Marketing vert : quand la parole tait, quand l’image eclipse

C’est un article un peu polémique comme on les aime, de Joel Makower, publié sur GreenBiz.

Sans y aller par quatre chemins, il assimile le green marketing aux problèmes d’ordre minoritaires : plus on en parle, plus on les marginalise. In fine, ce qui partait d’une bonne intention termine stigmatisé et génère des blocages (on pense ici aux lois paritaires ou à la discrimination positive).

Son point est donc simple : plus on parle de green marketing, moins il a de chance d’intégrer les comportements quotidiens. Sa disparition serait la preuve de son succès, tout comme l’effet underwear illustre l’adoption réussie d’un comportement.

Aussi, comment réussir à faire des marques des acteurs engagés pour le bien de tous? Comment contourner la dissonance cognitive inhérente dans les produits bio (plus cher pour moins de choses)? Atteindrons-nous un jour la masse critique nécessaire pour atténuer les surcoûts industriels liés à la marginalité des produits respectueux de la planète?

La question est posée et passionne. Des idées?

Quand Brigitte Bardot militait pour le développement durable

BB, c’est une affaire de patrimoine. A 75 ans, elle ne manque pas une occasion de faire parler d’elle : racisme, antisémitisme, antifourrurisme… On va même tous aller la voir au ciné dans l’adaptation de la vie de Gainsbourg par Joann Sfar le mois prochain.

Brigitte, c’est une grande bouche au service de la cause animale. Pourquoi on en parle? Parce qu’une campagne PETA (l’association US anti massacre des animaux) défraie la chronique outre-Atlantique.

Il faut dire que la mise en scène du crucifix et de Joanna Krupa (la playmate chrétienne choisie) a de quoi choquer, surtout auprès de la communauté catho intégristes pas fun, généreusement représentée en territoire Yankee.

En toute mauvaise foi (gnarf gnarf), on remarque tout de même que le fond du message évolue. Moins “stratégie du choc gratuit” que les précédentes campagnes PETA. Là où l’association se contentait de faire du bruit pour le bruit (aussi un peu pour les animaux) il y a quelques mois, elle préfère aujourd’hui militer pour l’adoption des animaux, soit une forme dérivée du re-use, une philosophie anti jetable (abordée ici ou ) liée à la slow consommation, au recyclage, au développement durable.

Certes, on ne se refait pas. Peta ne peut s’empêcher de provoquer le chaland. Mais le fond du message a changé et ça c’est vraiment cool.

Peu importe ce qu’en pensent quelques bigots réactionnaires. Pas la peine de pointer le doigt à l’ouest, nous avons les mêmes en France. On se souvient du tollé général de la campagne inspirée de la Cène par Marithé et François Girbaut.

Alors voici un petit conseil pour booster la notoriété de Brigitte : dénudez-vous pour dénoncer la culture du jetable, vous marquerez des points.

A bon entendeur…

Et si l’on dansait le dernier slow?

L’objet de ce post est inspiré par une nouvelle qui devrait faire frétiller de joie tout ce que la planète Terre compte d’adeptes du bon goût. La firme qui produit les abominables sandales Croc est sur le point de déposer le bilan. Ouf.

Croc est était un des symboles du mouvement fast fashion, ces marques capables d’imposer un rythme d’achat effréné. A titre d’exemple, Zara et H&M sont pour beaucoup dans le développement du fast fashion. Pour illustrer le propos, une griffe mettait sur le marché 2 à 3 collections par an il y a encore quelques années. Aujourd’hui, ce chiffre est passé à 7 collections par an (en moyenne).

En clair, Croc est un exemple typique de produit hype disponible en 1000 coloris, 1000 tailles et 100 000 magasins différents en l’espace de quelques semaines, le temps pour la marque de submerger le marché puis s’en retirer aussi rapidement, croulant sous la dette gigantesque constituée pour imaginer de nouveaux motifs d’écrase-merde de chaussures.

Face à la cadence infernale imposée par les marques telles que Croc, une tendance se développe : le slow. En opposition au fast, le slow invite ses adeptes à vivre plus lentement = dépenser moins, consommer moins, se déplacer moins, communiquer moins, prendre le temps de réfléchir, prendre du recul…

Cette tendance nous enseigne une autre chose intéressante. La fast fashion, en nous imposant son rythme, nous impose également un style et la manière dont nous nous habillons. Nous en sommes les victimes consenties. La slow fashion promulgue des achats moins fréquents mais de meilleurs qualité, plus réfléchis, plus responsables et surtout plus personnels. En s’affranchissant du rythme imposé, on peut laisser parler sa personnalité et exprimer son propre style.

Le slow a commencé à faire parler de lui il y a quelques années dans le cadre de l’alimentation (en réponse au fast-food, cqfd) : plutôt que de manger sur le pouce 6 fois par jour, reprenons le temps de cuisiner, faire les choses nous-mêmes, se réunir en famille pour partager un repas et ses anecdotes quotidiennes. En somme, remettre au goût du jour le rôle de ciment social du repas dans une famille.

Le slow existe aussi en communication, sous l’effet des SMS, emails, pokes, twitt’… Réapprenons à communiquer oralement, tranquillement, à échanger des idées plutôt que de “rester connecté” frénétiquement sans autre forme d’intérêt que de faire gonfler sa base de friends

Et si finalement Joe Dassin avec tout compris depuis le début?

Source : Washington Post

Un business model vert : enjeu ou opportunisme

Vous avez sans doute remarqué la dernière campagne télévisée d’Apple qui surfe sur la vague du greenwashing. Ce post n’a aucune prétention que de présenter une opération mise en place par les magasins d’informatique Krysténa : la reprise de votre vieil ordinateur polluant en échange d’un nouvel appareil eco-friendly.

Au-delà de l’aspect opportuniste de cette stratégie, on peut s’interroger sur les limites – s’il y en a – du procédé.

Pourrait-on appliquer ce modèle à n’importe quel type de produits. L’automobile en est déjà friande mais est-ce que demain :

  • Les tours-opérateurs proposeront d’échanger son séjour dans les antilles à l’impact carbone gigantesque contre un aller-retour en train en Bretagne?
  • On se verra offrir un nouveau Magimix contre son vieux robot ?
  • Une garde-robe sera offerte contre ses fripes délavées (cf. Uniqlo)?

Autant de questions qui invitent à repenser bon nombre de business models qui gagneraient en valeur à peu de frais…

The Repair Manifesto : la responsabilité commence par un commencement

Voici un projet intéressant initié par la Platform 21, blog associatif néerlandais dédié aux tendances.

Le Repair Manifesto s’oppose à la culture largement promulguée par le marketing du jetable. A travers 11 points clef, nous réapprennont qu’il n’y a pas si longtemps, les objets étaient réparés avant d’être remplacés.

Une petite piqûre de rappel adressée aux fabricants de matériels qui préconisent le renouvellement en cas de petite panne. Ce qui nous rappelle non sans une certaine émotion naïve les débacles du fabricant français Brandt qui par péché de vertu, rencontra des difficultés pour dynamiser son activité à cause produits tout simplement trop performants…

Comment inviter les consommateurs à se ré-équiper si son installation fonctionne toujours au bout de 15 ans?? Des formules de cross-marketing auraient peut-être pu voir le jour, telles des machines louées par les fabricants ou des primes à la reprise, un peu comme chez les concessionnaires automobiles…

L’ère de la réparation se proclame le nouveau mode de recyclage, elle offre tout du moins une alternative un peu plus nuancée et raisonnable à l’injonction durable. Une idée qui pourrait à peu de frais rebooster les services de SAV et créer des emplois de maintenance…

Via Renegade Futurist