“L’autonomie et le fonctionnement en réseau ne sont pas des inventions d’Internet, ce serait plutôt Internet qui serait le produit de l’autonomie et du fonctionnement en réseau”

Cette citation provient du dernier ouvrage du sociologue Pierre Mercklé : Sociologie des réseaux sociaux. L’auteur y défend un point de vue relativement inédit sur l’apparition et le développement de l’internet, lie à des évolutions de la structure sociale bien antérieures à l’apparition du web.

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Bruno Latour a une théorie géniale

Rendue publique par le site Internet Actualité, la vision de ce prof de SciencePo séduit.

Son point est extrêmement simple : Internet n’a pas fait basculer le monde dans le virtuel. Il a produit l’effet inverse. Il concrétise des notions jusqu’alors virtuelles : la patrie, la démocratie, la conversation, etc.

L’exemple des communautés est particulièrement frappant. Depuis Tribes de Seth Godin aux agences de marketing communautaire en passant par les community managers, nous avons l’impression de vivre une retribalisation, alors que ce sentiment est avant tout le fruit d’une médiatisation de ces phénomènes.

Alors que quelqu’un  comme Michel Maffesoli pressentait le développement du mode de regroupement en tribus dès les années 80, l’essor du web leur a donné une forme d’existence.

L’article détaille le point de vue de l’auteur en établissant des passerelles entre réel et virtuel (ex : la dimension analogique de la révolution numérique, basée sur des signaux électriques).

La distinction entre le réel et virtuel ou matériel et immatériel n’a pas lieu d’être. Il n’y a que des interpénétrations aux pondérations variées.

Une dimension biaisée de surcroit par le vocabulaire français : numérique induit une sorte d’exclusivité de l’immatérielle, ce qui tend à renforcer les imaginaires réels/virtuels…

A contrario, le terme anglo-saxon digital marie bien les deux aspects :

  • Le matériel : digitus, le doigt en latin, devenu digital en anglais (ironie du sort que d’être pillé par des saxons).
  • L’immatériel : digital a progressivement évolué depuis doigt à une manière de compter sur les doigts, puis au numérique, puis à ce qui touche à l’ordinateur et l’immatériel. Une jolie pérégrination.

Source : Internet Actu