10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #123

1. L’Open cola est une marque de boisson dont les ingrédients et la recette sont publics en vue d’être fabriqué par tout le monde.

2. L’acteur britannique Vinnie Jones (Snatch, Arnaques crimes et botanique…) était footballeur professionnel (à l’époque, il est déjà voyou) :

3. La Calcutta Cup est un trophée remis chaque année au vainqueur d’une rencontre de rugby entre l’Angleterre et l’Ecosse.  Merci Olivier

4. Les 38 conseils de Schopenhauer pour remporter une joute verbale.

5. L’hellenologophilie désigne le goût pour le jargon technique.

6. En attendant un ascenseur, nous nous impatientons au bout de 20 secondes (en moyenne).

7. Une liste de locutions latines à recaser en épigramme.

8. L’effet Phi :

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9. Reconnu pour sa grande pureté, le sable de la forêt de Fontainebleau fournit les verreries de Murano.

10. Les attracteurs étranges : la mise en équation des théories du chaos produit irrémédiablement des formes répétitives. Merci Cyril.

L’effet IKEA : de l’intérêt d’impliquer les gens dans la communication

Trouvé dans l’excellente revue de liens de Françoise Fassin, la théorie de l’effet IKEA a tout pour séduire.

Ce principe explique que les gens tirent une plus grande gratification de l’usage d’un produit lorsqu’il l’on construit eux-mêmes.

Cette étude en profite pour rappeler une des grandes mythologies du marketing moderne, l’histoire des gâteaux pré-préparés. Lancés dans les années 50 aux USA, ils rencontrent un succès mitigé. Les cuisinières n’arrivent pas à faire confiance à ces préparations. La martingale arrive quelques mois plus tard : en demandant aux ménagères d’ajouter un oeuf à la préparation, la consommation décolle. La participation des gens dans la confection du gâteau doit le succès de ce produit.

En plus d’augmenter le sentiment d’accomplissement, l’ajout d’une petite touche perso est une cerise sur le gâteau, au sens propre comme figuré.

Une bonne illustration de l’IKEA effect et plus généralement de l’intérêt d’utiliser le marketing et la communication en impliquant les gens : des études montrent que cette rapproche renforce le lien entre les gens et les marques.

Quand on constate le désamour grandissant des Français pour la pub trop bruyante, on se dit que :

  1. Le passé a du bon, les vieilles recettes demeurent parfois les bonnes, y compris dans un environnement ou le jeunisme sévit.
  2. Les gens qui continuent à penser pouvoir intéresser les gens par la pub sont bien naïfs.
Les exemples ne manquent pourtant pas :

De Serge Gainsbourg à Jeff Bezos : la technologie est un culte du cargo comme les autres

L’histoire de Mechanical Turk est amusante et instructive.

Si ce nom ne vous dit rien, pas de panique, c’est une entreprise dont la maison mère n’appuie que modestement sa notoriété.

Cette entreprise, c’est la plateforme de crowdsourcing d’Amazon, sur laquelle une infinité d’internautes peuvent gagner un peu d’argent en accomplissant des tâches répétitives mais impossibles à traiter mécaniquement (ex : qualifier une base de données ou reconnaître un visage sur une image).

L’anecdote gagne en substance quand on se penche sur son nom faisant référence à une formidable arnaque du 18e siècle.

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L’hypermarketing qui nique sa mère : le cas Devo

Un petit tweet aura suffit ce week-end pour ré-enclencher mon envie de partager la stratégie de lancement du nouvel album du groupe américain Devo. Le disque sortait le 15 juin, ça tombe bien.

Devo est un groupe des années 70, fondé au sein de l’université de l’Ohio, celle-là même qui fut le théâtre de répressions consécutives à des manifestations anti-guerre du Vietnam (les mêmes manifs qui inspirèrent la chanson Ohio à Crosby, Stills and Nash).

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Pourquoi Ségolène n’aurait pas pu être conseillée par un publicitaire

 

Lol, ah ah ah, mdr. Depuis le lancement de Désirs d’avenir par la candidate malheureuse en 2007, la toile s’esclaffe littéralement de la désuétude de son nouveau site web.
Attendez un instant. Est-ce vraiment un problème ? Peut-on juger Ségo à l’aune de son mauvais goût en design graphique ? il faut tout de même bien reconnaitre que sa capacité à créer du buzz laisse rêveur. Royale risée du web ? Non non, coqueluche du web.
Beaucoup de marques rêveraient de créer un tel bruit. Très peu de pubards y parviennent.
Petite leçon de buzz marketing :
Premièrement, personne ne peut nier ou faire l’impasse sur les prophéties annonçant la prise de pouvoir du consommateur. Les mass médias étaient le royaume des marques, elles contrôlaient leurs messages. Les médias digitaux signent la revanche des utilisateurs qui peuvent désormais s’emparer des marques (commentaires, comparaisons, recommandation, etc.)
L’excellent planneur digital Faris Yacob le défend mieux que quiconque : nous sommes entrés dans l’ère du remix. Les gens échangent, partages, mash-up, crée à partir d’existant… il suffit de compter les occurrences « postmoderne » ou « vintage » dans de nombreux magazines pour se convaincre de la bipolarité – un côté vers le passé, l’autre vers le futur – des consommateurs.
Résultat : les marques doivent accepter d’être malaxée, mélangée, mémétisée pour passer à la postérité. Qui semble l’avoir compris avant les autres ? Ségolène of course. Entre les milliers de parodies ou les générateurs ayant fleuri quasi instantanément, c’est du beau boulot. Très peu de marques non-geeks peuvent se targuer d’être aussi parodiées et remixées.
Le design de Désirs d’avenir est vintage ? Et alors ? Le label Kitsuné a fait le pari du web vintage et low tech depuis son lancement il y a quelques années, cela ne le pénalise pas, loin de là. Il y a d’ailleurs des tas d’études qui montrent que le succès des sites comme Google, Digg, Delicious ou Flickr dépendent étroitement de leur design moche, simple et immuable. Preuve supplémentaire ? Google vient de breveter le dessin de sa page d’accueil. Cerise sur le gâteau : le fond d’écran du site est open-source. Qui peut affirmer que cela n’est pas une conception juridique d’avenir ?
On a beau dire ce qu’on veut, mais le lancement du nouveau site de Ségolène est un succès énorme. Il a attiré plus de visites en quelques jours que bon nombre de sites de politiciens. Pas besoin de lever au ciel à propos du non-référencement des zones de textes en jpeg, le buzz a fait son travail. Reste à définir si cette stratégie paiera, on ne choisit pas un candidat présidentiel – ou lors de primaires dans un premier temps – comme un yaourt.

Lol, ah ah ah, mdr. Depuis le lancement de la nouvelle version de Désirs d’avenir par la queen des Charentes, la toile s’esclaffe.

Attendez un instant. Est-ce vraiment un problème ? Peut-on juger Ségo à l’aune de son mauvais design graphique ? Il faut tout de même reconnaitre que sa capacité à créer du buzz laisse rêveur. Royale risée du web ? Une coqueluche du web, vus voulez dire (et non pas rire) !

Beaucoup de marques rêveraient de créer un tel bruit. Très peu y parviennent. Petite leçon de buzz marketing à la sauce poitevine à l’adresse des marketeurs en herbe ou confirmés :

Premièrement, personne ne peut nier la prise de pouvoir du gens. Les mass médias étaient le royaume des marques, elles contrôlaient les messages émis. L’avènement des médias digitaux signe la revanche des utilisateurs qui peuvent désormais infléchir les discours des marques (commentaires, comparaisons, recommandation, etc.) :

L’excellent planneur Faris Yacob – Chief Technology Strategist chez McCann – défend cette nouvelle défintion de l’advocacy mieux que quiconque : nous sommes entrés dans l’ère du remix. Les gens échangent, partages, mash-up, crée à partir d’existant… Tout cela au bénéfice des marques avec qui les utilisateurs sont en interaction. Explications :

Résultat : les marques doivent accepter d’être malaxées, mélangées, mémétisées pour passer à la postérité (repensez au rick rolling ou aux millions de trips vidéos avec des figurines Lego). Qui l’a compris avant les autres ? Ségolène. Entre les milliers de parodies ou les générateurs de pages ayant fleuri quasi instantanément, c’est du beau boulot. Très peu de marques non-geeks peuvent se targuer d’être aussi remixées ou parodiées (depuis quand la parodie fait systématiquement du mal à une marque?). Reconnaissance absolue : Ségo est félicitée par une parodie très 4chan-esque du film La chute :

+ bonus :

Le design de Désirs d’avenir est vintage ? Et alors ? Le label Kitsuné a fait le pari du web vintage et low tech depuis son lancement il y a quelques années, cela ne le pénalise pas, loin de là. Il y a d’ailleurs des tas d’études qui montrent que le succès des sites comme Google, Digg, Delicious ou Flickr dépendent étroitement de leur design moche, simple et immuable. Preuve supplémentaire ? Google vient de breveter le dessin de sa page d’accueil. Cerise sur le gâteau : le fond d’écran du site est open-source. Qui peut affirmer que cela n’est pas une conception juridique d’avenir ?

[MàJ] La nouvelle version du site de Ségolène ajoute une brique à sa stratégie 2.0 : suite à un message posté (checker le post de Zeina Bourdais) il y a deux jours sur la page Fan de Facebook (marketing communautaire !), Ségolène intègre le crowdsourcing à sa stratégie. Une graphiste lui propose sur sa page de lui refaire un site, 2 jours plus tard, mission accomplie. Ahh, elle est fortiche !

On a beau dire ce qu’on veut, mais le lancement du nouveau site de Ségolène est un succès énorme. Il a attiré plus de visites en quelques jours que bon nombre de sites de politiciens. Pas besoin de lever les yeux au ciel à propos du non-référencement des zones de textes en jpeg, le buzz a fait son travail et le site caracole en tête du page rank.

Reste à définir si cette stratégie paiera, on ne choisit pas un candidat présidentiel – ou lors de primaires dans un premier temps – comme un yaourt.

Désirs d’avenir demeure dans tous les cas un cas d’école en matière de marketing en ligne. Le site ne semble plus répondre actuellement, serait-il sur le point de sortir de sa phase bêta en vue de nous surprendre à nouveau ?

[MàJ2] Trendhunter semble d’accord avec Ségo… Checkez la prévision #4 (merci Mathilde pour la vidéo)