de communiquer.

Bref, je me rends compte que je n’ouvre pas tant que ça le débat mais j’aurais joie à jouter avec vous sur la défense de ce type.

Bisous

Notre Lien Quotidien Zeitgeist 2014

2015

Meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Voici le bilan de Notre Lien Quotidien durant l’année passée.

Les 10 articles les plus lus (et rédigés) en 2014 ont été :

  1. Listen for yourself by Bose is just a good idea
  2. Tii.me – calculate how time you have spent watching TV programmes
  3. Bill Bernbach on datas: “Facts Are Not Enough”
  4. A cooperation issue: Yves Morieux gives us 6 rules to be smarter in a simpler way
  5. A car so iconic you need to unintroduce it
  6. Just another ikea catalog
  7. Brand Engagement is so 2013. Future of interaction is written in Brand Humiliation
  8. An inspiring talk on brands, from France
  9. 10 well written copies
  10. 10 things I didn’t know last week #190

Les 10 mots clefs ayant conduit les internautes à ce blog :

  1. grammar nazi
  2. sexto
  3. la vague
  4. vague
  5. louboutin
  6. psychologie inversée exemple
  7. paradoxe d’allais
  8. notre lien quotidien
  9. psychologie inversée
  10. consommation ostentatoire

Encore merci à tous pour votre fidélité.

A demain.

Bill Bernbach on datas: « Facts Are Not Enough »

Bill_Bernbach2

Bill Bernbach’s Speech to the 4As, « Facts Are Not Enough », back in 1980.

A great bunch of good thoughts.

First things first, his appeal to poets willing to disrespect sciences and data are everyday more fresher.

Couple of others points are a bit old-fashioned, especially how he explain to leverage human insights to create powerful and efficient communication. Attitudes do not always drive behaviours (P2), as he explains himself on this very paper when he talks about professional deformation (p8).

Contexts make us who we are and how we see the world. It’s working among scientist which made Bill Bernbach so eager to fight data. Probably no the other way around.

Rules are prisons

This scepticism regarding logic vs. poetry maybe comes from his cultural background. Christianism is a religion of the truth whereas Judaism is a religion of interrogation. What’s the thruth ? Does it even exist? A crucial – paradoxical isn’t it? – question more relevant every day.

What make BB speech almost historic is how his urge for considering emotions among a land of logical tells the end of the modern myth, where science couldn’t not save the world anymore.

Science is not enough

A good read though.

Empty Pocket #5 : week 12

pinspire pinterest

Couple of nuggets from the past week:

A faithfull description of new economy artefacts where NGOs will take a ball game: gig economy, sharing economy, collaborative consumption by Mr. Jeremy Rifkin. The Rise of Anti-Capitalism

What’s best? being right or being President? Unfortunate pioneer of suncessfull follower? Copycat Business Model Generates Genuine Global Success for Start-Up Incubator

A compilation of the best sceptic quotes from – sometimes important – people facing new tech during the 20th century: radio, television and cinema. Confounding Machines: How the Future Looked

And then we all clapped politely because we were all rather frightened of television. I think the trouble was that we believed that, if they could make this film, they could see into our houses. We could see them; they could see us.

Even very partial, this op-ed from John Winsor (Victors & Spoils CEO) asks if a new wave of creatives can find a new path over advertising’s creative elites presiding a protectionist system that breeds conservativism and stifles creativity. Agencies are becoming a closed, shrinking creative system

Oddly good advices to steal techniques from Start-ups at SXSW. 5 Things Marketers Can Learn From the VC Pitch

Interesting portrait of Bill Bernbach and his philosophy of advertising, still strongly used by DDB today. How Bernbach changed everything