Vive l’interdiction des formats pourris et vive les belles idĂ©es ! 🍾🎊🎉🔝

Il y a quelques annĂ©es, Apple lance une fonctionnalitĂ© anti pop-up dans Safari, suivie du lancement de sa rĂ©gie iAD – RIP – annonçant la disparition des formats “intrusifs”.

Plus rĂ©cemment, l’Union EuropĂ©enne, dans le cadre de la GDPR, souhaite pĂ©naliser les pratiques abusives liĂ©es Ă  la data, dont les publicitĂ©s en ligne font naturellement partie.

Apple et Google en ont remis une couche cette semaine en dĂ©clarant que leurs navigateurs respectifs allaient filtrer les mauvaises pubs et interdire l’autoplay.

Au-delĂ  des Ă©diteurs qui redoutent ces mesures (ils ont l’Ă©pĂ©e au-dessus de la tĂŞte nous pardonnons), je pense que nous devrions accueillir avec joie ces mesures.

Oui elles donnent du pouvoir aux GAFAs et actent leur capacitĂ© Ă  prendre des dĂ©cision *tombĂ©es du ciel* mais examinons plutĂ´t ce qu’elles combattent :

  • l’opt-in abusif et la non conservation des donnĂ©es personnelles cĂ´tĂ© UE
  • les formats publicitaires dĂ©gueulasses type pop-up (qu’on ne voit plus que sur les sites porno ou de tĂ©lĂ©chargement illĂ©gal) ou autoplay (pas ceux de Facebook qui commencent en silence mais ceux qui se lancent sans savoir d’oĂą ça sort).

Qui peut ĂŞtre contre ces mesures?

Oui il y a de l’argent qui va se perdre mais honnĂŞtement, pour l’honneur et la dignitĂ© de la profession, mieux vaut ne rien faire que de diffuser ces merdes.

Tant pis pour les agences médias qui se sucrent sur le dos de leurs annonceurs avec des emplacements et des formats atroces.

Les gens qui dénoncent les mesures *anti-pub* ne méritent pas de faire du marketing : les beaux formats et les belles idées ne seront jamais pénalisées.

Waitrose a des réserves sur la vision futuriste du marketing défendue par les consultants

waitrose future marketing nrf 2015

Slide intéressante aperçu au dernier salon de la National Retail Federation à NYC.

Ca vient d’une confĂ©rence Waitrose, un des meilleurs retailers du monde, et cela bouscule agrĂ©ablement les dogmes du moment.

Chacune des injonctions à la mode figurée à gauche du graphique sont mises en opposition avec le bon sens commerçant.

Le retail Ă©tant une des locomotives historiques du marketing – ils ont tout inventĂ© ou presque – il y a de quoi se rĂ©jouir que ses illustres porte-paroles expriment des rĂ©serves pas rapport aux fantasmes de consultants.

Source

Bill Bernbach on datas: “Facts Are Not Enough”

Bill_Bernbach2

Bill Bernbach’s Speech to the 4As, “Facts Are Not Enough”, back in 1980.

A great bunch of good thoughts.

First things first, his appeal to poets willing to disrespect sciences and data are everyday more fresher.

Couple of others points are a bit old-fashioned, especially how he explain to leverage human insights to create powerful and efficient communication. Attitudes do not always drive behaviours (P2), as he explains himself on this very paper when he talks about professional deformation (p8).

Contexts make us who we are and how we see the world. It’s working among scientist which made Bill Bernbach so eager to fight data. Probably no the other way around.

Rules are prisons

This scepticism regarding logic vs. poetry maybe comes from his cultural background. Christianism is a religion of the truth whereas Judaism is a religion of interrogation. What’s the thruth ? Does it even exist? A crucial – paradoxical isn’t it? – question more relevant every day.

What make BB speech almost historic is how his urge for considering emotions among a land of logical tells the end of the modern myth, where science couldn’t not save the world anymore.

Science is not enough

A good read though.

Is fascism the new black? Freedom is the area where hard and human sciences collapse

 

uber neighborhoods

From the very beginning, modern work organization has been putting science and data at the heart of processes. In fact, the automotive industry has even been the cradle for numerous – if not every – modern economic theories such as Keynes or Veblen.

It’s somewhat logical to see new avatar of scientific organization of work popping up among mobility actors such as Uber or logisticians as UPS or Fedex.

For those who aren’t familiar with the culture of logistics, it’s all about optimizing processes. Employees are then tracked down every step. In order to deliver on time, relieve clients, monitor employee performances, even make art works. For instance, data monitoring made UPS engineers design journeys without left turns to save fuel or help Uber predict geographic demand with patterns:

 

Same old situation for this recent piece of news where the international leading dry cleaner chain 5asec proudly announced that from now on, it will track consumer satisfaction thru each order.

I can’t understand why employees of the firm don’t put strike.

This is the end of freedom from them, as it is for a growing number of people. Imagine how executives would react to this “improvement” if applied to their job perimeter

Sorry to be boring but a lot of brands brags about monitoring their employees and customers in real time without ticking about the impression these statements give. Yes, data will change the world and make a better place. But boundaries wouldn’t hurt anybody.

It’s no cool to be a bully. Do we need data spin doctors within comms firms?

Le futur du planning stratégique : bye bye tour d’ivoire, bonjour terrain

marketing magazine decembre 2013

Pour le plaisir d’engager la conversation et en attendant vos commentaires, voici ma colonne parue dans le Marketing magazine du mois de dĂ©cembre 2013 consacrĂ© Ă  l’avenir du planning. Merci Ă  la rĂ©daction et Ă  mes deux relecteurs GrĂ©goire et SĂ©bastien. 

Le futur du planning stratégique : bye bye tour d’ivoire, bonjour terrain.

On reconnait la complexité d’une industrie à son degré de spécialisation. Plus les problèmes envisagés sont compliqués et les plus les expertises requises pour y faire face s’étoffent. A la manière des métiers digitaux arrivés ces 15 dernières années dans les agences, le planning stratégique est apparu dans les années 60, quand la vieille réclame ne faisait plus recette.

A l’époque, une période de demande exceptionnellement supérieure à l’offre tirait sa révérence. La prise en considération des attentes et besoins des consommateurs fit l’effet d’une bombe dans la manière de penser les messages. La publicité entrait dans l’ère moderne, accompagnée par les planneurs stratégiques.

Si les gens sont de moins en moins publiphiles, ce n’est pas un hasard. La maturitĂ© et le scepticisme (les deux Ă©tant liĂ©s) des consommateurs sont certes accĂ©lĂ©rĂ©s par des stimuli toujours plus nombreux mais aussi par une mauvaise exploitation des environnements de diffusion. A dĂ©faut de mieux, on se contente de dĂ©cliner un message Ă  360°, oubliant que chaque canal possède sa grammaire et que les contenus – donc les expositions publicitaires – sont de plus en plus choisis. Par-delĂ  toutes les indicateurs de performance, engager c’est comprendre, pour mieux dĂ©cider.

Si la mission initiale du planning s’est depuis enrichie de compétences sur le branding et la mesure de l’efficacité, le sujet actuel, c’est la multiplication des points de contact. Ce nouvel enjeu remet en question le rapport entre les gens et les marques et ouvre la voie à un nouveau champ d’expertise : la compréhension et l’orchestration des canaux. Aujourd’hui, on ne peut simplement plus savoir ce qu’on va dire aux gens avant de savoir où et comment leur dire.

En l’espace de quelques annĂ©es, les manières d’exploiter les touchpoints ont explosĂ©. Aujourd’hui, il existe 1000 façons de faire de la pub sur TF1. Multipliez ces opportunitĂ©s par le nombre moyen de canaux activĂ©s par un annonceur – entre 20 et 60 en moyenne, paid owned et earned confondus – et vous obtenez la raison d’exister de cette nouvelle dimension du planning stratĂ©gique. Bâtir des architectures de communication alliant messages et moyens des manières les plus pertinentes et crĂ©atives.

Un bon message publicitaire est conditionné par son contexte de réception. La compréhension croisée des parcours de décision et des points de contacts employés à chaque étape par les gens est un must. Pour ce faire, rien de mieux que d’aller interroger, étudier et analyser les opportunités sur le terrain : en magasin, sur internet, en mobilité, en voiture ou en vacances.

Parce qu’on a fini par comprendre qu’une marque ne vivait qu’à travers ses publics, le planning stratégique se doit désormais d’ajouter la corde des points de contact à son arc pour viser encore plus juste.

La technologie a tué la pub telle qu’on la connait depuis une quarantaine d’année. Les logiques de flux, de linéarité et de prédictibilité qui ont régi la communication telle qu’on la connait n’ont plus court. Tout est à réinventer, messages comme moyens.

A l’aube d’une nouvelle aire, le métier des planneurs et de tous les communicants n’a jamais été aussi excitant.