L’homéostasie du risque est le biais cognitif de la contre-intuition

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La psychologie humaine recèle des trésors d’irrationalité absolument plaisants :

Quand on rend une activité plus sûre, les gens en repoussent les limites pour réintroduire du risque à un niveau qui leur semble préhensile. Il donne l’exemple de la technologie de freinage ABS et montre que depuis que les voitures en sont dotées, les utilisateurs ont tendance à freiner plus tard que quand ils utilisent une voiture qui n’en est pas dotée. C’est ce qu’on appelle l’homéostasie du risque : le fait qu’un système quelconque conserve son équilibre de fonctionnement quelques soient les contraintes qui lui sont appliquées.

Cet article pigé dans Wired fait état d’une fuite en avant permanente entre les intentions des designers et la réalité des usages, qu’on sait rarement en ligne avec ce que les concepteurs avaient en tête.

Faut-il penser en médias engageants (chauds) ou non engageants (froid), là est la question.

Tout sauf de la fidélisation, de l’acquisition à court terme au mieux : une énième critique de la gamification

Ce n’est pas la première fois que ce blog s’attaque à la hype 2011 appelée gamification.

Un petit ouvrage – de qualité fort médiocre – apporte un éclairage psycho-sociale supplémentaire sur les limites de cette soi-disant vision du monde.

Primo, les techniques de gamification sont souvent court-termiste. Si une personne peut être motivée par un but à atteindre (ex : une carte de fidélité dans un kebab, n’ayons pas peur des exemples minables), elle a peu de chance de se repéter au jeu une fois l’objectif atteint : c’est le post reward resetting phenomenon. Les jeux vidéo sont souvent pensés pour être finis une fois, au mieux, il existe plusieurs routes menant à la même quête.

Secundo, plus l’incentive est brandie comme un trophée, plus les gens sont biaisés. Au travail, si un manager se contente de promesses monétaires à ses équipes, il rentre dans une spirale vicieuse ou l’argent devient la seule motivation. Spontanément, les gens donnent moins. Le jour où il ne peut plus rémunérer ses salariés à la mesure des objectifs qu’il fixe, c’est la grève. Les récompenses extrinsèques sont parfois moins efficaces que les intrinsèques (cf. Brian Knutson).

Tertio, les mécaniques à récompense variables sont bien plus efficaces que ceux à récompense fixe. L’illustration idéale étant le fonctionnement d’une machine à sous dans un casino. Les gens ne camperaient pas des heures devant les machines s’ils connaissaient la fréquence systématique d’intervention du jackpot… (cf. conditionnement opérant).

Ces points montrent que la gamification peut être utile dans une optique d’acquisition à court terme, moins à long terme… Arrêtons donc d’y voir une martingale à la fidélisation (dont on connait par ailleurs la valeur…*)

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