A la surprise générale, il trouve un truc intéressant dans le *design in tech report*

Je ne sais pas quoi penser des rapports Design in tech de John Maeda. Ah si. De manière générale je les trouve mal construits et aussi inspirants qu’une séance d’astrologie. Je ne comprends surtout pas leur popularité… Mais après 350 000 vues, ça méritait un petit examen.

Voici quelques trucs intéressants :

Une taxonomie simple des 3 grandes familles de design. Je suis sceptique vis-à-vis du design thinking (un énième repackaging de méthodes empiriques ancéstrales) mais le computational design attire l’attention, a fortiori quand on travaille dans l’IA…

…Ce petite comparatif aide d’ailleurs à comprendre les différences entre le design objet et le design computationnel. Cela ressemble à l’idée qu’on peut se faire d’une big idea à l’èpoque d’internet : un socle idéologique commun, une multitude de cas d’usage d’activation, une capacité infinie à muter et s’adapter aux interactions qu’elle héberge.

Last but not least : cela n’a rien à voir avec le sujet (John Maeda n’est clairement pas designer de ppt) mais ces résultats expliquant l’échec des startups est amusant. A fortiori quand on les entend raconter comment elles réinventent les process, les métiers et les marchés…

Bisous bonne journée.

A trop pitcher leur méthode, les agences prennent les gens pour des imbéciles

Il y a longtemps, les agences de pub étaient petites et locales. Aujourd’hui, elles sont grandes et globales. Pour maintenir le niveau de qualité de leurs prestations, les agences ont adopté des process.

Petit à petit, certains de ces process sont devenus célèbres. Le design thinking fait partie de ces process devenu marque de fabrique de l’agence IDEO dans les années 80 avant d’être largement récupéré. D’abord par les agences digitales, aujourd’hui par la plupart des gens qui vendent du conseil.

C’est top. Tout le monde bosse comme internet. Le futur a gagné.

Pourtant, un drôle de sentiment émane de cette victoire intellectuelle : les agences ne vendent plus d’objets de communication mais une méthode. Dont l’abstraction pèse parfois sur leur discours.

Les salariés deviennent des designers, les campagnes des expériences, les plannings des écosystèmes. On glorifie le design thinking ou autre méthodo – au nom de l’anti-bullshit publicitaire – alors que dans le fond, personne n’a probablement travaillé d’une autre manière.

Le design thinking c’est :

  1. observation
  2. prototypage
  3. usages
  4. amélioration

Franchement, posez votre stylo et concentrez-vous : qui travaille autrement ? Même un fabricant de robinet utilise cette « méthode ». Le cycle de réflexion est probablement plus long en industrie qu’en site web mais au final ça reste la même manière de faire les choses.

On dit parfois qu’il faut vaincre le mal par le mal. Là j’ai plutôt l’impression que rebaptiser des évidences tire une énième balle dans ce qu’il reste de pied de l’industrie.

 

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #262

1. En moyenne, un supercalculateur d’un petaflop consomme autant qu’une ville de 10 000 habitants (autour de 5 mégawatts/heure).

2. Le mot paname dérive des chapeaux panama portés par les ouvriers durant les travaux du canal éponyme. Merci Victor

3. La plupart des grandes inventions ont été trouvées pour les usages handicapés : la machine à écrire pour permettre aux aveugles d’écrire ou le téléphone pour aider les sourds à communiquer.

4. Multiplier des chiffres. En mode chinois.

5. En Alaska, les légumes bénéficient d’un tel niveau d’ensoleillement qu’ils en deviennent géants.

6. Les sèche-mains Dyson sont un repère de bactéries.

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7. Ca c’est un type qui se fait larguer via son électrocardiogramme Fitbit (d’autres histoires cools ici).

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8. Les bouchons de voitures forment des ondes hydrodynamiques modélisables systématiquement.

9. [J’ai mis du temps à le retrouver] En réalité les narcissiques ne s’aiment pas mais cherchent à être aimés sans succès, donc en souffrent.

10. Don’t stop me now de Queen est scientifiquement la chanson qui rend le plus heureux.

Alors que le besoin d’intégration est plus vif que jamais, les marketeurs continuent à se payer des danseuses

Ca fait maintenant DES dizaines d’années que le besoin d’intégration se fait ressentir. Depuis les bases théoriques de Don E. Schultz et Space Race de Jim Taylor au début des années 90, l’intégration (aka. ICP, IMC) suit un chemin tortueux.

Aussi évidente peut apparaitre cette réponse à la plupart des problématiques marketing actuelles, quelques chiffres issus d’une étude eMarketer / Adobe étayent ce triste constat :

customer journey emarkter

Seules 17% des marques sont capables d’analyser l’intégralité de leur parcours consommateur. Moins de la moitié des annonceurs cherchent à trouver une solution.

integrated touchpoints emarketer

14% des annonceurs décrivent leur approche de gestion des touchpoints comme systématiquement intégrée.

integrated touchpoints single view

Seuls 29% des annonceurs ont une vue single customer sur le parcours d’achat.

***

L’impératif d’intégration des métiers du marketing autour du parcours d’achat des gens a 30 ans.

Contrairement à d’autres modes (exemple sur le graphique ci-dessus : le marketing en temps réel perd du terrain) il repose sur un besoin structurel de la discipline.

Qu’est-ce qu’on attend?

Tout le foin que les plus grands cabinets font sur l’impératif digital ne sont que du recyclage des besoins structurels d’intégration (relevés d’un zest de design thinking).

Si les marketeurs arrêtaient de réfléchir à 18 mois, ils auraient sans doute moins de mal à de se défaire du bullshit à la mode qui les fait gravir – ou pas – les échelons de leur entreprise.

Allez, faites plaisir à votre patron :

integrated priority

Une belle explication du design thinking

Qui ne nous empêche pas de nous interroger sur les réalisations finales de cette méthodologie de travail.

Vendre du conseil c’est bien, mais quels sont les projets qui se targuent d’avoir été fabriqués en suivant ce procédé?

Vous en connaissez?