Mythologie : la seconde chance

La seconde chance est une mythologie très Jesus friendly, motivée par le pardon et l’espoir de pouvoir rebâtir quelque chose malgré les obstacles. Une image finalement liée à la modernité, définie par la croyance d’un lendemain chantant.

La seconde chance exprime par ailleurs une forme d’ultimatum. La grammaire française veut que le terme second soit employé lorsqu’il arrive en fin d’énumération, ie. s’il y a une 3e ou une 4e chance, je n’ai pas le droit de dire seconde mais je dois dire deuxième. De fait, après la seconde chance il n’y a rien, il s’agit donc de savoir la saisir.

On ne compte plus les romans, films, séries, feuilletons, disques, “grandes causes” ou autres fictions exploitant le terme.

Forcément, de nombreuses campagnes de communication déclinent ce thème.

Celle-ci m’a marqué, grâce à sa capacité à donner corps à une promesse sportive vue et revue : le dépassement de soi. Attention, sortez les Kleenex, y’a du storytelling dans l’air.

Gatorade, une boisson énergisante (comprenez ultra sucrée) a récemment pris le parti de défendre les sportifs amateurs. Ils ne sont ni les premiers, ni les derniers à adopter cette stratégie. Après tout, il faut bien :

  • Arrêter de systématiquement glorifier les brutes dopées,
  • Caresser dans le sens du poil les 99% de clients qui ne seront jamais médaillés olympique,
  • Reconnaitre aux amateurs la même qualité que les pros à tout donner.

La campagne Mission G donne ainsi une seconde chance aux membres de deux équipes universitaires de football qui se disputaient la place de champion dans les années 90.

Les Easton Area Red Rovers et les Phillipsburg Stateliners disputèrent une finale épique en 1993, qui se termina sur un match nul.

Parce que Gatorade est une marque cool qui milite pour des gens qui n’ont pas peur d’aller au bout de leurs rêves, elle a décidé de faire rejouer le match 16 ans plus tard. Le génie de l’agence TBWA/Chiat/Day (une des gloire des années 90, à l’origine du film 1984 d’Apple) est d’avoir su créer un brand content en 10 épisodes : entrainements, souffrances, galères et finalement, le fameux match. Ou comment mélanger feuilleton, suspens et émotion. Vive l’Amérique !

Je vous laisse découvrir le trailer :

Ce film nous fait également vivre un fantasme : remonter le temps et corriger ses erreurs. Tout ça grâce à une boisson. Coolos non?

L’insight pas glop de ce film, c’est que les consommateurs Gatorade ont vieilli/grossi et vivent dans le passé… Gatorade leur donne l’occasion de refaire le match, en imagination…

La chaine Youtube de Mission G.

Source : Zoé

Les mash-up de jaquettes : le meme le plus intello du web

On les croise un peu partout sur le web : banques d’image, blogs, tweets… Qui est à l’origine de cette super idée de mash-up de pochettes de vinyles?

Pour une fois, il ne s’agit pas d’un délire de memes mais d’une véritable démarche artistique.

Christian Marclay est un plasticien américain (apparenté un temps au mouvement Fluxus) auquel certain attribuent la paternité du turntablism (création à partir de disques vinyles joués simultanément sur des platines, dont les porte drapeaux actuels sont les Birdy Nam Nam ou les C2C).

Son délire : explorer le lien entre la musique, la vision, l’art et la performance simultanément.

De fait, les assemblages qu’on croise aujourd’hui sont des hommages aux travaux de CM… On ne l’aurait pas parié. Demain qui sait, peut-être découvrira-t-on que les lolcats rendent hommage à l’art rupestre…

Découvrir le bonhomme :

Quelques assemblages sympas :

Demain tous low-tech?

Je ne sais pas si vous avez eu l’occasion de constater un étrange phénomène, sans doute inhérent à l’abondance de produits technologiques dans nos vies : le développement du low-tech.

Certes, chaque tendance produit sa contre-tendance. Il est bien naturel que tout le monde n’adhère pas corps et âme à l’injonction technologique dont nous sommes les proies. Toutefois, il est amusant de remarquer comme le progrès passe parfois par une simplification – à outrance – des appareils, contrecarrant par là même un des textes favoris des geeks : la loi de Moore.

Nous apprenions pour commencer  il y a quelque jours que le disque vinyle marquait un retour inattendu dans le coeur des consommateurs. Bizarre mais pas saugrenu. Il existe depuis des lustres des adeptes de la galette noire, incapable de reconnaitre au compact disque les valeurs émotionnelles attachées au microsillon.

Vient ensuite l’univers de la photo. Tant il est vrai que l’appareil photo numérique est un des immenses succès technologiques de ce nouveau millénaire, on note que le Lomo, les Polaroïd voire même les Holga sont à la pointe de la hype. L’appareil photo jetable n’a de surcroit toujours pas disparu des bureaux de tabac (il doit dépanner les touristes en goguette).

Du côté des téléphones, on va passer sur la tendance vintage qui a réhabilité les cadrans rotatifs en bakélite orange. Les cartes téléphoniques ont bel et bien disparu de la circulation, en revanche le Bic Phone fait un tabac. Asus, le fabricant du EeePC a de ce fait annoncé sortir un EeePhone très bientôt, en réponse au trop plein de technologies embarquées dans les iPhone, Palm et autres BlackBerrys.

Les ordinateurs, ne sont logiquement pas épargnés par cette lame de fond commandée par les voies de la simplicité. Le EeePC au système d’exploitation simplifié cartonnent, Linux grignote progressivement des parts de marché et équipe l’Ordissimo, un PC à destination des seniors. Et si l’ordinateur ne se résumait pour une large frange de la population qu’à envoyer des mails et relever ses comptes?

Ce mouvement n’est pas réservé aux pourfendeurs de la technologie. En conclusion – provisoire – voici une tendance sur laquelle je reviendrai plus longuement : le steampunk. Pourquoi des fans de high-tech s’amusent-ils à détourner leurs appareils à la sauce Mad Max VS. Jules Verne? Qui se cache derrière ces grands enfants se réclamant d’une autre ère?

Un point sur le modding très bientôt.