Valoriser la recherche française par le marketing

L’article Mashable résumant les engagements d’Emmanuel Macron pour l’industrie numérique nous rappelle à quel point la France dispose d’atouts solides pour l’avenir.

Emmanuel Macron a émis le souhait de voir émerger une stratégie nationale pour l’intelligence artificielle […]. Les chercheurs français sont bien armés pour y jouer un rôle majeur. La première étape sera d’évaluer ses usages potentiels et ses enjeux pour le travail et l’emploi de demain. Pour cela, il compte adopter un cadre fiscal qui encourage l’investissement dans l’innovation […].

La qualité de la recherche fondamentale hexagonale est reconnue à l’international.

A tel point qu’elle est parfois jugée hérétique par les Américains qui – quand ils n’attirent pas nos talents à coups de dollars – considèrent le CNRS comme une fantaisie idéologique.

L’IA constitue un double enjeu d’avenir pour le développement international de la France et sa souveraineté intellectuelle.

Chez Artefact, nous produisons des applicatifs d’intelligence artificielle au service des marques.

C’est notre créneau business et notre manière de valoriser nos talents, avec ou sans PHD.

De la défense des bullshit jobs. Vive le caca !

Ces derniers jours, il n’y en a que pour les bullshit jobs.

Nuit debout oblige, les visites consécutives de leaders et intellectuels de gauche ont mis à l’ordre du jour ce concept popularisé par l’économiste/activiste David Graeber (ne manquez pas son excellent portrait dans Télérama), déjà remarqué pendant le mouvement Occupy Wall Street.

Comme le relate cet article du Monde, le bullshit job a pour définition « un emploi dénué de sens ». Graeber lui-même lui reconnait une définition vaporeuse. Si l’on s’en tient à cet article du Monde, le bullshit job, c’est le nom que les gens qui n’aiment pas leur travail donne à leur travail.

L’article fait d’ailleurs état d’un contrepoint – qualifié de charge, tout en retenue – développé par The Economist qui nous rappelle que chaque époque porte son lot de bullshit jobs : on se souvient des métiers de gratte-papiers des romans de Maupassant ou Zola (qui ne devaient pas jouir de meilleures conditions de travail que les pigistes de Buzzfeed) ou plus récemment de la misère intellectuelle du job de fonctionnaire international dans Belle du Seigneur d’Albert Cohen (le reporting y étant déjà vécu comme un cancer organisationnel). Sans parler des millions de mini boulot des pays sans salaire minimum (vendeur de mouchoir, dame pipi, pompiste, teneur de porte, valeur de chambre…) ni même des métiers d’ouvriers à la chaine.

La différence entre un petit métier et un bullshit job semble-t-il, c’est que le premier assume son statut de petite valeur ajoutée alors que le second devrait faire sens mais faillit à combler son titulaire. Ce sont d’ailleurs souvent des (jeunes) cadres qui se plaignent des bullshit jobs. Ils ont fait des études supérieures et se retrouvent à fabriquer des sites web, passer des coups de fil, faire du contrôle de gestion.

Mais que raconte-t-on dans les formations supérieures pour qu’un tel décalage advienne entre les promesses et la réalité vécue ? Pourquoi les millenials vomissent la vie de bureau alors qu’elle a fait la joie de nos parents et grands-parents? Assiste-t-on à une des conséquences de la dictature du bac+5 où une part inédite des trentenaires sont diplômés alors qu’ils feraient de meilleurs artisans/agriculteurs/commerçants? Vit-on un effet secondaire de la fin de l’histoire et de la chute des idéologies? Les millenials sont-ils juste des enfants gâtés regrettant le trotskisme?

Peut-être. Soit.

En tout cas ce n’est pas une raison pour jeter l’opprobre sur tout le tertiaire. De cracher dans la soupe. Si les détenteurs de bullshit jobs n’aiment pas leur job, qu’ils en changent : ils ont déjà de la chance d’avoir un travail (en plus d’être diplômés donc statistiquement bien nés) : ils n’auront aucun mal à emprunter de l’argent pour faire une nouvelle formation et/ou se réorienter dans une industrie plus épanouissante (cf. l’exemple de cette cadre KPMG partie chez Emmaüs).

Le planning stratégique figure probablement au panthéon des bullshit jobs. Et pourtant : les attentes vis-à-vis d’une entreprise, les sources de curiosité et d’interactions personnelles qui en naissent suffisent à me satisfaire. Sans doute par sottise. Je ne suis sans doute pas assez clairvoyant pour saisir l’absurdité de mon boulot (qui consiste – entre autres – à doper la croissance intérieure et donner accès gratuitement à l’information).

En tout cas je ne me déleste pas sur les gens qui souffrent leurs conditions de travail. Je les plains. Et je préfèrerais les aider plutôt que de leur cracher à la gueule.

Le concept de décomposition-recomposition d’Edgar Morin est une clef de lecture au service de la créativité

calligramme appolinaire
Le Calligramme est un exemple de figure qui met la complexité au service de la simplification

Les métiers de la communication ont fait de la simplicité une valeur cardinale*. Transmettre une idée en quelques secondes résume notre métier depuis sa création.

La culture de la simplification est naturellement implantée chez les communicants. Transformer un problème en opportunité, changer le chaos en ordre, prendre de nouvelles directions par une lecture inattendue d’une situation… Tout ce que nous faisons doit être raconté en 3′, sous peine d’être inefficace face à un directeur marketing ou une personne en magasin.

Simplifier, c’est renoncer à l’exhaustif. Toutefois, simplifier c’est oser les passerelles, les analogies, la schématisation favorisant la compréhension.

Simplifier, c’est accepter de transfigurer un objet. Offrir une réponse qui sort des cases des expertises et qui permet de dépasser les barrières. Simplifier demande la vision intégrale d’Edgar Morin.

C’est tout le paradoxe de la simplicité. D’un côté, on gomme la complexité d’un objet. De l’autre, on en favorise la compréhension par emprunt et par re-complexification de l’objet.

Cela résume bien le concept de décomposition-recomposition cher à Morin. Il n’y a pas de nouveauté sans déclin de l’existant. Rien ne se créée, tout se transforme.

« Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve » (Friedrich Hölderlin).

Tout est dans tout.

C’est aussi une définition des métiers de la création à garder en tête. La créativité consiste à rassembler des éléments épars pour en faire des propositions inédites et pertinentes. Cette définition dépasse de loin la créativité. Elle est une exigence de reconnaissance de la complexité et de la pensée systémique dans la vie en général.

Les causalités rationnelles classiques A = B sont dépassées et insuffisantes. Montaigne a vécu.

Vive les idées larges.

*Une étude internationale de la simplicité :