Face à l’ubiquité de la technique, le langage SMS va sauver le monde

UN-Women-Ad-2_495x700 jpg

Conformément à son habitude, Hubert Guillaud pose les bonnes questions : oui, les algorithmes font évoluer notre langage (cf. cette note).

Face au raz-de-marée technologique, deux approches sont possibles.

A. S’en moquer. C’est la voie du progrès, le cours de l’histoire, personne n’y peut rien, autant s’adapter, nous nous en sommes très bien sortis jusqu’à présent.

B. S’en défier. Niquer le système, braconner la machine, être plus malin que l’ordinateur (#double sens équivoque).

Si tu optes pour le plan B, sache que tout jargon est plus compliqué à comprendre pour une machine, donc potentiellement subversif. Sache également que le jargon étant moins institué, il a plus de facilité à évoluer dans le temps et en fonction de ses utilisateurs, et donc de passer perpétuellement sous le radar de l’algorithme.

Le langage SMS est un braconnage de haut-vol, pas un hold-up sur la langue française.

Les desire paths : allégories de l’impuissance du dessein sur les usages

Noah fait partie des gens dont les références ne manquent jamais d’être inspirantes. Un de ces récents articles faisait allusion à un très bel objet : le desire path (ou ligne de désir).

Comme on le voit sur la photo, ce sentier tracé par le passage des hommes, animaux (les anglophones parlent aussi de goat tracks) ou cyclistes signale un aménagement urbain inapproprié.

Nombreuses sont les professions qui observent les lignes de désir en vue de comprendre leurs usagers et améliorer les expériences offertes.

Le desire path est une sublime illustration du braconnage de Michel de Certeau et de l’impuissance des marques et des institutions sur les gens.

Chaque marque, architecte, designer, urbaniste, graphiste ou politicien peut suggérer du mieux qu’il peut un usage, si les gens ne le comprenne pas, ils n’hésiteront pas – au pire – à s’en détourner – au mieux – à le détourner. Le desire path est l’allégorie de la toute-puissance des gens sur les institutions et l’impérative nécessité de se mettre à leur niveau, pas l’inverse.