Le réseau wi-fi gratuit du Stade de France est un plaidoyer pour l’entrée des musées dans l’ère « social »

Cet enfant est un pirate

La nouvelle fait un bien fou : le Stade de France s’est équipé d’un réseau wi-fi gratuit à la disposition de ses spectateurs. Enfin?

La logique sous-jacente est très actuelle : c’est en parlant d’un évènement sur les réseaux sociaux que les gens donnent envie à leurs connaissances de participer à plus de manifestations. C’est le principe du bouche-à-oreille.

Encore mieux, grâce au sponsoring des core-twittos par le SDF, des teams se sont constituées et s’affrontent régulièrement (en quantité de tweets émis) durant et après les évènements (pendant la 3e mi-temps autour d’une bière).

Les chiffres sont assez encourageants pour supplier une énième fois les musées d’adopter le même genre de stratégie. Sans forcément mettre à disposition un  réseau (la plupart des gens ont des smartphones), ils pourraient – selon la  même logique – au moins autoriser les photographies (sans flash en cas d’oeuvres fragiles) en vue de stimuler le bouche à oreille et la mémorisation des expériences (une personne qui gardent des traces d’un passage au musée a plus de chance d’y retourner en regardant ses photos de temps à autres).

Qui a dit que la culture populaire était ringarde?

Concrétiser le lien qui unit une marque à ses consommateurs

Le grand dada du marketing des 10 dernières années, c’est le communautaire. Largement soutenu par l’essor des sites participatifs et autres réseaux sociaux, la notion de marque communautaire a irrigué 99% des Power Point publicitaires des noughties (la disponibilité de stock shots insipides comme l’image ci-dessus est une preuve supplémentaire).

Bon nombre de marques cherchent donc à mettre en place des dispositifs physiques ou virtuels pour sinon rassembler du moins donner un semblant d’existence à leur communauté de marques : lieux de vie ou de vente, évènements, sites web…

Le vice manifeste de cette approche désormais moutonnière, c’est le coup d’épée dans l’eau. Outre les milliers de sites recevant 45 visites par jour (dont 34 de l’équipe marketing en interne), on a vu sur nos écrans des tas de spots vomissant les bons sentiments, suintant le consensus mou : Orange, La Banque Postale, Renault, BMW…

L’approche britannique de T-Mobile me parait toutefois plus pertinente que le reste du troupeau. L’opérateur a réussi a donner une vraie street credibility a ses opérations qui par ricochet, ne sont pas perçues comme de maladroites approches commerciales mais comme des divertissements appréciés des consommateurs.

Leur crédeau : tout ce qui touche à la musique. Pas si bête. Après tout, des tas de téléphones sont également utilisés comme des Walkmans (qui a dit iPhone?).

T-Mobile a commencé par enflammer la toile avec un flash-mob totalement ouf à Liverpool Station à Londres :

Ils ont poussé le bouchon un peu plus loin quelques semaines plus tard en organisant le plus grand karaoké du monde à Trafalgar Square :

Leur dernier coup d’éclat est franchement excellent. Sentant la mayonnaise prendre avec la musique, T-Mobile a lancé une campagne en proposant à un de leur client de réaliser son rêve. Comme le hasard fait bien les choses – j’espère que cela n’est pas une conspiration, ça foutrait par terre cette note – un musicien amateur du nom de Josh Ward a été tiré au sort.

Il a donc monté un grand concert de rue, réunissant à chaque fois plus de 1000 participants à Glasgow, Londres, Edinburg et Manchester.

Universal a produit son disque qui doit sortir dans les jours à venir. Je vous laisse juger du résultat.

Comme quoi, illustrer une promesse peut être aussi simple que ça : les opérateurs téléphoniques sont des générateurs de lien social.

Source : Contagious

Détente : Les 50 meilleures vidéos artistiques de Youtube

A prendre avec pincettes, il s’agit d’un classement britannique

Mes préférées :

Jackson Pollock en pleine action :

Karajan drivant la 5e symph’ de Beethoven :

L’inénarrable Rooftop Concert des Beatles :

Le subterfuge du M&M’s

Van Halen est un des groupes de hard-rock les plus célèbres des années 80. Ils font partie de ces bands à avoir inventé une musique finalement peu musicale, plutôt définie par la manière de la jouer : un énorme show, des paillettes, des feux d’artifice, etc. Van Halen est un des représentants phare d’une mouvance typique des années fric : le stadium rock, ou rock pompier (parodié par l’excellent vrai/faux documentaire The Spinal Tap, cf. photo)

Van Halen faisait tout dans la démesure. Là où un groupe basique utilisait 3 camions pour une tournée, les loulous sauteurs en utilisaient 9… Le nombre de techniciens, de roadies, de matos, d’ampoules, d’amplis constituait un casse-tête organisationnel peu commun. A tel point que les contrats de tournée du groupe était aussi épais que les Pages Jaunes, pour reprendre la métaphore utilisée par David Lee Roth, band leader. Un recueil de conditions sine qua non à respecter, sous peine d’annulation de la représentation…

C’est là qu’un intervient le subterfuge du groupe. Pour vérifier que les hôtes des concerts avaient bien parcouru les contrats dans leur intégralité, Van Halen intégra une clause atypique : l’interdiction formelle de laisser les M&M’s marrons dans les saladiers de confiserie prévus dans les loges.

M&M’s marron dans les loges était alors synonyme de négligence de la part des organisateurs, rimant comme un risque de dysfonctionnement potentiel du show…

Malins ces rockers !

Pour les incultes, Van Halen, c’est eux :

Merci à Alex et Erwan pour l’info.

Sources : Boing Boing, Snopes, The smoking gun