10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #39

1. A Paris, 40% des inscrits dans les cours de boxe sont des femmes (source : Nouvel Obs).

2. La différence entre les adjectifs marxiste et marxien : le second a été inventé pour désigner ceux qui suivent les idées de Karl Marx sans avoir la connotation politique de marxiste.

3. En 2008, un quart des michetons ont trouvé leur bonheur grâce à Facebook. Autre fait marquant : la préférence des prostituées va aux Blackberry plutôt qu’aux iPhone.

En complément d’information, voici une courte présentation intitulée Le ‘droit de jouissance’ dans la culture du numérique : objets et représentations du netporn. Dommage que le commentaire manque :

4. Fashion est un mot migrateur : il vient du français façon. Son retour dans le vocable français en qualité d’adjectif n’en fait pas une exception. De nombreux mots ont été exportés puis réimportés dans notre langue :

  • Coule, devenu cool au UK puis revenu chez nous ;
  • Toster, devenu toast au UK et réimporté ;
  • Bacon (les geeks vont verser leur larme) est un mot d’origine francique qui désignait la viande de porc. Il est rentré en France au 19e siècle, agrémenté d’une prononciation anglaise ;
  • … (d’autres exemples dans ce petit article intéressant)

5. Nommé en l’honneur de son inventeur Alexandre Graham Bell, le bel est une unité de mesure du son. Pour des raisons de précision, elle est moins utilisée que son sous-multiple : le décibel.

6. Frère Léon Bourjade est un singulier individu. Missionnaire aviateur n’oubliant jamais son portrait de Sainte-Thérèse de Lisieux dans sa carlingue, il fut surnommé le grilleur de saucisse durant la première guerre mondiale, grâce à son incroyable talent de chasseur de Drachen (les zeppelins allemands). Merci Simon.

7. La psychophysique, discipline hybride qui cherche à déterminer les relations quantitatives qui existent entre un stimulus physique et la perception qu’on en a…

8. Les 4 vautours du Livre de la jungle de Walt Disney sont inspirés par les Beatles. Les Fab Four devaient leur donner leur voix.

9. Alphonse de Lamartine a été responsable des affaires étrangères du gouvernement provisoire de la Seconde République. Merci Chloé.

10.  Le Maghreb (le couchant en arabe) désigne la région d’Afrique du Nord située entre la mer Méditerranée, le Sahara, l’Océan Atlantique et l’Egypte. Le Machrek ou machreb (le levant en arabe) désigne pour sa part l’Orient arabe, dont les frontières sont plus floues. Selon Wikipédia :

Le Maghreb forme depuis plus d’un millénaire une unité géographique, mais pas linguistique (il y a plusieurs langues : les dialectes arabes et berbères). Il possède en effet une forte identité qui le distingue par rapport aux mondes arabe et africain du fait de son relatif isolement par rapport à celui-ci et de l’importance de l’élément berbère dans sa culture2. Bien qu’éloignés l’un par rapport à l’autre, le Maghreb et le Machrek sont toutefois particulièrement liés par la langue arabe et la culture islamique. Carrefour d’influences diverses, son histoire contemporaine est marquée par la colonisation française, espagnole et italienne mais aussi par sa proximité avec l’Europe de l’Ouest.

Talk Text Time

Trève de trashage, il y a parfois des campagnes qui nous parlent, qui nous touchent. Ca fait plaisir. C’est précisément ce que j’ai ressenti devant la promo du nouveau téléphone mobile Sony Ericsson Xperia Pureness.

Tout d’abord, j’ai aimé l’approche résolument orientée KISSers (Keep It Simple Stupide) de ce nouveau produit. La signature publicitaire l’atteste : Talk, Text, Time. Les fonctions de cet appareil sont réduites à l’essentiel, cantonnées aux usages plutôt qu’aux prouesses. Une approche consumer centric qui déplace le débat autour des avions multifonctions façon iPhone ou BlackBerry.

Ensuite, j’ai adoré l’usage d’Helvetica dans cette campagne (je crois que c’est le thème de la semaine…) : quoi de plus efficace qu’une police fonctionnelle pour un produit fonctionnel?

Au passage, petite anecdote : Helvetica est une police dite “fonctionnelle” car elle a été pensée pour un usage industriel. A l’époque (début des 50′), la mécanisation de l’imprimerie est balbutiante, chaque entreprise y va de ses inventions et de ses brevets. Linotype (propriétaire d’Helvetica) possède sa technique et va adapter/dessiner la fonte qui va avec.

Le site produit affiche sa volonté de diffuser un message sobre et essentiel, une belle mise en abime typographique.

Par ailleurs, l’usage de la police suisse admet un autre avantage bien calculé : il assure une indexation parfaite. La fonction d’indexation est une théorie cognitive développée par le sémioticien Jean-Marie Klinkenberg. En clair, elle définit la capacité d’un signe à être remarqué. Exemple : un tableau sur un mur. Exemple 2 : une police noir sur fond blanc, contraste maximal, indexation idéale.

Last but not least, Helvetica a été dessinée pour une machine qui composait les phrases avec des blocs mots (contrairement à l’imprimerie traditionnelle qui utilise des caractères mobiles individuels), soit des formes pensées pour être perçu comme des blocs-textes (nous reviendrons une autre fois sur la cognition scripturale). Ces blocs texte/image sont idéals pour être vus de loin (grâce aussi à leur indexation), c’est pour cette raison qu’on retrouve Helvetica dans la signalisation de beaucoup de villes et/ou pays… Bref, Helvetica est une police pensée pour les messages impactants, donc la pub.

Pour terminer, il convient de saluer la direction artistique – une nouvelle fois – et le mediaplanning de cette campagne, parfaitement intégré et codé “créatif culturel urbain” : private joke des formats publicitaires indiqués sur certains supports, retailing sélectif…

Bref, du bon boulot qui donne envie d’acheter.

Quelques images :

Quand un chef d’Etat vous fait de la pub

On apprenait il y a quelques jours qu’Hugo Chavez, le charismatique chef d’Etat vénézuélien, croisé anticapitalisme, se faisait le porte-parole d’une cause autrement plus noble que l’indépendance pétrolière de l’amérique latine : l’accès universel au téléphone portable.

Pour la petite histoire, le penis phone – c’est son petit/grand nom – est la risée des marketeurs internationaux compte-tenu de son nom, mais peu importe (cf. 4×4 Koleos de Renault, couilles en grec), le naming fera l’objet d’une prochaine note.

Outre les intérêts financiers qu’Hugo doit détenir dans la firme qui commercialise ce Bic Phone à la sauce latino, on peut s’interroger sur l’image que renvoie un produit (sup)porté – involontairement ou non – par un chef d’Etat.

Est-ce que la Corona a réussi son entrée sur le marché français grâce à Jacques Chirac? Le succès du BlackBerry est-il imputable à son forcené-utilisateur-sauveur-du-monde Obama? L’Amérique était-elle cinglée de ketchup Heinz pendant que les Républicains étaient au pouvoir? Les Rolex sont-elle redevenues à la mode – Barbès ne compte pas – depuis que Sarkozy en arbore plusieurs rangées à chaque poignets? Seat sauve t’il les meubles en Espagne grâce à Zapatero?

Autant d’interrogations qui rallient la grande dichotomie sur laquelle plusieurs dizaines de livres et thèses devraient être rédigées chaque année : la mauvaise pub est-elle de la bonne pub? Est-ce le trashvertising, le spankvertising ou le smear marketing contribuent à faire préférer une marque? 

Tout dépend de la marque me direz-vous… A marque grand public message consensuel, à marque de niche message polarisant et clivant…

Où est la frontière entre les deux? That is the question.

Source : Intomobile

L’attaque des clones

Obama-clone

L’ergonomie d’une page web : indispensable car elle nous assure de trouver les informations rapidement. Il est pourtant si périlleux de se différencier via une interface innovante…

Histoire de changer, Internet ne sera pas au centre de cette note. C’est un article lu sur e24 ce week-end qui m’a mis la puce à l’oreille. Les fabricants automobiles sont adeptes de l’effet Lego.

Qu’est ce que c’est ? Un processus industriel consistant à échanger ses compétences en vue de réduire ses coûts de production. Malin. Jusqu’à un certain point. Les voitures se ressemblent fortement. On exempte les modèles carrément assemblés dans la même usine (ex: la Peugeot 107, la Citroën C1 et la Toyota Aygo).

Cette lame de fond d’inspiration technocratique balaie tout sur son passage. Les marketeurs dépensent des fortunes pour nous inspirer, nous expliquer que nous sommes tous uniques et exceptionnels… A consommateurs incroyables, produits incroyables non? La logique est implacable. Et pourtant la tendance est à l’uniformisation… C’est à n’y rien comprendre.

Nous vivons actuellement un total syndrome Where is the sausage? (un blog merveilleux !)

A trop vouloir nous émouvoir, les communicants ont oublié de faire évoluer les produits en conséquence. A moins que cela n’illustre que les guéguerres intestinales frappant ingénierie et marketing au sein des entreprises.

Bref, il suffit de jeter un rapide coup d’oeil aux 4 téléphones mobiles ci-dessous pour saisir la pleine mesure de ce qu’on essaie de nous refourguer sur fond de Be yourself, Express yourself, Don’t hesisate to be yourself…

Même Apple finit par s’y mettre. Elle abandonne les écrans mats, uniformise le design de ses laptops…

Et si l’expérience consommateur se recentrait sur le produit plutôt que ce qu’il dit de nous?

Demain tous low-tech?

Je ne sais pas si vous avez eu l’occasion de constater un étrange phénomène, sans doute inhérent à l’abondance de produits technologiques dans nos vies : le développement du low-tech.

Certes, chaque tendance produit sa contre-tendance. Il est bien naturel que tout le monde n’adhère pas corps et âme à l’injonction technologique dont nous sommes les proies. Toutefois, il est amusant de remarquer comme le progrès passe parfois par une simplification – à outrance – des appareils, contrecarrant par là même un des textes favoris des geeks : la loi de Moore.

Nous apprenions pour commencer  il y a quelque jours que le disque vinyle marquait un retour inattendu dans le coeur des consommateurs. Bizarre mais pas saugrenu. Il existe depuis des lustres des adeptes de la galette noire, incapable de reconnaitre au compact disque les valeurs émotionnelles attachées au microsillon.

Vient ensuite l’univers de la photo. Tant il est vrai que l’appareil photo numérique est un des immenses succès technologiques de ce nouveau millénaire, on note que le Lomo, les Polaroïd voire même les Holga sont à la pointe de la hype. L’appareil photo jetable n’a de surcroit toujours pas disparu des bureaux de tabac (il doit dépanner les touristes en goguette).

Du côté des téléphones, on va passer sur la tendance vintage qui a réhabilité les cadrans rotatifs en bakélite orange. Les cartes téléphoniques ont bel et bien disparu de la circulation, en revanche le Bic Phone fait un tabac. Asus, le fabricant du EeePC a de ce fait annoncé sortir un EeePhone très bientôt, en réponse au trop plein de technologies embarquées dans les iPhone, Palm et autres BlackBerrys.

Les ordinateurs, ne sont logiquement pas épargnés par cette lame de fond commandée par les voies de la simplicité. Le EeePC au système d’exploitation simplifié cartonnent, Linux grignote progressivement des parts de marché et équipe l’Ordissimo, un PC à destination des seniors. Et si l’ordinateur ne se résumait pour une large frange de la population qu’à envoyer des mails et relever ses comptes?

Ce mouvement n’est pas réservé aux pourfendeurs de la technologie. En conclusion – provisoire – voici une tendance sur laquelle je reviendrai plus longuement : le steampunk. Pourquoi des fans de high-tech s’amusent-ils à détourner leurs appareils à la sauce Mad Max VS. Jules Verne? Qui se cache derrière ces grands enfants se réclamant d’une autre ère?

Un point sur le modding très bientôt.