La décentralisation souhaitée par les crypto-monnaies est-elle un danger pour les états?

Il y a quelques jours Le monde publie un riche portrait de Vitalik Buterin, l’inventeur de l’Ethereum, une crypto-monnaie concurrente du bitcoin.

Deux éléments m’inquiètent dans cet article. D’abord la genèse de son invention :

Il confie d’ailleurs que la création d’Ethereum a germé dans son esprit à la suite d’un événement traumatisant pour lui : en 2010, la société propriétaire de World of Warcraft modifie la règle du jeu (en limitant les super-pouvoirs d’un sorcier), sans consulter les fans : « J’ai longuement pleuré avant de m’endormir, et ce jour-là j’ai découvert les horreurs provoquées par les systèmes centralisés. Peu après, j’ai décidé d’abandonner ce jeu. »

Autrement dit Vitalik se méfie des systèmes centralisés, aka. états ou institutions.

Ensuite son affinité politique :

Il se définit comme un cuckservative (terme inventé par les militants d’extrême droite américains pour désigner les conservateurs modérés contaminés par les idées libérales).

On a donc à faire à un Pether Thiel bis qui cherche à améliorer le monde en se débarrassant des instances traditionnelles de contrôle, comme la plupart des libertariens de la Valley.

Je n’avais jamais analysé l’obsession de la décentralisation des crypto-monnaies de cette manière.

Décentraliser c’est tout simplement supprimer les instances de contrôle au bénéfice d’un algorithme qui gèrerait soi-disant de manière neutre la société comme de la bande passante, tandis que les sujets vaqueraient à leur occupation, quels que soit leur nature.

Désolé mais merci non merci.

Voici l’article complet :

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #314

Avant toute chose : merci à Olivier d’avoir géré la rédaction de NLQ pendant les 15 derniers jours.

1.Selon l’OCDE, 14% des adultes sont computer literate.

2. Au tennis, les hommes et les femmes ne jouent pas avec les mêmes balles.

3. La magie de l’haptonomie. Merci François

4. Dans la Russie communiste, les biens de consommation publicisés inspiraient des doutes :

Under communism, anything that was worthwhile or desirable was generally in short supply. Consumers inferred that the only possible reason that the government might be promoting something was that they’d accidentally managed to produce something of such unremitting crappiness that people weren’t willing to queue for it. Advertising in that context told you what not to buy.

Merci Greg

5. Les crypto-monnaies consomment 0,1% de l’électricité mondiale, soit plus que des pays comme l’Islande ou la Syrie.

6. Les premiers essais nucléaires américains furent révélés au grand public lorsque des traces inhabituelles apparurent sur les pellicules de nombreux clients Kodak.

7. La plupart des codes PIN sont composés de 4 chiffres car la femme de l’inventeur des distributeurs de billets avait mauvaise mémoire.

8. La première version de the sound of silence fut un tel échec que Simon et Garfunkel se séparèrent après l’enregistrement. C’est leur producteur qui prit la liberté de remixer une version qui connut le succès et conduit le duo à se reformer.

9. La chaise de bureau à roulettes a été inventée par Charles Darwin et popularisée par Bismarck.

10. Le premier « Quand est-ce qu’on arrive? » de la route des vacances des Français est dit au bout de 44 minutes.

Blockchain expliqué par une discussion avec un chauffeur Uber

Il y a quelques semaines, Wired UK a publié une édition spéciale turfu intitulée The WIRED World in 2016.

On y trouve cet article de Rory Sutherland (chantre de l’économie comportementale) titré Technologists now need to be psychologists racontant l’importance de la compréhension des comportements humains pour utiliser au mieux les ressources technologiques.

[Parenthèse non sponsorisée par les structuralistes] : on a coutume de dire que la technologie change les comportements (moi le premier) or ne perdons jamais de vue que la structure sociale et intellectuelle qui donne naissance à une technologie lui préexiste. Etes-vous oeuf ou poule ? Faites votre choix.

Rory restitue une anecdote évoquée à bord d’un Uber à propos de la note des passagers. Et se rend compte qu’une mauvaise note peut être une meilleure note qu’une bonne note. Ie. un 4.8 indique que vous avez pris plusieurs fois Uber. Un 5 indique que vous êtes un client occasionnel. Et entre un client historique et un client occasionnel, l’algorithme Uber favorise le client historique.

Autrement dit la prise en considération de votre historique de commande Uber donne une lumière différente sur un scoring client.

Autrement dit la connaissance de votre historique de commande vous donne un fort coefficient de confiance.

C’est exactement ce que cherche à reproduire le blockchain – utilisé originellement pour BitCoin – à plus large échelle. En reconstituant le coefficient de confiance entre une personne et une marque via son historique relationnel.

Ambitieux mais ambitieux.