10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #283

1.Netflix = interNET + Flicks (un synonyme de film en anglais).

2. Le nom du magazine Esquire est un lointain dérivé du titre écuyer, que les membres de la gentry utilisaient accolés à leur signature à défaut de titre de noblesse.

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3. McDonalds propose un programme CRM caché ultra gold – tout à volonté – pour une sélection de people triés sur le volet.

4. L’invention de l’adolescence comme levier de démocratie. Article passionnant.

5. Sammy de Scooby-Doo était officiellement le babos de la bande. Il avait toujours faim. Il avait les munchies. Merci victor

6. BMXBicycle Motocross (oui en anglais on abrège cross avec la lettre X).

7. L’histoire dingue de l’agent double Robert Hanssen qui fut chargé se neutraliser lui-même durant une chasse aux taupes du KGB au sein du FBI.

8. Au début du 20e siècle, on réussit à guérir la syphilis en injectant aux malades le virus de la malaria.

9. Le président Georges Clémenceau a popularisé les chrysanthèmes dans les cimetières. Merci Papa

10. Voici la version américaine de Ma thèse en 180 secondes, sponsorisée par Science Magazine : dance your PHD. Merci Bertrand

Future Founders de Bloomberg Beta est un algorithme de détections de hauts potentiels

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Article glaçant du NYT sur les modes d’investissements des capital-risqueurs de la Silicon Valley.

Etant globalement des matheux, ils compilent les statistiques socio-culturello-démographiques des fondateurs de start-ups à succès : ayant réussi à réaliser xxx levées de fonds, générer xxx millions de chiffres d’affaires en xx mois, le temps que cela a pris, leur âge, sexe, etc.

Une fois le portrait-robot du fondateur profilé par la machine, Bloomberg Beta – l’exemple de l’article – l’utilise à l’envers pour identifier de potentielles futures stars des internets. Puis l’entreprise les rencontre et leur donnent des conseils pour monter leur boîte…

L’outil new biz ultime en quelque sorte. Qu’on n’a pas parallèlement pas du tout envie de voir se populariser dans les départements ressources humaines.

Ironie de l’histoire, les profils identifiés par la machine sont plus féminins que les profils observés car l’algorithme ne comprend pas la discrimination

Le monde que nous fabrique la Silicon Valley est nul.

Mythologie : le garage

Le garage désigne étymologiquement l’action de ranger un véhicule dans une gare. L’expression « voie de garage » lui rend hommage : elle est la métaphore d’une situation condamnant à l’immobilité.

Dès lors, comment expliquer les mythologies créatives – très américaines – gravitant autour des garages ?

Historiquement, le garage nous raconte l’histoire de l’urbanisation du 20e siècle et de la société de consommation : l’american way of life fait rentrer dans la légende le pavillon de banlieue, synonyme d’indépendance, de jardin, de confort, de propriété.

Ce mode d’habitation s’est développé parallèlement à la démocratisation de l’automobile (THE transport individualisé). Parce que la nouvelle bourgeoisie habite dans les suburbs (en distinction des centre-villes populaires) grâce à l’auto, elle doit de doter d’un lieu où la ranger. Initialement indépendant de la maison, le garage va progressivement se coller à l’habitation afin de symboliser le lien qui unit les gens à leur voiture.

Au fur et à mesure, on intègre le garage aux maisons. On ajoute une pièce au-dessus du garage. On la loue pour rembourser son crédit, on l’utilise comme grenier où on la prête aux enfants pour les familiariser à l’indépendance.

Le garage devient un lieu à part, une alternative entre le foyer parental et le monde extérieur, une annexe de l’autorité : le sanctuaire de la voiture, outil d’ouverture sur le monde extérieur.

Pas étonnant dès lors que le garage soit autant lié au changement, à la transformation, il est le catalyseur entre l’ordre et le progrès. D’où le nombre fou de mythologies – savamment storytellées – de créations d’entreprises révolutionnaires ayant vu le jour dans un garage : informatique (Apple, Microsoft, HP…), ingéniérie

Le garage, c’est la déclinaison moderne de l’atelier ou de la dépendance au fond du jardin où tout se créé, façon Géo Trouvetou, Léonard ou Oncles fameux bricoleurs :

Mon oncle un fameux bricoleur faisait en amateur
Des bombes atomiques
Sans avoir jamais rien appris c’était un vrai génie
Question travaux pratiques
Il s’enfermait toute la journée au fond de son atelier
Pour faire des expériences
Et le soir il rentrait chez nous et nous mettait en transe
En nous racontant tout…
Boris Vian, La java des bombes atomiques

On croise également le mythe du garage au cinéma : Doc de Retour vers le futur y invente sa machine, Kevin Spacey dans American Beauty s’y reforge une nouvelle jeunesse et découvre l’homosexualité…

Mon oncle un fameux bricoleur faisait en amateur
Des bombes atomiques
Sans avoir jamais rien appris c’était un vrai génie
Question travaux pratiques
Il s’enfermait toute la journée au fond de son atelier
Pour faire des expériences
Et le soir il rentrait chez nous et nous mettait en transe
En nous racontant tout

Le garage, c’est un lieu de transgression : on y fait les premières boums (cf. Sophie Marceau ou Franck Dubosc), on y fait les sottises propres à l’adolescence, on y hurle des refrains pré-punks… Un style musical baptisé Garage Rock, caractérisé par un son sale, enregistré en amateur.

Ce style d’enregistrement subsiste encore de nos jours : le logiciel Garage Band symbolise à lui seul les premiers enregistrements maison.

En bref, le garage témoigne de l’évolution de la société et des cultures adolescentes, il cristallise les alternatives et les idéaux jeunes, il est le lieu de transit vers le monde extérieur…

Tout un programme… Avez-vous d’autres images du garage en tête?