10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #315

1.Le velcro a été inspiré par une plante : la bardane. Merci Simon

2. Renault a inventé la boîte de vitesse manuelle moderne.

3. Deep Blue battit Garry Kasparov à cause d’un bug.

4. Paul Valéry a bossé chez Havas.

5. Un film dont la trame tient sur l’ignorance d’une situation par un ou un groupe d’individus est appelé un idiot plot.

6. Historiquement, le tiret underscore servait à souligner un mot sur les machines à écrire.

7. La revue J’aime Lire est la plus forte audience presse des moins de 20 ans en Europe.

8. La passion de la nature pour les hexagones.

9. Dans les années 60, plusieurs députés travaillaient chez JWT à Londres (source : 98% pure potato).

10. Les innombrables caricatures disséminées dans les albums d’Astérix. Merci Mathieu

Souhaites-tu devenir un joueur d’échec (sans mauvais jeu de mot) ?

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Outre le génie publicitaire d’IBM avec les projets Watson ou Deep Blue gît une question inquiétante : peux-t’on programmer nos vies?

Si l’on en croit cet article, l’intelligence de Watson appliquée à la médecine pourrait transformer le superordinateur un médecin de premier choix. De la même manière qu’on peut expliquer à un gros PC que les échecs se composent de quelques milliers d’ouvertures suivies de X combinaisons possibles, un ordinateur peut faire des pronostics sur les symptômes d’un patient après avoir été renseigné sur X variables.

C’est le principe de l’automatisation d’une tâche : ludique, désintéressée, professionnelle, inédite. Peu importe. De là à automatiser une partie de nos boulots il n’y a qu’un pas. C’est ce que craignent aujourd’hui les ouvriers du sectaire secondaire, c’est le présent et l’avenir du tertiaire.

Dès lors, il ne s’agit pas de lutter contre le cours inexorable de l’histoire mais d’en reconnaître les forces et les faiblesses pour mieux s’en accommoder. Admettre que l’intelligence artificielle est un phantasme cheap et sans âme. Chaque crise est une opportunité. Ici, l’automatisation redonne une chance aux gens de valoriser leurs opinions, leurs différences, leurs points communs et leurs divergences.

Une machine n’a aucun jugement, elle ne peut dépasser ce pourquoi elle a été programmée. La beauté et l’intelligence est humaine.

En somme, la vieille distinction entre matheux et littéraires n’est pas prête de se tarir.

Dans un rayon comme dans un isoloir, nos décisions n’ont rien d’optimales

Pour les présidentielles, on dit que 50% des votants n’ont toujours pas arrêté leur choix 15 jours avant le scrutin. Dans ce contexte, c’est l’occasion d’introduire une notion psychosociale de première importance : le satisficing (ou principe de seuil).

Composé de satisfy et suffice, le satisficing vient du sociologue Herbert Simon. Il désigne une stratégie de prise de décision où l’action intervient après avoir atteint un palier d’information jugé suffisant. Le satisficing s’oppose au mécanisme optimal, où la prise de décision est le fruit d’un examen approfondi de tous les tenants et aboutissants d’un problème (comme les aiment les économistes).

A titre d’illustration, le satisficing a permis à Deep Blue d’IBM de battre Kasparov : sans prendre les décisions les plus rationnelles (et un peu prédictibles) mais en faisant des choix satisfaisants à un moment T.

Dans un supermarché comme lors d’un scrutin présidentiel, le satisficing explique nos décisions (parallèlement à d’autres phénomènes). Si quelques objecteurs prendront la peine de lire tous les programmes en détail tout comme ils passeront des heures en magasin pour choisir la bonne marque (attention, ces deux groupes ne sont peut-être pas les mêmes), l’immense majorité des consommateurs-électeurs agit à partir d’un palier d’info jugé suffisant :

  • Opposition à un parti en place,
  • Vote par défaut,
  • Vote par habitude,
  • Réforme spécifique,

D’où une réflexion qui vaut pour les urnes comme pour les caddies : les gens se foutent d’avoir le meilleur produit dans le meilleur des mondes, ils se contentent  de ce qu’ils estiment satisfaisant afin de se concentrer sur d’autres sujets qu’ils estiment plus important.

La prescience de cette notion et la marketisation de la culture expliquent peut-être l’évolution des campagnes politiques, où les idées sont de moins en moins centrales.

De Serge Gainsbourg à Jeff Bezos : la technologie est un culte du cargo comme les autres

L’histoire de Mechanical Turk est amusante et instructive.

Si ce nom ne vous dit rien, pas de panique, c’est une entreprise dont la maison mère n’appuie que modestement sa notoriété.

Cette entreprise, c’est la plateforme de crowdsourcing d’Amazon, sur laquelle une infinité d’internautes peuvent gagner un peu d’argent en accomplissant des tâches répétitives mais impossibles à traiter mécaniquement (ex : qualifier une base de données ou reconnaître un visage sur une image).

L’anecdote gagne en substance quand on se penche sur son nom faisant référence à une formidable arnaque du 18e siècle.

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Un joli coup pour Jeopardy? Élémentaire mon cher Watson !

Depuis quelques jours, le monde s’emballe pour Watson, le nouveau superordinateur IBM. Programmé durant des centaines de milliers d’heures pas des ingénieurs chevronnés, cette machine relaye Deep Blue dans la réalisation d’un fantasme humain vieux comme le canard de Vaucanson : fabriquer une machine plus intelligente que l’homme.

D’innombrables questions refont surface : faut-il se méfier de l’informatique? La machine finira-t-elle par dominer les hommes? Bla bla bla.

Outre l’extrême difficulté de programmer une machine capable de comprendre que la valeur de la connaissance réside moins dans la performance pure que dans la capacité à mobiliser le savoir dans un contexte donné, IBM sert cordialement la soupe à une institution US de l’entertainment : Jeopardy.

IBM s’est mis en tête de détrôner les meilleurs joueurs de Jeopardy avec son nouveau joujou, façon match d’échec contre Garry Kasparov en 1997, à une différence près. Le géant de l’informatique s’attaque cette fois à une marque…

Il y a 15 ans, la confrontation homme-machine ne faisait la publicité que d’IBM et du champion, sur fond de relents post-guerre froide. Aujourd’hui, le fabricant s’associe à une émission pour jauger les compétences de sa bête.

Certes, le monde émerveillé découvrira sans doute les nouvelles aptitudes du robot mais l’intérêt de cette communication n’est-il pas ailleurs? A savoir dans le choix d’un jeu télévisé comme mètre-étalon de l’intelligence humaine. Pour Jeopardy, c’est une excellente opération… Une très belle preuve, semblable dans le fond au projet Rocket Project Sony.

Je vous laisse découvrir cette petite vidéo de présentation de l’opération, digne des meilleurs teasers publicitaires :