Le paradoxe de l’innovation : savoir se faire oublier pour réussir

Tombant sur cette image sur Ffffound, il est difficile de ne pas attribuer le champ sémantique de ce t-shirt à une personne exerçant un métier créatif. Au cinéma, en littérature, au théâtre, en peinture, à la TV ou même dans la publicité, il y a une prime à l’inédit. C’est souvent selon ce critère que l’on se figure les ambitions des artistes : apporter une pierre à l’édifice de la sagesse humaine par leur empreinte personnelle.

Néanmoins, corrigez-moi si je me trompe, le désir de nouveauté de la créativité peut être un piège. Je pense évidemment aux cas de la pub ou du design.

On répète à l’envi l’axiome no design = good design. Une expérience réussie devrait être à ce point intuitive qu’on ne remarque pas qu’elle a été savamment conçue. Idem pour la publicité parfaite qui n’est rien d’autre que de l’information (au sens journalistique du terme) par sa capacité à apporter une donnée informative à la bonne personne au bon endroit au bon moment et de la bonne manière.

De fait, la peur du déjà vu chez les créatifs devrait être une ambition plutôt qu’une hantise.

Le déjà vu peut être sinon synonyme de familiarité du moins de bonne compréhension (une vertu rare en communication).

Ce t-shirt fait état de l’agenda du personnage créatif, pas de l’objectif du dessein qu’il sert. C’est dommage. La vraie créativité ne cherche pas à se faire remarquer.