Le manifeste du conseil national du numérique pour une Europe plus digitale

70 personnalités issues de 6 ans de Conseil du National et du Numérique viennent de rédiger un manifeste pour interpeler le nouveau gouvernement sur les enjeux d’une politique numérique forte.

En voici les 8 points clefs.

  1. Accélérer la transformation numérique des PME. Ne perdons pas de vue que toutes tailles confondues, une entreprise sur deux n’a pas de site web, donc encore moins de stratégie numérique.
  2. Faire du numérique un accélérateur de la transition écologique. Via les objets connectés permettant une gestion intelligente des ressources énergétiques. Entre autres.
  3. Préfigurer une agence européenne pour la confiance numérique. Pour pallier à la discrétion de la commission européenne sur ce sujet, mais surtout mettre l’Europe au coeur des enjeux numériques. Nous serons plus forts à plusieurs, en particulier face aux GAFA et BATX dont les investissements en R&D surpassent de très loin ceux des états.
  4. Peser sur les décisions européennes en matière de partage de données. Ne nous jetons pas dans la gueule des GAFA.
  5. Ne pas jouer avec la neutralité du net : le monde a besoin de liberté d’expression et de démocratie, même si ces dernières années ont été le théâtre d’une émergence conjointe de la fachosphère et des fake news.
  6. Penser la coexistence entre intelligence artificielle et intelligence humaine. Et accompagner le remplacement de vieilles tâches par la création de nouveaux métiers.
  7. Réduire la fracture numérique. Parce que même avec un état régulateur des inégalités, il faut accentuer la lutte contre la sociologie des déséquilibres socioéconomiques.
  8. Faire du numérique le poumon de la formation professionnelle et de l’éducation. Il y a de fortes chances que 80% des nouveaux emplois créés à l’avenir soient liés au numérique.

Ca vaut ce que ça vaut mais en tout cas, ce manifeste offre un bon aperçu des enjeux du moment.

Pour info, voici le rapport complet :

Pourquoi les agences de pub ne doivent surtout pas imiter Buzzfeed

Après 10 années d’existence dynamique, les fermes à contenus sont devenues les coqueluches du marché des médias qui peine à prendre le virage des internets.

A tel point que ces boites initialement créées pour faire de la curation (aka. soit voler des articles et les réécrire en les calibrant pour les réseaux sociaux ou innonder le web d’articles écrit en fonction des requêtes SEO) se targuent d’être de véritables médias (Buzzfeed ou HuffPo possèdent par exemples des rubriques politiques), monétisant grassement leur audience et produisant du contenu en interne pour leurs annonceurs.

Pour le marché, Buzzfeed est la pierre philosophale qu’on attendait. L’équation du succès : sacrifier la qualité éditoriale au profit d’articles qui buzzent + faire payer les annonceurs pour les aider à maitriser cette nouvelle écriture. Comme le raconte cet article d’Avertising Week :

CNN, AOL and Snapchat have joined The New York Times, The Wall Street Journal and other publishers in starting up their own in-house studios.

Alors que ces entreprises tirent leur épingle du jeu dans cette ruée vers l’or de la création de contenu déclinée par l’infinité de plateforme disponible, ce n’est de mon point de vue pas le modèle à copier pour une agence de pub.

Même si l’article d’Adweek fait état d’une petite agence cherchant à imiter ce modèle en ayant lancé une chaine Youtube consacrée à la musique, les agences de pub n’ont jamais été un média, n’ont pas la culture de l’audience, ne savent monétiser de l’attention mais des honoraires et de la production.

Que nous nous inspirions de la grammaire des fermes à contenus pour « être dans le coup » apparait évident tant cette rhétorique fait aujourd’hui consensus.

Mais que nous nous abaissions à imiter ces méthodes de production bon marché qui n’ont aucune vision à long terme pour les marques, c’est trahir notre expertise et nous mettre en danger au coeur d’une spirale déflationniste. Upworty l’a d’ailleurs bien compris.

Démystifier la confusion sur la chaleur des médias et de l’information

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Petit article nerd à méditer.

Il y a un quiproquo sur la compréhension des médias chauds et des médias froids selon Marshall McLuhan.

Comprendre les médias explique qu’un média chaud et un média qui engage : il ne sollicite qu’un sens et demande une forme de participation pour comprendre un signal. C’est la radio, le livre ou la voix. Un média froid convoque plusieurs sens, il demande moins d’attention participative pour décoder un message. C’est la TV ou le cinéma. D’où les accusations d’aliénation de la TV (cf illustration).

Ce qu’on appelle de l’information froide ou chaude n’a rien à voir avec la température des médias mcluhanienne.

Info chaude = récente. Info froide = non récente.

En somme :

  • Un média froid peut diffuser l’information chaude. C’est la guerre en Irak sur CNN.
  • Un média froid peut diffuser de l’information froide. C’est le documentaire au cinéma ou la reconstitution historique à la TV.
  • Un média chaud peut diffuser de l’information chaude. C’est le scoop dans la presse ou sur Twitter.
  • Un média chaud peut diffuser de l’information froide. C’est le livre d’histoire ou la biographie radiophonique.

Montrer qu’on consomme de l’information

L’information se consomme, au même titre qu’une marque de cornichons ou de sneakers. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, il était difficile de partager sa consommation informationnelle autrement qu’en laissant trainer un numéro d’ID sur sa table basse ou sur la table d’une terrasse de café.

Le web a changé la donne : désormais, un clic suffit pour partager avec son réseau l’article qu’on est en train de lire et par là même ses goûts médiatiques.

Vu dans la série de reportages Digital Bomb d’Arte, une initiative menée par le Barbarian Group et CNN. Ils ont lancé une opération visant à connecter deux univers a priori distincts : la mode et l’information. Point commun : ils se consomment.

D’où l’idée de créer des t-shirts imprimés à l’effigie des news postés par la chaine de télévision.

Oseriez-vous arborer votre passion du Monde Diplomatique, d’AD ou, plus tabou, de Gala ou Grazia?

Trouvez une application commerciale, et plus vite que ça !

Nous avions été ébahi le soir du 4 novembre dernier par le dispositif médiatique mis en place par la chaîne CNN sur son plateau. Une envoyée spéciale à Chicago apparaissait sous les yeux humides de millions de fans de Star Wars téléspectateurs yankees, frappés de stupeur. Voir vidéo ci-dessous :

Adidas s’est tout récemment emparé de cette technologie dans sa boutique phocéenne, où un hologramme du gardien de but marseillais Steeve Mandanda fait les beaux jours de la vitrine de la boutique.

L’idée était effectivement trop bonne pour passer inaperçue. Je ne préfère pas imaginer à quoi vont ressembler les vitrines des Galeries Lafayette l’année prochaine… Un beau cirque à venir.