Pourquoi Ségolène n’aurait pas pu être conseillée par un publicitaire

 

Lol, ah ah ah, mdr. Depuis le lancement de Désirs d’avenir par la candidate malheureuse en 2007, la toile s’esclaffe littéralement de la désuétude de son nouveau site web.
Attendez un instant. Est-ce vraiment un problème ? Peut-on juger Ségo à l’aune de son mauvais goût en design graphique ? il faut tout de même bien reconnaitre que sa capacité à créer du buzz laisse rêveur. Royale risée du web ? Non non, coqueluche du web.
Beaucoup de marques rêveraient de créer un tel bruit. Très peu de pubards y parviennent.
Petite leçon de buzz marketing :
Premièrement, personne ne peut nier ou faire l’impasse sur les prophéties annonçant la prise de pouvoir du consommateur. Les mass médias étaient le royaume des marques, elles contrôlaient leurs messages. Les médias digitaux signent la revanche des utilisateurs qui peuvent désormais s’emparer des marques (commentaires, comparaisons, recommandation, etc.)
L’excellent planneur digital Faris Yacob le défend mieux que quiconque : nous sommes entrés dans l’ère du remix. Les gens échangent, partages, mash-up, crée à partir d’existant… il suffit de compter les occurrences « postmoderne » ou « vintage » dans de nombreux magazines pour se convaincre de la bipolarité – un côté vers le passé, l’autre vers le futur – des consommateurs.
Résultat : les marques doivent accepter d’être malaxée, mélangée, mémétisée pour passer à la postérité. Qui semble l’avoir compris avant les autres ? Ségolène of course. Entre les milliers de parodies ou les générateurs ayant fleuri quasi instantanément, c’est du beau boulot. Très peu de marques non-geeks peuvent se targuer d’être aussi parodiées et remixées.
Le design de Désirs d’avenir est vintage ? Et alors ? Le label Kitsuné a fait le pari du web vintage et low tech depuis son lancement il y a quelques années, cela ne le pénalise pas, loin de là. Il y a d’ailleurs des tas d’études qui montrent que le succès des sites comme Google, Digg, Delicious ou Flickr dépendent étroitement de leur design moche, simple et immuable. Preuve supplémentaire ? Google vient de breveter le dessin de sa page d’accueil. Cerise sur le gâteau : le fond d’écran du site est open-source. Qui peut affirmer que cela n’est pas une conception juridique d’avenir ?
On a beau dire ce qu’on veut, mais le lancement du nouveau site de Ségolène est un succès énorme. Il a attiré plus de visites en quelques jours que bon nombre de sites de politiciens. Pas besoin de lever au ciel à propos du non-référencement des zones de textes en jpeg, le buzz a fait son travail. Reste à définir si cette stratégie paiera, on ne choisit pas un candidat présidentiel – ou lors de primaires dans un premier temps – comme un yaourt.

Lol, ah ah ah, mdr. Depuis le lancement de la nouvelle version de Désirs d’avenir par la queen des Charentes, la toile s’esclaffe.

Attendez un instant. Est-ce vraiment un problème ? Peut-on juger Ségo à l’aune de son mauvais design graphique ? Il faut tout de même reconnaitre que sa capacité à créer du buzz laisse rêveur. Royale risée du web ? Une coqueluche du web, vus voulez dire (et non pas rire) !

Beaucoup de marques rêveraient de créer un tel bruit. Très peu y parviennent. Petite leçon de buzz marketing à la sauce poitevine à l’adresse des marketeurs en herbe ou confirmés :

Premièrement, personne ne peut nier la prise de pouvoir du gens. Les mass médias étaient le royaume des marques, elles contrôlaient les messages émis. L’avènement des médias digitaux signe la revanche des utilisateurs qui peuvent désormais infléchir les discours des marques (commentaires, comparaisons, recommandation, etc.) :

L’excellent planneur Faris Yacob – Chief Technology Strategist chez McCann – défend cette nouvelle défintion de l’advocacy mieux que quiconque : nous sommes entrés dans l’ère du remix. Les gens échangent, partages, mash-up, crée à partir d’existant… Tout cela au bénéfice des marques avec qui les utilisateurs sont en interaction. Explications :

Résultat : les marques doivent accepter d’être malaxées, mélangées, mémétisées pour passer à la postérité (repensez au rick rolling ou aux millions de trips vidéos avec des figurines Lego). Qui l’a compris avant les autres ? Ségolène. Entre les milliers de parodies ou les générateurs de pages ayant fleuri quasi instantanément, c’est du beau boulot. Très peu de marques non-geeks peuvent se targuer d’être aussi remixées ou parodiées (depuis quand la parodie fait systématiquement du mal à une marque?). Reconnaissance absolue : Ségo est félicitée par une parodie très 4chan-esque du film La chute :

+ bonus :

Le design de Désirs d’avenir est vintage ? Et alors ? Le label Kitsuné a fait le pari du web vintage et low tech depuis son lancement il y a quelques années, cela ne le pénalise pas, loin de là. Il y a d’ailleurs des tas d’études qui montrent que le succès des sites comme Google, Digg, Delicious ou Flickr dépendent étroitement de leur design moche, simple et immuable. Preuve supplémentaire ? Google vient de breveter le dessin de sa page d’accueil. Cerise sur le gâteau : le fond d’écran du site est open-source. Qui peut affirmer que cela n’est pas une conception juridique d’avenir ?

[MàJ] La nouvelle version du site de Ségolène ajoute une brique à sa stratégie 2.0 : suite à un message posté (checker le post de Zeina Bourdais) il y a deux jours sur la page Fan de Facebook (marketing communautaire !), Ségolène intègre le crowdsourcing à sa stratégie. Une graphiste lui propose sur sa page de lui refaire un site, 2 jours plus tard, mission accomplie. Ahh, elle est fortiche !

On a beau dire ce qu’on veut, mais le lancement du nouveau site de Ségolène est un succès énorme. Il a attiré plus de visites en quelques jours que bon nombre de sites de politiciens. Pas besoin de lever les yeux au ciel à propos du non-référencement des zones de textes en jpeg, le buzz a fait son travail et le site caracole en tête du page rank.

Reste à définir si cette stratégie paiera, on ne choisit pas un candidat présidentiel – ou lors de primaires dans un premier temps – comme un yaourt.

Désirs d’avenir demeure dans tous les cas un cas d’école en matière de marketing en ligne. Le site ne semble plus répondre actuellement, serait-il sur le point de sortir de sa phase bêta en vue de nous surprendre à nouveau ?

[MàJ2] Trendhunter semble d’accord avec Ségo… Checkez la prévision #4 (merci Mathilde pour la vidéo)

La possibilité d’une île

Difficile de battre en brèche LE hot topic de la journée. Cuil est un nouveau moteur de recherche lancé par des anciens de chez Google. Il promet un plus vaste index de pages que Google – de la frime inutile en fait, entre 300 et 400 millions de pages trouvées, nobody cares – et présente les résultats de votre recherche sous forme d’onglets “intelligentes”. Les premiers essais ne sont pas révolutionnaires mais l’interface 3-colonnes est plaisante et efficace.

Nul doute que Cuil devrait parvenir a se tailler une miette du gâteau de la recherche sur Internet car Google ne devrait pas tarder à agacer. En effet, rien ne me surprend plus que l’hégémonie quasiment incontestée du géant made in Brin and Page.

Google fait des concessions pour s’implanter en Chine, on pardonne. Youtube refile en douce ses données utilisateurs à Viacom en échange d’une immunité sur les abus de copyright, petit tollé mais tout va bien. Google est utilisé par les 2/3 des internautes, Google nous invite à installer sa toolbar sur nos postes qui analyse et enregistre tous nos faits et gestes en mode détente, Google finance les écoles, les universités, certains projets humanitaires, d’autres scientifiques, soigne vos enfants… Etrangement, Microsoft jouit du même monopole sur l’univers du software et tout le monde s’indigne.

Comment Google parvient-il à ne pas être diabolisé? Est-ce une questions de temps? Ses patrons parviennent-ils à ne pas faire étalage de leurs revenus que nous imaginons pharaoniques? L’insolente position de Google est-elle tout simplement éclipsée par l’expansion généralisée de l’industrie du web? Les dépenses de mécénat sont-elles assez visibles pour nous faire gober la pillule?

Voici un petit panorama des moteurs de recherche alternatifs – le terme “concurrent” ne semble malheureusement pas approprié – qui vous permettront de faire la nique au manitou.

Commençons par le commencement, les moteurs qui se font les hérauts de l’interface et de la transversalité des sources informatives, sans autre objectif d’améliorer l’expérience de navigation.

Addict-o-matic affiche les résultats de votre recherche sous forme de wall composé des sources les plus fréquentées, quelles que soient leur nature : texte, vidéo, son et autres.

Allsearchbox fonctionne selon les mêmes modalités et permet en un click d’interroger simultanément les sites généraux les plus fréquentés.

SearchMe présente les résultats selon une interface soigneusement copiée sur celle d’iTunes.

Même topo pour Viewzi qui propose de naviguer entre les fenêtres visuellement.

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Place aux moteurs plus sophistiqués, à l’affut d’une évolution des algorithmes de recherche plutôt que d’un simple relifting graphique.

Powerset, récemment racheté par Microsoft qui-n’a-pas-dit-son-dernier-mot sur le juteux marché de l’Internet. De loin le plus prometteur des challengers de Google, Powerset incarne une nouvelle catégorie de moteurs de recherche sémantiques, qui s’attache à saisir le sens – au sens linguistique du terme – de la requête, contrairement au reste du monde qui fonctionne selon des mots clefs. Powerset est disponible en version béta et fonctionne pour le moment uniquement au sein des articles de Wikipédia.

Wikia, lancé en début d’année par Jimmy Wale, le papa de Wikipédia. Echec cuisant pour le moment mais feuille de route prometteuse à travers l’intégration des personnes et de leurs réseaux sociaux dans les résultats de recherches. Dans les faits, aucun de ces projets n’est encore opérationnel, peut-être le seront-ils un jour…

Wikiwix cible les plus férus de Wikipédia d’entre vous, à travers une interface épurée et un périmètre d’activité concentré sur la célèbre encyclopédie. Un petit bonus en quelque sorte, dispensable en diable mais potentiellement utile.

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Pour terminer, quelques search engines qui ne mangent pas de pain mais dont les caractéristiques sont à remarquer.

Ecocho plante deux arbres toutes les 1000 recherches effectuées grâce à l’argent récolté via des liens publicitaires fonctionnant grosso modo selon les mêmes modalités que chez Google. Cocorico, c’est un site français.

Goosh s’adresse aux plus geeks puisqu’il n’a d’autre mérite que de détourner Google selon une interface graphique tout en code brut, façon MS-DOS.

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En guise de petite conclusion, nous pouvons noter sans prendre de risque que la route sera longue pour la concurrence… Google règne sans partage sur le marché de la publicité en ligne, son principal rival Yahoo est dans le rouge et ne souhaite pas s’associer à Microsoft, ce qui risque d’ouvrir une voie royale à un bon vieux monopole. C’est sans compter sur l’Union Européenne… Même si le business modèle est bon, qui empêchera Google ne pas systématiquement racheter à grand coup de survalorisation les start-ups aux bonnes idées?

Le deal avec Digg a récemment échoué mais devrait tôt ou tard finir par être entériné, renforçant par là-même le schéma d’indexation des résultats reposant sur un modèle participatif. Quelle force de frappe pourrait investir suffisamment de fonds dans l’avenir pour contrer Google et son armée d’ingénieurs et de financiers aux aguets?

Aucune raison particulière de pleurnicher en tant qu’utilisateur, mais en tant que publicitaire, quel champs de possible pourrons-nous explorer au sein d’un paysage aussi balisé? On vend des liens sponsorisés, OK, et après?  On rentre dans les petites cases, comme tout le monde…